Archive | avril, 2012

Des Alpes au Jura (16 au 20.04)

26 Avr

La Corniche Sublime, une route vertigineuse (Gorges du Verdon)

Histoire de lézarder un peu au soleil (quand il veut bien se montrer), l’on profite des nombreuses falaises que l’on croise au cours de notre remontée des Alpes pour grimper.  Après les mythiques Gorges du Verdon, nous faisons nôtre une falaise dans le Briançonnais.

La roche (du quartzite) est quelque peu déroutante pour nous, nous qui grimpons presque exclusivement sur du calcaire, dans le sud.

Puis vient Chamonix (Chaaaaam’ pour les gens de la haute), où nous arrivons à la tombée de la nuit. Nous apercevons alors, sous la lueur des étoiles et entre des gros nuages noirs, l’Aiguille du Midi et le non moins majestueux Mont-Blanc. Des frissons nous parcourent le corps. Un grand moment. Et une sacrée récompense après une longue journée de route (Briançon, Col du Lautaret, Grenoble, Albertville, Mégève…). L’on se met à rêver, enlacés, au pied de tous ces sommets mythiques dont les noms résonnent en nous, depuis des années. Mais c’est de courte durée. Quelques secondes encore et la nuit engloutit tout. Ce seront les seules images que nous verrons de ces hauts massifs car les perturbations qui arrivent de l’ouest sont déjà sur nous. Le lendemain (et les jours qui suivront), une météo vraiment dégueulasse aura raison de nos envies d’alpinisme. On ne verra plus rien. Si ce n’est Chamonix sous la pluie/neige, lovée dans un épais brouillard.

L’Aiguille du Midi (3842 m) s’endort aux portes de Chamonix

Mais ces images, volées aux ténèbres, resteront toujours gravées en nous. Merci Chamonix. Et puis, les premières fois, on s’en souvient toujours.

Un peu frustrés (et donc pleins d’entrain), nous prenons notre revanche en allant grimper en salle. Cela nous fait un bien fou de nous défouler. D’autant que le soir venant, on s’offre une raclette au resto. Ben quoi, après l’effort… le réconfort !

Nous quittons finalement le massif alpin pour basculer sur celui du Jura, le tout sous un soleil radieux (notamment à l’agréable Thonon-les-Bains, sur les bords du Lac Léman, où nous faisons le plein de chaleur). Une rapide halte à Genève, en Suisse, manière de garer Touky entre les grosses berlines et les ostensibles façades des banques du monde entier. Et de nous faire marrer par la même occasion.

On a connu pire comme vue au réveil… (Col de La Faucille, 1323 m)

Le Col de la Faucille, c’est une porte d’entrée vers la famille. Une halte salvatrice pour un accueil des plus chaleureux.

// La suite au prochain épisode //

On dirait le Sud… (9 au 15.04)

25 Avr

Les cieux sont avec nous… au début !

Sitôt la région toulousaine dans le dos, nous voilà à nous regarder tous les deux dans les yeux (encore un peu embués), avant de regarder droit devant. Une drôle de sensation, une impression de grand vide, nous entoure. Pas le vide dû à l’absence de la famille, des amis (du moins, pas encore), mais plutôt un vide impalpable, comme si l’avenir nous échappait. Alors que l’on tend à l’attraper à pleines mains, à bras le corps, pendant toute cette année de voyage. Oui, la curieuse sensation d’être comme des funambules, à marcher sur un pont au-dessus du vide. Entre deux états, entre deux « être », entre deux destinations, entre le « ici » et l’« ailleurs ».

Bref, c’est fort de se sentir libre. Mais un peu vertigineux aussi.

C’est avec un peu de nostalgie (pour Sylvain, qui travaille dans le Tarn) et beaucoup de fièvre (pour Krol, qui semble accuser le coup du stress et du retard de sommeil des dernières semaines) que nous franchissons la Montagne Noire pour y passer notre première nuit. Perchés à plus de 800 m d’altitude et après avoir essuyé une véritable tempête, le réveil est assez brutal avec à peine un petit degré au thermomètre à 3 heures du matin. Mais nous sommes encore un peu engourdis par cette immense sensation de « je-ne-sais-pas-trop-où-je-vais-mais-j’y-cours-volontiers ».

La nuit suivante, nous adaptons notre technique de couchage en ajoutant une bonne couche de 10 cm sur le duo de base (couette + couverture polaire) de notre petit lit douillet… avec nos bons vieux duvets de montagne (comprenez, des vraies tueries en plume d’oie 😉

C’est le triplé gagnant, qui nous envoie, depuis, chaque nuit, dans les bras de Morphée.

Dès les premiers jours, nous prenons la température du voyage : vent, pluie, grêle, neige… Tout y passe !  Sauf le soleil qui semble toujours un peu nous échapper (ou presque), où que nous passons.

Un clin d’œil de la météo

Notre avancée dans le sud-est de la France prend comme des airs de vacances, les touristes en moins. Nous ne nous rendons pas du tout compte que nous sommes en « congé longue durée ». Plutôt l’impression d’être en week-end prolongé. Bizarre. Même aujourd’hui, après 3 semaines de périple, on a encore du mal à réaliser. Toujours le sentiment que nos vacances vont prendre rapidement fin, que « demain », l’on rentre définitivement à Toulouse. Pour retrouver notre train-train quotidien. Et puis l’exceptionnel perdure. Laissant sur le banc du (proche) souvenir, nos petites routines existentielles, notre « hier » en somme.

Le petit village d’Olargues, les splendides Gorges d’Héric, le cinématographique Cirque de Mourèze, le Lac du Salagou et ses rives lunaires, la douce Camargue, puis les Baux-de-Provence… Les paysages défilent mais ne se ressemblent pas.

Nous commençons à prendre la pleine mesure de ce qui nous attend. Alors que nos Gore-Tex essuient les gouttes, nos yeux s’ébahissent et prennent le rythme du voyage. Grands ouverts sur le monde qui nous entoure, ils n’ont pourtant pas du mal à se fermer, sitôt le repas du soir englouti et quelques pages du Guide du Routard ou d’un bouquin avalées. Le soir, Krol continue à tomber de fatigue (toujours attaquée par de méchants microbes) quand Sylvain s’escrime à préparer le lit, après avoir dégagé le terrain (nos gros sacs font de curieux allers-retours journaliers entre la capucine de Touky et les « bas-étages »).

Ce changement de rythme soudain (entre notre quotidien d’hier et le tempo du voyage) déstabilise quand il ne fatigue pas. Mais il nous fait un bien fou. Et avancer, carte à la main, se demander où dormir, par où passer, essayer de trouver sa route, son chemin, se poser des questions simples… Tout cela participe, pour nous, au fait de se sentir vivant.

Une deuxième vie pour nos bâtons de marche !

Les kilomètres s’additionnent à vitesse grand V et petit à petit, nous prenons nos repères dans Touky. Jour après jour, nous testons, avançons, mettons en marche, réparons, faisons des essais divers et variés, bref nous tentons d’apprivoiser notre nouvel ami. Mastic, colliers de serrage, ruban adhésif… cohabitent avec un frigo bien rempli et des batteries remplies à bloc. L’eau, le gaz… Touky prend vie à mesure que l’on ouvre des vannes et que l’on tait nos doutes.

L’on se met à inventer des dictons : « Un camping-car, c’est comme une maison, c’est jamais fini, il y a toujours quelque chose à faire ». Mais aussi à prendre le pli : pour chaque camping-car croisé sur la route, l’on salue le conducteur d’en face d’un petit signe de la main (m’enfin, ça se fait seulement entre conducteurs en théorie mais Carole ne résiste pas au plaisir de saluer, même assise sur le siège passager). Trop drôle : on a l’impression de faire partie d’une nouvelle famille. Même si l’on essaie de se tenir souvent au plus loin de nos amis les camping-cars et autres aires réservées. Préférant être seuls en pleine nature. Cherchant sans doute inconsciemment à ne faire plus qu’un avec les paysages que l’on croise.

C’est sûr, la cohabitation dans Touky n’est pas toujours sans étincelles… mais des étincelles, il en faut pour allumer et entretenir un feu, non ?

Aussi, chacun(e) commence à prendre ses habitudes, ses repères, alors que le moindre petit objet trouve sa place. Il en va ainsi dans Touky.

Le coup de cœur de ces premiers jours de voyage ?

Assurément, la découverte du Sentier des Ocres à Roussillon (84), dans le parc naturel régional du Lubéron. Un endroit vraiment hallucinant, aux couleurs et aux matières étonnantes.

Le Sentier des Ocres, un site majestueux

9.04.2012… Le jour J !

24 Avr

Photo souvenir du départ

Ça y est… Nous y sommes… Lundi 9 avril 2012… Le jour J. Celui que l’on attend depuis des jours, des semaines, des mois, celui que l’on craint. Celui que l’on rêve aussi. En silence.

La famille est là. Nous faisons un copieux repas. Les questions fusent au même rythme que les sourires. On fait visiter le camping-car, baptisé Touky. Il est notre nouvel ami, notre nouvelle maison.

Puis vient l’instant fatidique. Les sacs sont prêts, Touky est chargé (à bloc !). Reste plus qu’à…

Les sourires se crispent. Les corps s’empoignent, les bises se font et se défont, les gorges se nouent. Voici venu le temps du départ.

Bienvenue chez nous

24 Avr

Allez, viens, on s'emmène !

« Faites comme chez vous, en n’oubliant pas que vous êtes chez nous »,

c’est ce que nous a dit, un jour, un ami marocain.

Bien dit, non ?!

Ici, sur notre petit blog de voyage,

on vous propose de marcher dans nos pas et de suivre nos yeux émerveillés.

… Alors, on s’emmène ?

Comme le dit si bien La Rue Kétanou (un groupe de chanson française) :

Allez viens, on s’emmène
On prendra cette ruelle qui ricoche sur la Seine
Allez viens, on s’emmène
On prendra la même ruelle pour aller voir la tour Eiffel décoller
Allez viens, on s’emmène
Mélanger tous les pays pour s’aimer dans toutes les langues

S’il te plaît, laisse-moi tomber
amoureux dans l’escalier sans me faire mal
Mais allez viens, on s’emmène
Rattraper le bout du monde, il vient juste de passer

Allez viens, on s’emmène
S’il y a deux roses au paradis, on ira cueillir des bouquets

S’il te plaît laisse-moi tomber
amoureux dans l’escalier sans me faire mal
Mais allez viens !
S’il te plaît laisse-moi tomber
amoureux du bord de la Terre
où que tu sois
Mais allez viens

S’il en faut deux pour être heureux, il en faut peu pour être deux
Et puis je n’serais jamais deux sans toi.

La même chose en musique ? Pour écouter, c’est par ici –> La Rue Kétanou : On s’emmène