Danemark : Autant en emporte le vent… (22.06 au 2.07)

7 Sep

Magnifique pont-tunnel de l’Oresund, tu nous renvois vers le Danemark, via Copenhague, en cette après-midi du 22.06. Et nous rattache ainsi au continent. Copenhague… Ce nom, à  l’aura des grandes capitales européennes, résonne en nous. Pourtant la ville compte seulement 1,8 million d’âmes. Belle, pluvieuse, cosmopolite, humide, décontractée, mouillée, flanquée sur son bord de côté, Copenhague mélange et concentre les styles : marin ténébreux, jeunesse insouciante et trash à l’anglaise.

Le pont-tunnel de l’Oresund, un ouvrage gigantesque de 7,8 km

Pour aller à la rencontre de son centre et de ses habitants, nous larguons les amarres le long d’une piste cyclable, à 3 km environ de l’office de tourisme (petite astuce de Toukystes : les O.T., situés dans le cœur historique des villes, sont souvent d’excellents repères pour juger des distances et du périmètre de visite alentour). Ce bord d’avenue (enfin de grosse artère plutôt, mais ça, on le découvrira plus tard) sera notre nouveau spot pour la semaine à venir. Un endroit qui s’avèrera vraiment pas terrible, au niveau sonore élevé (dû au trafic important, of course) rendant le sommeil difficile, surtout entre minuit et… 8 heures du matin ! Et de surcroît, pas très abrité pour nos besoins les plus anodins, et ça, c’est de toute importance. Sur la route, ce qui vous semblait primaire auparavant, se révèle souvent être aujourd’hui à la base d’une journée plus ou moins bien commencée.

Pour le quart de finale de l’Euro 2012, la Carlsberg est de rigueur ! (Ofelia Beach)

Mais bref, passons sur ces détails pour vous conter comment la bière a fait la richesse de toute une famille, qui à son tour, a su redistribuer ses gains pour donner des lettres de noblesse à sa ville. En effet, la «Carlsberg », à classer dans le chapitre des bières bon marché, type Heineken et Kronenbourg -, fondée par Jacob Christian Jacobsen en 1801 autour de bières de froment de fermentation haute, est aujourd’hui la quatrième brasserie au monde. Amatrice d’art (peinture, sculpture, architecture…), cette famille a marqué Copenhague à jamais, notamment par les constructions qu’elle y a entrepris. La Glyptotek, un musée situé en plein cœur de la ville (un signe sans aucun doute de sa place essentielle dans la cité ?) et créé par le fils de Jacob Christian Jacobsen, en est peut-être le meilleur exemple. Autour d’une somptueuse coupole jardin d’hiver, se dresse l’une des plus grandes collections d’œuvres d’art antique, français et danois du XIXe siècle…

Copenhague se couche avec ses habits de lumière…

Copenhague forme un curieux mélange. Ici, une église dont la tour tourne comme une vrille noire et dorée, façon gâteau au chocolat. Là, un bâtiment dont la flèche file droit vers le ciel. En y regardant de plus près, ce sont en fait trois dragons en pierre qui s’entrelacent. Plus loin, une bibliothèque, tel un cube noir poli. Et au milieu de tout cela, coulent…  d’innombrables pistes cyclables ! Qui semblent irriguer la ville, à la manière de vaisseaux sanguins. Sur l’une d’entre elles, vous avez même un capteur à vélos, qui, lorsque vous passez en fin de journée,  vous indique que 15 000 cyclistes sont passés avant vous. Ça laisse pantois, hein ?!

Les Danois ont tout compris, le vélo, c’est bien, ça fait pas de bruit, ça prend pas de place, ça pollue pas la ville et en plus, le vélo, ça rend beau. Cela nous pose tout de même une question : «pourquoi dans ces pays où le temps est maussade 300 jours par an, les gens ont tous, de 5 à 99 ans, les fesses sur un vélo, sans chichi, sans complexe ?» Et bien, on n’a pas trop la réponse, mais on y travaille… Promis, au prochain post, on tâchera d’apporter des éléments de réponse.

Un compteur à… vélos (!) aux résultats à faire pâlir d’envie les constructeurs auto !

Bien entendu, comme toutes les personnes qui passent à Copenhague, nous sommes allés voir l’attraction locale. Non, pas le parc d’attraction Tivoli situé en plein centre, dont les cris des jeunes filles retentissent dans toute la ville, à chaque fois que les manèges lâchent leurs grappes d’amateurs de sensations fortes, dans le vide. Mais la véritable attraction… Le quartier de Christiania.

Petit topo : dans les années 70, de jeunes gens investissent les anciennes casernes militaires pour y faire naître une ville libre, à contre-courant. Des hectares de friche, bâtiments, fortifications à la Vauban, sont investies pour faire naître ce lieu de création, de réflexion et de farniente. Aujourd’hui, il semble que de cette idylle, les couleurs ont un peu passé et les quelques fleurs , un peu fané. Christiania affiche désormais les tarifs des consos dans les bars qu’elle occupe, tout comme les vendeurs de shit et de marijuana, qui s’affichent ici au grand jour.

Une démo d’habitat à la cool à Christiania

Les sales gueules de «Pusher Street» ternissent le tableau, mais sur les contre-allées et autres arrières-fortifications, se cachent tout de même quelques pépites. Suffit de s’écarter des sentiers battus (ce que nous avons fait à vélo) pour s’enfoncer dans ce territoire touffu et mystérieux. Et ainsi partir à la découverte d’un autre Christiania (un poil) plus authentique. Un espace libre où les habitants vivent – souvent dans des maisons en bois -, cultivent leurs potagers ou montent des chapiteaux pour organiser des festivals culturels. Bref, un lieu de vie, qui semble encore un peu loin des stickers et autres sobriquets estampillés du logo de Christiania (trois points jaunes sur un fond rouge) qui se vendent quotidiennement sur la Pusher Street, pour répondre aux ardeurs consommatrices du flot incessant de touristes. Quoique, pas sûr…

Et puis, comme tout visiteur, nous avons ensuite quitté Christiania pour fouler le sol danois et donc ainsi rentrer en Europe. C’est en tout cas ce qu’un grand totem nous a indiqué lorsque l’on a quitté le quartier… Bon, nous, on trouve ça plutôt triste de se déclarer à la fois «ville libre» et d’inscrire ainsi son territoire sur la cartographie mondiale, qui, on le sait, est uniquement bâtie sur un trio infernal : frontière-VISA-papiers. Certes, ici, le totem a remplacé la douane et le poste-frontière. Mais jusqu’à quand ? Bon, OK, on est sans doute trop idéalistes… Et les symboles ont souvent la vie longue.

Pénétrer Christiania, c’est quitter l’Europe pour un « monde libre »

De Copenhague, nous retiendrons aussi une chose. La ville a été pour nous, notre première destination de surf… à vélo ! Un soir, alors que nous pédalions sous des trombes d’eau, nous réalisons que nous passons dans une énorme flaque, un caniveau avec au moins 20 cm d’eau. Les deux voitures qui nous doubleront à cet instant, se poseront beaucoup moins de questions. Les deux gerbes d’eau (hum, le beau jus de route) qu’elles nous projetteront, seront bien plus grandes que nous. Un pur bonheur pour un pur moment de rock’n’roll, quelques secondes de magie… Et la commune sensation d’être Kelly Slater surfant les tubes d’Hawaï.

On n’aurait jamais crû surfer au Danemark…

Nous quittons Copenhague, un peu rincés, après une semaine de pluie intense, pour flâner sur la côte est. Après un petit détour sur les Stevns Klint, nous partons le long des Møns Klint, des falaises («klint») de craie dressées en herse à la pointe est de l’île de Møn. Somptueuses falaises («klint») de craie se jetant dans la mer. De temps en temps, dans la falaise, des inclusions de silex noir viennent donner le change à cet univers immaculé. Le lieu est propice aux songes… Sommes-nous en Europe ou sur une quelconque île du Pacifique ? Tous les soirs, les orages sont heureusement là pour nous remettre les pieds sur terre.

Le site des Mons Klint et ses grands escaliers en bois (2000 marches montées et descendues !)

Pour faire naître cet édifice, nous apprenons que les derniers glaciers de l’ère glaciaire (il y a de ça près de 20 000 ans) ont poussé ces amas crayeux du fond des océans pour les faire remonter à la surface. Une moraine comme une meringue, en quelque sorte !

Dernières images du Danemark et de sa campagne verdoyante, les églises blanches et les maisons en bois de l’île. Comme pour nous dire au revoir – et surtout à la prochaine ! -, nous embarquons sur un ferry sous le soleil, mais sans vent. Le Danemark est derrière nous, l’Allemagne, toute proche.

Nous retiendrons 3 choses de la Scandinavie :

–          Le vent n’est pas pénible, il modifie seulement nos sens

–          La pluie rend la nature plus belle et prépare l’arrivée du soleil

–          La neige tapisse les paysages de ses vêtements blancs, qu’elle effeuille aux premières chaleurs pour laisser paraître le plus beau.

A Copenhague, on a découvert les sculptures de sable

 

////  Après le Danemark, il y a eu l’Allemagne (Die Sächische Sweiz, Berlin…), la République Tchèque (Prague), l’Autriche, la belle Slovénie et l’Italie.

Les photos et commentaires sont à retrouver dans l’album-photos « Danemark : côté est »

A très vite pour la suite de nos aventures. ////

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Une Réponse to “Danemark : Autant en emporte le vent… (22.06 au 2.07)”

  1. rachel 7 septembre 2012 à 20:27 #

    Superbe ! petite mention particulière de Mathys pour les légos !!
    bisous
    Rachel et Mathys

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