Archive | juin, 2012

Le Danemark : contre vents et marées (11 au 15.05)

19 Juin

« Lande de sable et de dunes qui s’avance au vent vers la mer du Nord, le Danemark et sa terre à bruyère nous dévoile un horizon bleuté ». Waouh… Relisez la phrase d’avant… C’est fort, hein ?! De la poésie signée du grand Sylvain Baudelaine. Pas moins.

La belle Ribe

La jolie ville de Ribe, une cité médiévale par excellence – la plus vieille et la mieux conservée du pays selon notre meilleur ami, comprenez Le Guide du Routard – située sur la côte sud-ouest du Danemark, nous accueille dès notre premier jour. Ici, tout a conservé le charme d’antan. Petites maisons basses de plafond, murs colorés – et toujours penchés -, rues pavées de blocs aux formes systématiquement inégales … Le tout formant une île cernée par les rivières et les champs.

Ribe, c’est pour nous le point de départ d’une formidable traversée en vélo, du continent vers l’Île de Mandø. Une traversée dans la mer sur une route submersible, que l’on peut emprunter qu’à marée basse. Nous découvrons ce bras de terre et de mer, le soir tombé. Un véritable appel du large et de l’aventure !

Un morceau de terre gros comme le point (8 km2) planté dans la Mer des Wadden, à 7 km du continent uniquement accessible à marée basse ou bien en tracteur-bus (vous marrez pas, ça existe bien !) que seulement 50 habitants (et quelques touristes aussi sans doute) se partagent.

Vent 1 – Sylvain 0

Les Gore-Tex bien fermées, le filet de maquereau bien emballé, et c’est parti ! Pas moins de deux heures plus tard – … c’est dire la vitesse ! (selon les calculs de Sylvain, un bon “3,5 km / heure” au moins) avec un vent de face à décorner el Diablo (il n’est pas rare que des rafales nous font dévier de nos trajectoires et nous forcent à mettre le pied à terre… enfin à l’eau, plutôt !) -, nous touchons l’île, après avoir lutté et pédalé dans le sable, les cailloux et la marée descendante. À peine le temps d’avaler le pique-nique entre deux moutons, qu’il nous déjà faut ré-enfourcher nos vélos pour rentrer. Mais là, c’est carrément pas la même histoire… Poussés par des vents – toujours à plus de 100 km / heure -, le retour se fait en un éclair. Fingers in ze noise, je dirais même. Nous qui ne voulions pas être pris dans la marée montante, nous voilà rassurés.

Le soir, après une bonne douche dans Touky (une première !), petite balade dans le vieux centre de Ribe.

Alors que nous regardons un haut poteau en bois arborant les niveaux des grandes crues passées, un papi est en train de faire redescendre son drapeau (national, of course) qui flotte au sommet d’un mât. Occasion pour nous de le questionner sur cette étrange pratique.

Mettre (ou enlever) le drapeau national, l’activité préférée des Scandinaves ?

D’un anglais impeccable (et ça, ça finit par devenir vraiment frustrant !), nous lui tiendrons le crachoir pendant 10 min pour apprendre qu’au Danemark, tous les habitants sortent le drapeau à chaque heureuse occasion (mariage, naissance, fête nationale, la petite qui tombe une dent… – bon, là, OK, on extrapole un peu… -). Par-contre, ce qui est sûr, c’est que la plupart des gens, chez eux, possèdent un grand bâton planté au fond du jardin. La même chose en France, et on vous taxerait volontiers de nationaliste. Et puis au passage, avec le vent qu’il y a ici, ça fout un sacré bordel ces mâts (avec le frottement des câbles)… Mais bon, c’est ainsi. « En quittant ton pays, détourne les yeux de la frontière » dirait Pythagore. Il n’a pas tort le bougre. Il y a sans doute autant de mœurs qu’il n’y a de pays, pas vrai ?

L’homme de Tollund endormi depuis des siècles

Toujours dans la tourmente d’un vent force mille, nous remontons (mais cette fois-ci en camping-car…) vers le Nord pour découvrir la région des lacs autour de Silkeborg. Après être montés au mont Himmelberjet (147 m), à 16 km au sud-est de la ville, sur la rive du lac Julsø, sous un ciel gris et pluvieux, nous décidons de faire un petit tour au Silkeborg Museum, de grosses averses aidant toujours, afin de découvrir l’histoire des hommes qui habitaient  jadis ici. Essentiellement des fermiers qui cultivaient orge et avoine et qui pratiquaient déjà la pêche avec quelques lances-harpons. Le principal intérêt du musée, outre le petit verre d’aquavit offert en bienvenue (l’astuce c’est de se glisser incognito au milieu d’un bus de touristes italiens) ? L’homme de Tollund, pardi ! Rassurez-vous, on ne connaissait pas non plus l’histoire, avant de le lire dans le GDR. En bref, l’homme de Tollund, c’est le corps d’un homme de l’âge du fer ancien, réputé le mieux préservé au monde, découvert dans une tourbière à quelques encâblures de Silkeborg. Un gars d’environ 35-40 ans, retrouvé en position fœtale, au visage tellement paisible que l’on le croirait presque endormi mais qui en fait, a été pendu (il a encore la corde au cou). Impressionnant de se pencher sur cet homme au visage d’enfant, parfaitement conservé et de se dire que le môssieur a vécu quelque… 350 av. JC !

La belle église Sankt Budolfi d’Aalborg

Le soir, on trace encore au Nord. Cap sur Aalborg, une ville un peu étrange, aux contours flous, que Sylvain ne gardera pas dans son cœur. Quant à moi, je suis plus partagée… C’est sûr que je n’ai pas trop aimé son côté moribond (mais un lundi soir, en même temps…), mais j’ai apprécié sa facette de ville étudiante et donc forcément un peu alternative, un peu crade. Vivante, quoi. Je crois que j’avais juste un peu envie de voir autre chose que des maisons de poupée posées au millimètre dans des jardins style Le Nôtre et de croiser des jeunes (des vrais !) dans les rues. Ben ouais, parce que les petits villages pittoresques, c’est super beau mais bon, faut avouer que c’est souvent peuplé de retraités friqués…

Les dunes de Rubjerg Knude

Le Danemark, c’est censé être plat mais en cherchant du côté de la côte Nord-Ouest, on peut apercevoir comme un mirage. Un truc qui dépasse bien du paysage et des forêts alentour : les dunes de Rubjerg Knude. Des dunes de plus de 100 m de haut et qui tombent à pic dans la mer. D’un tel aplomb qu’on a même pas pu les descendre côté mer. Le sable compacté formant curieusement des falaises. Côté continent, ça se grimpe aussi bien que la dune du Pyla en hiver, les touristes en moins. Entre lande et sable, se cache une merveille. Un vieux phare abandonné à moitié ensablé qui se tient là, debout, face au vent et à la mer. Bref, on a beaucoup beaucoup aimé cet endroit à la fois vertigineux et sauvage.

Le maître d’œuvre… à l’ouvrage !

Puis, avant de prendre le ferry à Frederikshavn, soit quitter le Danemark pour retrouver Nico – frère jumeau de Sylvain – et Lolo à l’aéroport (le bon !) d’Oslo, nous partons à la découverte de la pointe de Grenen. Une bande de terre située à l’extrême Nord du Jutland, tout près de la ville de Skagen. Là encore, voilà un site naturel de toute beauté. Ici se rencontrent deux détroits (et donc deux mers) : le Kattegat et la Skagerrak.

Hallucinant de voir les courants s’affronter, de pouvoir mettre un pied de chaque côté des deux mers. D’être totalement cerné par l’eau. Tandis que Sylvain tente de rallier les deux mers en se mettant à l’ouvrage d’un chantier impressionnant, digne de celui du Canal de Panama – selon lui (sic), dois-je préciser -, je me mets à rêvasser. Il en est toujours ainsi des grands espaces naturels. C’est ceux-là mêmes qui vous mettent face à vous-même. Les cheveux au vent, l’esprit vagabondant, comme arrivé « au bout du bout du monde ». Là, je pense à tous les gens que je connais, la famille, les amis, les collègues, bref, les gens que j’aime. J’aimerais souvent les porter dans mon sac-à-dos ou les cacher derrière mes lunettes de soleil, afin qu’ils voient tout ce que l’on a la chance de voir.

Notre joli ferry arrivé au port d’Oslo

En attendant, la croisière s’amuse. Comprenez par cela que nous avons embarqué dans le fameux ferry Stena Line, pour rallier Frederikshavn (Danemark) à Oslo (Norvège). 8h30 de bateau avec une ambiance un peu particulière. Toutes les demi-heures, l’on a pu assister à un défilé de personnes bien arrosées (voire carrément bourrées), qui finiront par dormir dans les escaliers et sur les machines à sous. Le joyeux « melting-potes » allant de la mamie prout-prout au jeune tox’, en passant par un trans’ d’1m95. Une ambiance carrément surréaliste et joyeusement décalée.

——>>> Les photos du Danemark sont désormais dans la galerie !   <<<——

///////  Nous sommes actuellement de nouveau au Danemark, à Copenhague.

On visite la capitale. See you later !

24.06 au soir ///////

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No man’s lande dans le Lüneburger Heide (8 au 10.05)

4 Juin

Avant de retrouver le Danemark, notre route passe une nouvelle fois par l’Allemagne de l’Ouest. Son défilé de torchères nous offre un petit coin de paradis : le Parc Naturel du Lüneburger Heide, au sud d’Hambourg. Le temps d’une soirée, comprenez le temps de fêter nos… « un mois de voyage » (!) autour d’une bière Astra à la guest-house locale (superbe Gasthof Heidelust à Wesel) et de goûter aux crêpes de Sylvio Master Chef, nous apprivoisons le terrain et trouvons un bivouac avec une vue imprenable sur le coucher de soleil. Cette petite soirée sympathique s’inscrit comme un moment fort de notre périple. Un peu bizarrement, ce soir-là, on a l’impression de se retrouver. Comme si des fois, enlacer des verres, c’était aussi embrasser des rêves. OK, laissons cette poésie de comptoir aux amoureux du Filochard et autres épris des vers d’un Loïc Lantoine en méga-forme, et reprenons…

Un bel exemple de toit de chaume

Soit, le Lüneburger Heide, c’est un peu Heidi au Pays des Merveilles… Chevaux (pour de vrai), calèches (pour le folklore), maisons au toit de chaume (au charme fou), dunes de sable et bruyère à perte de vue. Le coin tip-top pour faire une rando en vélo (on fera au final une boucle de 25 km) et s’offrir un casse-croûte, perchés dans les arbres (on grimpera jusqu’au sommet du Wilseder Berg – 196 m – pour l’occasion). Un véritable retour en enfance pour Sylvain qui assouvit ici un rêve de gosse. C’est beau de voir un homme avec les yeux qui brillent…

Dans un arbre perché…

Quant à moi, perchée sur… mes deux gambettes, je prends une nouvelle fois la pleine mesure du chemin qu’il nous reste à accomplir. De l’immensité qui s’ouvre à nos pieds.

Avant de franchir la frontière danoise, nous faisons une dernière étape à Flensburg, pour remplir Touky au maximum. Produits alimentaires de base (pâtes, riz, soupes, semoule, polenta…), petites sucreries, tout y passe afin d’éviter le coup de bambou en Scandinavie (où tout est hors de prix). Mais surtout, nous trouvons (enfin !) de quoi équiper un peu plus Touky… Un chargeur allume-cigare (pour booster notre petit netbook) et un adaptateur K7/lecteur MP3 (et oui, Touky roule encore à la K7… Old school, l’engin !) viennent agrandir le cercle des « objets-précieux-qui-agrémentent-sacrément-le-quotidien ». Chouette, alors !

A chacun son plaisir…

Les images dans la rubrique Albums Photos ont été mises à jour !

Bientôt le Danemark avant de partir en Norvège…

Merci pour votre patience !

///////  Tout va bien pour nous, nous sommes actuellement en Norvège 😉  ///////