Italie : Au pays de Berlusconi (16.08 au 7.09)

12 Fév
On lave notre linge sale...

On lave notre linge sale…

« Du pain et des jeux », écrivait le poète satirique latin Juvénal, en parlant des mœurs de son peuple sous l’Empire romain. Et bien 2000 ans plus tard, cette rhétorique fonctionne toujours à merveille. Pendant les 20 jours que nous passerons en Italie du Nord, nous avons pu voir les ravages du foot, du cul et des médias de merde… Dans cette pauvre jungle intellectuelle, l’arnaque et le paraître sont souvent rois.

Esbroufe, magouille et Cie, voilà le triplé gagnant pour une partie du pays qui semble s’être façonnée à l’image de son ex-présidence berlusconienne (Berlusconi a été aux manettes du pouvoir pendant de longues années et rappelons-le, élu démocratiquement).

Ces quelques lignes sont un peu acerbes mais force est de constater qu’après un périple de 5 mois en Europe, nous venions de faire une croix sur la courtoisie et la politesse. L’Italie, comme nombre de ses pays voisins, traverse une crise importante. Jadis fleuron de l’économie européenne, elle voit aujourd’hui, les entreprises se fermer sur des kilomètres, de nombreuses maisons mises en vente et une grande partie des fermes laissées à l’abandon… Aussi, pour beaucoup, l’heure est au système D.

Bien souvent, il n’y a eu que l’argent liquide qui marchait, la majorité de nos paiements en CB ont été refusés ou bien les sabots, comme par hasard, étaient en dysfonctionnement… Bref, plus d’une fois, nous nous sommes faits monter le cardio. Mais passons. Nous sommes amers car nous avons été un peu désarçonnés dans nos intimes convictions (Sylvain a des racines italiennes). Et puis la rupture de ton a été soudaine. Mais bien évidemment, l’Italie recèle d’autres trésors.

La beauté des Dolomites

La beauté des Dolomites

Plusieurs visites sont d’ailleurs venues nous réjouir dans cette partie de l’Europe, à commencer par Thomas (pote d’escalade). Sitôt capté à l’aéroport Marco Polo de Venise, nous mettons les voiles pour les Dolomites. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, c’est dans ce massif alpin qu’une page de l’escalade mondiale s’est écrite. Les Dolomites tirent leur nom du géologue et minéralogiste Déodat Gratet De Dolomieu. Ce dernier a le premier décrit les éléments qui en composent sa roche – la dolomite (calcaire + magnésium), qui au travers des différents phénomènes d’érosion, donnent naissance à des pics acérés, composés de nombreuses strates et parsemés de cavités. Ces montagnes sont belles, flamboyantes au lever comme au coucher du soleil. Pendant quelques jours, nous avons pu les gravir, les toucher, s’approcher des voies les plus mythiques, comme dans la face nord des Tre Cime di Lavaredo (avec les voies Cassin, Desmaison…) et apprécier les pitons rouillés plantés il y a plus de soixante ans.

Les Tre Cime Di Lavaredo (Dolomites)

Les impressionnantes Tre Cime Di Lavaredo (Dolomites)

Merci Tom pour être passé en tête dans les voies que nous avons faite en Cadore. Nous n’oublierons d’ailleurs pas ce jour où nous avons découvert une véritable forteresse creusée dans la roche que nous étions en train de gravir. Lampes frontales fixées sur nos têtes, nous pénétrions par une porte dérobée, flanquée sur la paroi. Nous avons alors arpenté ce labyrinthe d’escaliers, de salles de commandement, d’artillerie, de canons. Cette malheureuse machine de guerre sensée protéger la frontière des Slaves, n’a, paraît-il, jamais servi. Nous ressortirons de là, des frissons dans le dos, réalisant une fois de plus jusqu’où la folie des hommes peut aller… D’autant que si d’antan, l’armée a investi beaucoup de moyens pour réaliser cet ouvrage, aujourd’hui, deux mètres plus loin, la route qui permet de franchir le col pour passer dans la vallée d’à côté, n’est plus praticable, faute de… moyens !

Dans la chaleur et l’humidité qui caractérisent l’Italie du Nord pendant la saison estivale, nous ferons aussi la rencontre des zanzare, ces petits moustiques blancs et noirs, joliment zébrés, dont la forte concentration dans le bassin vénitien, rendra les nuits particulièrement agitées…  Une rencontre du vilain type dont nous nous serions par-contre bien passés !

Le Pont des Soupirs (Vernise)

Le Pont des Soupirs (Venise)

L’arrivée de nos mamans respectives et de Cécile (sœur jumelle de Carole), avec les retrouvailles de la famille italienne de Sylvain (encore merci Armando et Fiora pour l’accueil), forment un beau mélange.

Nous arpenterons la folle Venise, pour voir ce qu’il reste des jolis palais. Dans cette ville-musée – dont les plâtres prennent un peu l’eau, avouons-le -, tout transpire l’histoire. Il est vrai qu’aujourd’hui, le charme et le prestige d’antan ont un peu laissé place à l’odeur de salpêtre, aux montres en or des conducteurs de vaporetto, aux lunettes Gucci des millions de touristes et aux faux sacs Louis Vuitton… Et que même là, le commerçant-magicien arrive toujours à ses fins : vous faire payer une glace 30 % plus cher que celle que vous avez commandée… D’autres apprécieront, nous, ça nous a gonflé.

Mais il est aussi vrai que se perdre dans les petites ruelles aux alentours de la place San Marco ou accoster sur les îles de Murano et de Burano resteront, sans conteste pour nous, des expériences extraordinaires.

Et puis, en même temps, nous faisions partie des quelques 16 millions de visiteurs annuels que compte la presqu’île. Nous étions donc, quoi qu’on en dise, aux premières places de ce grand jeu touristique.

Quoi qu’il en soit, ces quelques jours en famille nous font grand bien. Joie des retrouvailles, chaleur humaine, bonne bouffe, retour aux racines…  Un condensé de moments forts et de bien belles découvertes (Trévise, Vérone, Caorle, La Torbole Sur Garde…) qui chantent déjà un peu le retour au sud.

Un délinquant en puissance dans les rues de Venise

Un délinquant en puissance dans les rues de Venise…

Puis vient l’heure de quitter tout ce beau monde… Nous nous retrouvons à deux pour vivre les derniers jours de notre voyage en mode camping-car.

C’est au Lac de Garde, le plus grand des lacs italiens, que nous trouverons un peu de fraîcheur, dans une eau claire venue des Alpes, au milieu des vergers de pommes et du raisin de table. Cette région alpine, à mi-chemin entre Milan et Venise, jouit presque toute l’année d’un climat ensoleillé. Mais surtout, elle s’apparente à un véritable paradis pour les amoureux de sports de pleine nature.

C’est à Arco, dans la province de Trente, que se déroule chaque année, le festival Rock Master, une étape importante de la Coupe du Monde d’Escalade. Manque de pot, nous raterons la compèt’ pro à deux jours près, mais nous profiterons tout de même de quelques animations bien senties. Vraiment chouette de se sentir appartenir à cette petite communauté qui vibre d’un même élan vers un événement qui n’est ni surmédiatisé, ni footisé, ni rugbysé…

Et puis ce qui devait arriver, arrive…

Sur la route...

Sur la route…

Les yeux désormais tournés vers d’autres horizons, la France nous attend, là, derrière cette crête perchée à plus de 2000 m que nous devons franchir. L’esprit encore dans les moments d’hier – « souviens-toi lorsque nous pleurions les yeux face à la mer en Suède, lorsque nous pédalions sous la pluie battante au Danemark… ». Et puis déjà un peu ailleurs aussi, dans les retrouvailles à venir.

Pendant 5 mois, en Europe du Nord, nous avons appris à nous connaître encore plus.

Demain, le voyage sera autre.

Nous troquerons notre véhicule pour un sac bien lourd en Amérique latine.

Mais ironie du sort, Touky, lui, ne veut pas rentrer… Arrivé sur une – sale – aire d’autoroute au nord de Marseille, voilà qu’il ne veut plus redémarrer. Comme pour nous dire « Allez, encore quelques heures, quelques jours… ». Finalement, quelques heures plus tard, après de longues négociations, nous serons de retour auprès de nos amis et de notre famille.

Un (trop) court laps de temps pour dé/refaire nos sacs, et nous voilà repartis vers Lima, au Pérou.

////  Voilà, à quelques semaines de notre retour en France, voilà la partie Europe du Nord (jusqu’à septembre) enfin bouclée… Une page se tourne et bientôt viendront les articles sur l’Amérique du Sud… Merci pour votre patience !

Les photos et commentaires sont à retrouver dans l’album-photos « Italie et (très court) retour en France »

Nous sommes actuellement en Patagonie argentine… ////

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Une Réponse to “Italie : Au pays de Berlusconi (16.08 au 7.09)”

  1. LAFONTAN Jean-Claude 12 février 2013 à 22:49 #

    Prenez votre temps…le temps, cette denrée si précieuse et qui file si vite entre les doigts…
    Heureux de savoir que vous allez bientôt revenir et raconter tout cela..Bisous de Papynat

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