Archive | mai, 2012

Le plat pays : De Bruxelles à Amsterdam (29.04 au 7.05)

16 Mai

On laisse derrière nous le Grand Ballon pour le plat pays. Et ce n’est pas peu dire. De La Belgique à la frontière du Danemark, nous n’avons jamais dépassé les 160 m d’altitude. En Hollande, on a même passé la plus grande partie de notre temps sous le niveau de la mer. Pour les amateurs de terrains accidentés et torturés que nous sommes, le Benelux a quelque chose d’un peu facile !

Nous n’avons jamais été aussi bas de notre vie !

Mais c’est sans compter les siècles de travaux de drainage par canaux. En effet, jadis, l’eau de milliers de canaux était remontée et évacuée par des vis sans fin, actionnées par les moulins à vent. Aujourd’hui, ce sont des moteurs qui activent des vis aux dimensions gigantesques.

Ce qui frappe en arrivant dans cette partie de l’Europe – en comptant aussi l’ouest de l’Allemagne que nous avons traversé d’un seul trait -, ce sont tous ces chantiers pharaoniques. Ponts, routes à 12 voies, rocades, échangeurs, torchères, grands ensembles industriels… On sent bien qu’une (bonne) partie du cœur économique de l’U.E. se trouve ici. Ici, tout se croise : est/ouest, nord/sud… Le trafic des poids lourds est incessant. Les fleuves sont maîtrisés en canaux pour porte-containers. Sous nos yeux, des enfilades de ports : Hambourg, Düsseldorf, Hanovre, Rotterdam… Mais aussi et surtout, de vraies perles. Bruxelles et Amsterdam, en tête.

Pour aller à la rencontre du plat pays, Cécile (la sœur jumelle de Carole) et Antoine, son copain, nous ont rejoints à Bruxelles avec l’idée de visiter cette grande capitale européenne mais aussi sa voisine, Amsterdam. Ainsi que passer du temps en Hollande, un pays qui nous attire beaucoup. L’occasion pour nous tous de se retrouver et de partager un peu de cette grande aventure.

Cécile et Antoine devant leur nouveau palace 5 étoiles

Bruxelles, on y passe juste une nuit, le temps de ranger les victuailles ramenées du pays en excédent bagages (merci encore à vous deux ! On a d’ailleurs tout récemment attaqué un pâté à la châtaigne… Hum, la gastronomie française, c’est quand-même ‘achement bon), et on décide d’avancer tranquillement vers Amsterdam, d’abord par la côte Ouest (Noordwijk aan Zee, Keukenhof, Haarlem), puis, par les petits villages pittoresques de l’Ijseelmeer, sur la côte Est (Edam, Monnickendam…). On s’ébahit devant la Hollande, ses milliers de vélos, ses champs de tulipes à perte de vue (à condition d’être là à la bonne saison – avril/mai -, of course), ses moulins à vent, ses coffee-shops… Et LA digue. La digue, c’est dingue. Dès que vous approchez de la côte (et la côte, c’est un bon morceau du pays !), vous voyez l’horizon et à l’horizon, vous voyez pas la Mer du Nord, mais… la digue ! Elle fait 10 m de haut pour 500 km de long. C’est le paradis des moutons à tête noire car ici l’herbe fraîche a remplacé le béton. Aussi, à s’y pencher de plus près, voir cette longue langue herbeuse découper l’horizon, en fait, c’est pas si moche.

Bivouac à Warder, près de l’Ijsselmeer et de sa digue

Notre premier ébahissement en Hollande revient aux Moulins de Kinderdijk, un site classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Un ensemble de 19 moulins à vent datant du XVIIe siècle, que l’on découvre sous un soleil agréable. C’est un peu l’image d’Épinal de la Hollande, mais on tombe nous aussi, sous le charme.

Ceci n’est pas un moulin

Ce premier jour en Hollande nous offre aussi un curieux événement : La Fête de la Reine. Une véritable fête nationale qui voit tous les Hollandais se parer d’orange fluo (génial !) quand ils ne font pas flotter au vent leur joli drapeau tricolore. Le soir venu, c’est grosse fiesta dans tout le pays.

Rassemblant la foule des grands soirs (du genre, la foultitude de la Fête de la Musique dans le centre de Toulouse) autour de la bonne vieille formule magique : alcool (et/ou bière, au choix) à gogo sur fond de dance pourrie. On s’infiltre dans la masse, au cœur de Katwijk, un petit village en bord de mer, bien évidement paré aux couleurs nationales, qui nous offre un magnifique feu d’artifice pour l’occasion, à deux pas du camping où nous avons posé Touky.

Viennent ensuite dans cette Hollande de carte postale, les non moins fameux champs de tulipes, rassemblés autour de Keukenhof (où se trouve l’un des plus grands jardins au monde, mais que l’on a pas fait à cause d’une météo capricieuse et de son tarif assez onéreux). Un festival de couleurs assez incroyable, que l’on aurait aimé auréolé de rayons de soleil. Mais les cieux n’ont pas été avec nous ce coup-ci.

Touky Into The Wild

Le plus dingue, c’est que toutes ces fleurs de tulipes ne sont pas exploitées. Seuls, les bulbes sont récupérés pour être ensuite vendus. Aussi est-il assez triste de voir ces milliers de fleurs englouties suite au passage d’étranges machines qui ne leur laissent aucune chance de survie. Une sensation de gâchis un peu bizarre. Mais toujours est-il que l’on ne se lasse pas de contempler ces dizaines de couleurs éclatantes inonder les champs et nervurer l’horizon.

La ville de Haarlem (soit dit en passant, ce sont bien des immigrés de cette ville qui ont donné le nom, en arrivant, au fameux quartier nord de NY) nous offre quant à elle, ses meilleures frites (Vlaamse Friet), une délicieuse bière artisanale (la Jopen) parfumée à souhait… et de drôles d’urinoirs urbains que les gars verraient volontiers implantés dans la ville rose (M. le Maire, si vous nous entendez).

La Jopen, une bière artisanale brassée à Haarlem

De quoi nous inviter à continuer vers l’est. D’abord avec la belle Edam (oui, c’est bien ici qu’est né le fromage du même nom, mais il ne se fait plus là aujourd’hui), ses ruelles étroites, ses canaux paisibles et ses ponts à levis. Pour arriver jusqu’au petit port ensoleillé de Monnickendam. Deux haltes magnifiques qui finissent définitivement de nous persuader que la Hollande est le pays des maisons de poupée (aux intérieurs tout droits sortis des catalogues Ikéa), où tout semble presque irréel car trop parfait (jardins, façades, haies – trop ? – rectilignes, intérieurs impeccables…) et où l’on a l’impression que des faux-gens vivent dedans.

Jadis, les maisons étaient penchées vers l’avant pour faciliter la montée des charges au grenier (Edam)

Nous abandonnons ces belles maisons bourgeoises pour continuer notre route vers Amsterdam.

Amsterdam, la ville de tous les péchés (surtout, lorsque l’on arrive par la gare – Centraal Staation -). Le Quartier Rouge, c’est chaud. De jolies créatures derrière des vitrines, tentent de charmer le gros poisson (quand le rideau n’est pas tiré). Bon, en fait, pour tout dire, en vrai de vrai, c’est assez crade et assez zarb de voir se dandiner des nénettes dans des minuscules pièces aux murs ou au sol en céramique (comme dans les boucheries) pour attirer le chaland. En fait, ça sonne un peu faux, du genre surfait. Même les coffee-shops, qui laissent pourtant émaner de bonnes odeurs de marijuana, nous font ni chaud, ni froid. Bref, on a plus vingt ans ! On préfère laisser ces « plaisirs interdits » aux années adolescentes et on trace notre chemin (à vélo bien sûr). Car Amsterdam, cela va de soi, ce n’est pas que ça.

A Amsterdam, on est Anonymous…

Non loin du Dam (la grosse place centrale à l’effervescente égale au trafic des vélos dans la cité), ça sent le hareng frais à s’envoyer entre deux tranches de pain, avec des oignons frais. Alors qu’ici et là, se dévoile une architecture aux facettes multiples, souvent conditionnée par l’étroitesse des rues et des canaux. Hop ! Un coup, des maisons flottantes, un coup, des maisons semi-immergées tandis que d’autres ont les pieds bien au sec. Mais toutes ont un point commun : vous pouvez, en passant devant, voir l’intérieur de la maison… Pas de rideaux ni de volets. On peut dire qu’ici, la rue a pignon sur… le salon !

Il y aurait mille choses à écrire sur la beauté (parfois cachée) de cette ville étonnante, lovée dans un ciel laiteux, entre ciel et canaux. Ce bout de terre majestueux qui semble combiner l’ambition décontractée des grandes villes et le calme vaporeux des campagnes.

Sylvain au pays du bulbe (Marché des Fleurs d’Amsterdam)

Une ville que l’on a tous beaucoup aimé. Que l’on a volontairement écumée, traversée, le vent dans les cheveux, à coup de vélo et de ferry (gratuit, s’il vous plaît). Et que l’on chérira longtemps, comme l’on garde en bouche ce petit goût de Gouda vieux, sur un lit de bière (la Tempel Bier ou La Trappe de préférence). Of course, la « taille du lit » varie selon qui tente l’expérience… Pas vrai, Antoine ?

Bref, allez la découvrir (sans oublier le reste du pays, vraiment fabuleux), vous y écrirez aussi votre histoire.

Puis arrivent les derniers jours avant de devoir quitter Cécile et Antoine. L’on décide de passer par Bruges. Nous ne sommes pas déçus du détour, découvrant une place grandiose,  calée (encore !) entre de charmants canaux.

Grand Place de Bruges

On roule jusqu’à Bruxelles, la belle. Et, à l’orée d’un camping (tenu par le plus vieux club de campeurs d’Europe, siouplé…), l’on rencontre la Belgique, la vraie. L’accentuée, la vol-au-ventée.

Il nous reste un jour et demi pour découvrir Bruxelles, cela nous suffit pour goûter aux meilleures frites de la ville, faire le tour de la Grand-Place, découvrir le quartier du Parlement Européen, photographier le Manneken Pis et même aller se réchauffer dans un estaminet.

Mais aussi faire des trucs aussi dingues que retrouver l’endroit où vit Tintin, dégoter les meilleures gaufres belges du coin (avec le supplément Top Bonnard : la cassonade à la cannelle ou au Speculoos), toucher les bijoux de Gaston Lagaffe et découvrir que vouloir mater un Space Invader en voiture peut causer un accident…

Vous nous croyez pas ? La preuve en images (toutes les preuves seront déposées dans l’album photo).

On a retrouvé où crèche Tintin !

Bref, après tout ça, arrive forcément l’instant de la séparation. Entre émotion et (franche) rigolade.

En effet, nous larguons nos deux compagnons de route sur un pauvre bout de parking car avec notre engin au gabarit sur-développé (calmos, calmos, on parle de Touky là…), on ne peut même pas accéder aux « Départs » (joliment appelés « Kiss and Ride » au passage).

Et l’on ne peut les laisser s’échapper sans les remercier pour :

– toutes leurs attentions

– leur présence

– leur patience (à 4 dans un spacieux Touky-hôtel de… 7 m2)

– le somptueux cadeau gentiment laissé en prêt (Dieu GPS que Sylvain bénit depuis tous les jours)

– et tout le reste que l’on taira ici

Désormais, nous sommes seuls sur la route, pour découvrir le Danemark, une nouvelle contrée que l’on rêve d’arpenter…

Ce n’est qu’un aurevoir…

La suite au prochain épisode…

Retrouvez PLUS d’images dans la rubrique Albums Photos désormais mise à jour !

L’Alsace, c’est classe (27 et 28.04)

13 Mai

C’est avec stupéfaction que nous découvrons le Grand Ballon (Massif des Vosges), ses collines ensoleillées jonchées de vignes et ses villages tous plus beaux les uns que les autres. Il flotte ici comme un air de vacances. Les Alsaciens nous en voudront d’écrire cela mais Louis XIV n’avait pas tout à fait tort de dire que l’Alsace est un très beau jardin. Kaysersberg, Riquewihr, Ribeauvillé, Colmar (3 étoiles pour la rédaction) et Strasbourg (avec 29 degrés au compteur, nous obligeant à nous tremper les pieds au jet d’eau de la place Kléber et à engloutir une bonne glace italienne)… On en prend plein les mirettes avec cette avalanche de façades colorées où colombage rime avec beau plumage. Si une année, vous hésitez pour vos vacances, faites un saut en Alsace et arrêtez-vous manger un bretzel. OK, c’est super cliché mais c’est surtout très bon ! (dixit qui vous savez).

Un Indien dans la ville (Colmar, un nouveau coup de coeur)

La seule fausse note de notre périple alsacien, c’est la remarque d’un ancien, à la terrasse d’un café, qui interpelle Krol en ces termes :

–          Bonjour !

–          Bonjour !

–          Vous êtes fiancés ?

–          Euh… Oui, on peut dire ça…

–          Ahhh… Monsieur est mieux que le Noir de l’an dernier…

–          […]

Silence… Nous sommes interloqués. Du lard ou du cochon, nous sommes restés bien cons…

Bon, sinon l’Alsace, c’est aussi le coin où Krol a fait ses premiers pas au volant de Touky, sur le voyage … Une vraie Loeb du bitume !

Sébastien-Krolou aux manettes !

La suite au prochain épisode…

Bienvenue dans la famille ! (21 au 26.04)

13 Mai

Le Haut-Doubs et le Jura, terre natale d’André (le papa de Sylvain), nous accueillent un peu, beaucoup, passionnément… sous la pluie ! Ce qui faisait dire à André : « Le Sud de la France et son soleil, c’est quand même pas mal ». De Champagnole à Valentigney, en passant par Étray et Pontarlier, nous rechargeons les batteries. Tout autant que nous remplissons nos petits bidoux ! La famille nous gâte de repas tous plus succulents les uns que les autres. Nous faisant généreusement goûter à toutes les spécialités du coin. Tout y passe : pierrade, escargots, tarte à la rhubarbe, gâteau de ménage, cancoillotte, saucisse de Morteau, Macvin, vin d’Arbois… Alors que jamais, ô non jamais, nos estomacs ni nos gosiers ne trépassent !

Un homme heureux…

En ce dimanche 22 avril (non sans rappeler un certain dimanche 21 avril…), synonyme de grand jour pour la France (on se mettra tous devant l’écran à l’heure fatidique), nous sommes à Valentigney, chez Isa et Éric (parrain de Sylvain), où en plus de faire une bonne ripaille (pour changer), nous faisons le plein de bons tuyaux pour Touky. Éric et Isa voyagent en mode camping-car depuis déjà de longues années. Éric fait le tour du propriétaire et nous éclaire sur pas mal de points. Chouette de se sentir épaulés pour dorloter notre petit « engin-maison ». En fin d’aprèm, nous branchons notre ordi et faisons notre premier Skype (un logiciel libre pour téléphoner gratuitement via Internet) avec les parents de Krol. Un grand moment… entre gêne, rigolades et émotion !

Un Touky bichonné en vaut deux

Le soir, les résultats du Premier Tour tombent donc. France 2 annonce à la fois des chiffres porteurs d’un grand espoir, comme des chiffres aux vieux relents de haine, dont on se passerait bien… Bref, la fiesta devant la télé, c’est pas encore pour ce soir.

A 20h, le rideau tombe !

Nous profitons aussi de cette pause en famille pour découvrir quelques sites naturels de toute beauté. Le Saut du Doubs d’abord, une cascade très impressionnante alimentée par un grand lac qui avec le froid de cet hiver a gelé sur plus de 60 cm d’épaisseur (enfin c’est ce que nous a raconté Benjamin (cousin de Sylvain) et Charline… Nous, on attend les photos pour y croire). Peut-être sera-ce l’une des dernières balades sur lac gelé du Haut-Doubs, en attendant la fonte des glaciers et le réchauffement climatique ?

Le Saut du Doubs, ça crache !

On a pu aussi arpenter les chemins moussus du Parc du Val de Consolation (un site naturel situé à Consolation-Maisonnettes, connu par les Franc-Comtois amateurs de rando) et s’extasier devant ses fabuleuses cascades alors bien gorgées d’eau et son cirque impressionnant. Dans cet écrin au milieu de la forêt, l’on se sent tout petit. Ici, la nature a vraiment repris ses droits. Et cela donne à cet endroit déjà assez mystique (une reculée où l’on ferait volontiers une ascèse) une dimension fantastique, quasi surnaturelle.

Consolation, un site coup de cœur !

Nous quittons la famille et Pierrot & Marie-Thérèse (tante de Sylvain), nos « super-hôtes-qu’on-ne-sait-encore-comment-remercier-pour-leur-accueil-si-chaleureux », avec le cœur lourd… et l’estomac bien rempli ! Et aussi une furieuse envie d’en découdre avec le soleil que l’on a pas vu depuis des lustres.

C’est sur les bons conseils de tous que nous partons pour l’Alsace avant de quitter définitivement la France…