Archive | novembre, 2012

Slovénie : Au fil de l’eau (1er au 15.08)

30 Nov

Teuf, teuf, teuf… Touky crache tout ce qu’il a dans les tripes pour affronter cette pente à 20 %… Capot ouvert et pause de 20 minutes obligatoire pour laisser souffler le moteur. Le temps pour nous de signer un pacte de paix avec un char d’assaut (mais pas Dassault) sur la crête frontalière ostro-slovène.

Les Velika Korita Kozjak, un site renversant !

La Slovénie, l’un de nos coups de coeur

La Slovénie, petit pays peu connu et qui ne fait jamais parler de lui, coincé entre l’Italie et la République Tchèque, a été le premier – dans les années 90 – à quitter le navire yougoslave, composé à l’époque de la Croatie, de la Serbie et de la Slovénie. En fait, il nous paraît difficile de parler de notre passage en Slovénie sans évoquer un minimum son passé et son histoire. Comme pour essayer de comprendre la position qu’occupe ce petit pays aujourd’hui en Europe.

Dans les années 90 donc, je me souviens (ndlr : Sylvain) de vacances passées en famille en Yougoslavie. Pendant notre séjour, de nouveaux drapeaux – était-ce des drapeaux ethniques ? – voyaient le jour… Les jeunes, eux, très soucieux, nous répétaient inlassablement « Ils vont nous envoyer à la guerre… ». Quelques mois plus tard, les chefs ethniques, religieux et surtout militaires de Croatie, envoyaient des bombes sur les Slovènes qui avaient, suite à un référendum, décidé de quitter la Yougoslavie.

Puis quelques mois plus tard, de nouveau, ce seront les Serbes qui viendront taper sur les Croates avec tous les massacres et génocides que l’on connaît. Une guerre dans laquelle la France entrera – au travers des forces de l’OTAN – en bombardant la Serbie. D’où l’animosité encore prégnante du peuple serbe envers les Français. Et une Serbie qui ne fait toujours pas partie de l’Europe.

Toute l'eau qui coule ici, est plus que potable...

Toute l’eau qui coule ici, est plus que potable…

La Slovénie et sa partie nord-ouest, où se situe le massif du Triglav, dernier bastion des Alpes, est un concentré de roc, de verdure et de traditions, absent de la plupart des grands guides touristiques (mais jusqu’à quand ?). Ici, on peut arpenter un canyon pendant plusieurs heures, et cela sans aucun aménagement, pour aboutir sur une cascade d’eau gigantesque (La « Slap Boka », toute proche de Bovec). Ou bien marcher jusqu’à la source de la Soča, le long de vires câblées. Le tout, sans flot de touristes à l’horizon.

Dans ce massif jaillit une eau limpide, inondant les rivières de fraîcheur et de… gigantesques truites ! C’est donc naturellement ici le royaume de la pêche à la mouche. D’autant que réglementation oblige, les autres appâts sont interdits. L’eau se crée des chemins entre des blocs de calcaire d’une blanche pureté. Ici, tout n’est que beauté.

Dans ce petit bout de paradis, nous passerons 15 jours, les fesses au frais (dans l’eau glaciale – 7 à 10 °- de la Soča ou des lacs de Bohinj et de Bled), la tête à l’ombre des grands sapins, et nos pensées dans deux bouquins fabuleux. Sur La Route de Jack Kerouac pour Sylvain (ça vaut franchement le détour) et Dans les Forêts de Sibérie de Sylvain Tesson (une plume et une esthétique incroyables) pour Carole.

La Slovénie, un de nos coups de cœur

La Slovénie, un vrai pays montagnard

Nous nous offrirons deux belles randos, l’une vers le Krn (2 245 m), sommet que nous n’atteindrons pas en raison de la météo menaçante, mais où nous trouverons chaleur et réconfort dans un refuge pour déguster la « jota » (soupe à base de choucroute, lard, haricots rouges, patates et cumin – un régal !). Puis l’autre, vers les 7 lacs (« 7 Jezero ») au-dessus du lac de Bohinj. Encore une fois, avec une redescente épique car sous un très gros orage, dans des pentes raides donnant le change à de nombreuses mains courantes et autres ferrailles. Bref, il ne faisait vraiment pas bon de traîner par là…

La rivière Soca se fraye un chemin à l'ouest du Triglav

La rivière Soca se fraye un chemin à l’ouest du Triglav

Les nuits, nous les avons toutes passées dans un sentiment de quiétude et de repos mérité, après de nombreuses heures de marche. Sauf peut-être celle où l’on s’est faits réveiller par un flic bourré à 5h du mat’ qui voulait nous extorquer 50 euros, puis finalement 30 euros (il nous faisait soi-disant un prix, la bonne blague). Une histoire qui commençait mal avec un Sylvain survolté… et mal réveillé de surcroît, couronnant l’accueil dudit flic avec un cinglant « Pouaaaah, mais t’as vu, il puuuuue l’alcool ! » dans l’encoignure de la porte d’entrée du camping-car… Bien engagée l’affaire, tiens ! Mais qui se terminera bien (s’en retournera bredouille le gazier) avec une Carole souriante et arrangeante (c’est beau de jouer la comédie).

Aussi, quelques minutes plus tard, nous mettrons les voiles en haut des montagnes (au sublime col de Soriška Planina) pour terminer notre nuit, nos 50 euros certes toujours en poche mais avec le sentiment d’avoir gagné une partie mais pas la guerre… Un goût amer mêlé de rancœur et de tristesse dans la bouche. Lorsque dans un pays, le dernier rempart censé protéger ses habitants saute, vous avez vraiment l’impression d’être à la merci des loups. Bon, nous étions, ce jour-là, un portefeuille ambulant. Cela se conçoit… Mais comment doit agir la police slovène avec ses propres citoyens ? On n’ose l’imaginer…

La chansonnette slovène, on la poussera jusqu’à Bled (très joli bled, au passage… OK, c’était facile !) bordé d’un lac féerique, tout droit sorti d’un conte. Niché dans les montagnes et habité en son centre par une île sur laquelle se trouve un château, c’est le lieu idéal pour que Krol souffle ses 31 bougies. Une bouteille de rouge plus tard, deux ou trois cols passés et nous plongions vers l’Italie…

Le lac de Bled

Le lac de Bled

 

////  Reste plus que l’Italie pour finir la partie Europe du Nord (jusqu’à septembre)… Ensuite, on attaquera l’Amérique du Sud, le 2e volet de notre périple.

Les photos et commentaires seront à retrouver dans l’album-photos « Slovénie »

Après avoir écumé le Pérou pendant près de 2 mois, nous sommes actuellement en Bolivie. Portez-vous bien et… au plaisir de vous lire ! ////

 

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Autriche : L’Osttirol, au cœur du plus grand parc national d’Europe centrale (23 au 31.07)

15 Nov

Avant d’arriver en Autriche, nous savions déjà que nous allions trouver un joli pays. Car, durant l’hiver 2008, nous étions montés à Vienne, sa resplendissante capitale, afin de répondre aux besoins logistiques de Nicolas (le frère jumeau de Sylvain) qui allait descendre le Danube en kayak sur près de 600 km, quelques jours plus tard. Les détails d’une aventure solitaire que vous pouvez d’ailleurs toujours retrouver sur http://nicolasravier.free.fr.

De ce fait, nous traverserons l’Autriche par sa partie ouest que nous ne connaissons pas, l’Osttirol (le « Tyrol de l’Est »). Vertes montagnes, Dolomites acérées, gros sommets alpins, chalets en bois accrochés aux pentes raides… L’Autriche est un écrin de verdure dont les nombreuses vallées laissent aussi apparaître de grandes zones d’activités propres et bien aménagées. Quand, bien encaissées, elles ne recèlent pas des industries de pointe, parfaitement intégrées aux paysages. Il est intéressant de voir comment le manque de place et les conditions hivernales difficiles ont conduit les Autrichiens à vivre proches de leur lieu de travail.

L’Autriche, un écrin de verdure

À la frontière avec la Bavière allemande, qui est, rappelons-le, la région la plus riche d’Europe (siège de BMW, Man, Puma, Adidas, Allianz…), les infrastructures que nous pouvons voir, contrastent de manière importante avec celles de la République Tchèque que nous venons de quitter. C’est certain, il est des fossés encore difficiles à franchir…

Mais la région de Berchtesgaden, dans les Alpes bavaroises donc, offre d’autres curiosités naturelles bien plus intéressantes, comme le superbe lac du Königsee ou le mont Watzmann (2713 m), que nous ne manquerons pas d’observer avant de mettre définitivement le cap vers l’Autriche.

Balade autour du lac Hintersee (Allemagne)

Ici, les villes portent des noms connus mais souvent difficiles à placer sur une carte (vous pouvez toujours essayer avec Garmisch-Partenkirchen, Salzburg ou Innsbruck… Alors, c’est rude, non ?). En tout cas, ce qui est sûr, c’est que pour nous désormais, Salzburg sera synonyme de petit miracle. Ou comment, un colis rempli de lectures pertinentes, d’incroyables gourmandises et de petits mots attentionnés peut vous faire bondir au plafond, avant de vous propulser sur un petit nuage… Now In Poste Restante We Trust.

Mais l’Autriche, nous la vivrons surtout d’en haut, perchés dans les montagnes, en passant notamment par (attention, accrochez-vous !) la Großglockner Hochalpenstraße.

Vue depuis l’Edelweißspitze (2 571 m) sur la Großglockner Hochalpenstraße

On nous vend cette route comme l’une des plus belles et des plus hautes d’Europe. Sur près de 48 km, cette dernière passe à 2500 m d’altitude, puis à 2800 m pour se rendre au pied du glacier du Pasterze avec une vue exceptionnelle sur la plus haute montagne d‘Autriche, le Grossglockner (3798 m). On a bien dit « On nous vend » car le ticket d’entrée de ce petit bijou situé en plein cœur du Hohe Tauern National Park, est tout de même de 32 euros.

C’est toutefois pour nous la grande incertitude de savoir si Touky, notre « super camping-car » pourra monter jusque là-haut. Ce jour-là, nous mettrons 7 heures pour avaler les nombreux lacets avec pause de rigueur tous les ¾ d’heure. Mais assurément, les paysages qui nous entourent en valent la peine. À 2500 m, la combustion devient difficile et nous terminerons les 300 derniers mètres de dénivelé, quasi tout en première. Teuf teuf teuf, glaciers, nous voilà… Ce soir, le soleil  se couchera derrière le Großglockner, nous irradiant pour quelques minutes encore d’un peu de chaleur. Cette nuit sera fraîche, mais bien au chaud dans nos duvets, nous tomberons comme des marmottes… peut-être comme les mêmes marmottes insolentes qui font la réputation du lieu. Celles qui, ni vu ni connu, viennent vous quémander des barres de céréales, type Grany pomme-noisettes, Mars, Snickers et autres barres chocolatées de chez Kraftfood ou Unilever… Bref, même le régime alimentaire de la marmotte se mondialise, dommage…

Au fil de l’eau (autour du Großglockner)

Puis vient le jour où il faut redescendre, une descente qui nous obligera à faire des arrêts tous les 200 m de dénivelé, pour laisser refroidir les freins. Les yeux rivés sur l’altimètre, le nez au vent pour sentir l’odeur des plaquettes, cette redescente restera pour nous un souvenir olfactif. Quelques jours plus tard, comme pour tester les limites de notre engin, nous passerons la frontière slovène sur des pentes à… 20 % !

////  L’Autriche… done ! Viendront ensuite la Slovénie et l’Italie pour finir la partie Europe du Nord (jusqu’à septembre)… On grignote notre retard petit à petit… Désolés !

Les photos et commentaires seront à retrouver dans l’album-photos « Autriche (Osttirol) et Allemagne (autour de Berchtesgaden) »

Actuellement, nous sommes encore pour quelques jours au Pérou, avant de bifurquer vers la Bolivie. Nous en prenons toujours plein les yeux. A très vite ! Portez-vous bien, au plaisir de vous lire ! ////