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Italie : Au pays de Berlusconi (16.08 au 7.09)

12 Fév
On lave notre linge sale...

On lave notre linge sale…

« Du pain et des jeux », écrivait le poète satirique latin Juvénal, en parlant des mœurs de son peuple sous l’Empire romain. Et bien 2000 ans plus tard, cette rhétorique fonctionne toujours à merveille. Pendant les 20 jours que nous passerons en Italie du Nord, nous avons pu voir les ravages du foot, du cul et des médias de merde… Dans cette pauvre jungle intellectuelle, l’arnaque et le paraître sont souvent rois.

Esbroufe, magouille et Cie, voilà le triplé gagnant pour une partie du pays qui semble s’être façonnée à l’image de son ex-présidence berlusconienne (Berlusconi a été aux manettes du pouvoir pendant de longues années et rappelons-le, élu démocratiquement).

Ces quelques lignes sont un peu acerbes mais force est de constater qu’après un périple de 5 mois en Europe, nous venions de faire une croix sur la courtoisie et la politesse. L’Italie, comme nombre de ses pays voisins, traverse une crise importante. Jadis fleuron de l’économie européenne, elle voit aujourd’hui, les entreprises se fermer sur des kilomètres, de nombreuses maisons mises en vente et une grande partie des fermes laissées à l’abandon… Aussi, pour beaucoup, l’heure est au système D.

Bien souvent, il n’y a eu que l’argent liquide qui marchait, la majorité de nos paiements en CB ont été refusés ou bien les sabots, comme par hasard, étaient en dysfonctionnement… Bref, plus d’une fois, nous nous sommes faits monter le cardio. Mais passons. Nous sommes amers car nous avons été un peu désarçonnés dans nos intimes convictions (Sylvain a des racines italiennes). Et puis la rupture de ton a été soudaine. Mais bien évidemment, l’Italie recèle d’autres trésors.

La beauté des Dolomites

La beauté des Dolomites

Plusieurs visites sont d’ailleurs venues nous réjouir dans cette partie de l’Europe, à commencer par Thomas (pote d’escalade). Sitôt capté à l’aéroport Marco Polo de Venise, nous mettons les voiles pour les Dolomites. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, c’est dans ce massif alpin qu’une page de l’escalade mondiale s’est écrite. Les Dolomites tirent leur nom du géologue et minéralogiste Déodat Gratet De Dolomieu. Ce dernier a le premier décrit les éléments qui en composent sa roche – la dolomite (calcaire + magnésium), qui au travers des différents phénomènes d’érosion, donnent naissance à des pics acérés, composés de nombreuses strates et parsemés de cavités. Ces montagnes sont belles, flamboyantes au lever comme au coucher du soleil. Pendant quelques jours, nous avons pu les gravir, les toucher, s’approcher des voies les plus mythiques, comme dans la face nord des Tre Cime di Lavaredo (avec les voies Cassin, Desmaison…) et apprécier les pitons rouillés plantés il y a plus de soixante ans.

Les Tre Cime Di Lavaredo (Dolomites)

Les impressionnantes Tre Cime Di Lavaredo (Dolomites)

Merci Tom pour être passé en tête dans les voies que nous avons faite en Cadore. Nous n’oublierons d’ailleurs pas ce jour où nous avons découvert une véritable forteresse creusée dans la roche que nous étions en train de gravir. Lampes frontales fixées sur nos têtes, nous pénétrions par une porte dérobée, flanquée sur la paroi. Nous avons alors arpenté ce labyrinthe d’escaliers, de salles de commandement, d’artillerie, de canons. Cette malheureuse machine de guerre sensée protéger la frontière des Slaves, n’a, paraît-il, jamais servi. Nous ressortirons de là, des frissons dans le dos, réalisant une fois de plus jusqu’où la folie des hommes peut aller… D’autant que si d’antan, l’armée a investi beaucoup de moyens pour réaliser cet ouvrage, aujourd’hui, deux mètres plus loin, la route qui permet de franchir le col pour passer dans la vallée d’à côté, n’est plus praticable, faute de… moyens !

Dans la chaleur et l’humidité qui caractérisent l’Italie du Nord pendant la saison estivale, nous ferons aussi la rencontre des zanzare, ces petits moustiques blancs et noirs, joliment zébrés, dont la forte concentration dans le bassin vénitien, rendra les nuits particulièrement agitées…  Une rencontre du vilain type dont nous nous serions par-contre bien passés !

Le Pont des Soupirs (Vernise)

Le Pont des Soupirs (Venise)

L’arrivée de nos mamans respectives et de Cécile (sœur jumelle de Carole), avec les retrouvailles de la famille italienne de Sylvain (encore merci Armando et Fiora pour l’accueil), forment un beau mélange.

Nous arpenterons la folle Venise, pour voir ce qu’il reste des jolis palais. Dans cette ville-musée – dont les plâtres prennent un peu l’eau, avouons-le -, tout transpire l’histoire. Il est vrai qu’aujourd’hui, le charme et le prestige d’antan ont un peu laissé place à l’odeur de salpêtre, aux montres en or des conducteurs de vaporetto, aux lunettes Gucci des millions de touristes et aux faux sacs Louis Vuitton… Et que même là, le commerçant-magicien arrive toujours à ses fins : vous faire payer une glace 30 % plus cher que celle que vous avez commandée… D’autres apprécieront, nous, ça nous a gonflé.

Mais il est aussi vrai que se perdre dans les petites ruelles aux alentours de la place San Marco ou accoster sur les îles de Murano et de Burano resteront, sans conteste pour nous, des expériences extraordinaires.

Et puis, en même temps, nous faisions partie des quelques 16 millions de visiteurs annuels que compte la presqu’île. Nous étions donc, quoi qu’on en dise, aux premières places de ce grand jeu touristique.

Quoi qu’il en soit, ces quelques jours en famille nous font grand bien. Joie des retrouvailles, chaleur humaine, bonne bouffe, retour aux racines…  Un condensé de moments forts et de bien belles découvertes (Trévise, Vérone, Caorle, La Torbole Sur Garde…) qui chantent déjà un peu le retour au sud.

Un délinquant en puissance dans les rues de Venise

Un délinquant en puissance dans les rues de Venise…

Puis vient l’heure de quitter tout ce beau monde… Nous nous retrouvons à deux pour vivre les derniers jours de notre voyage en mode camping-car.

C’est au Lac de Garde, le plus grand des lacs italiens, que nous trouverons un peu de fraîcheur, dans une eau claire venue des Alpes, au milieu des vergers de pommes et du raisin de table. Cette région alpine, à mi-chemin entre Milan et Venise, jouit presque toute l’année d’un climat ensoleillé. Mais surtout, elle s’apparente à un véritable paradis pour les amoureux de sports de pleine nature.

C’est à Arco, dans la province de Trente, que se déroule chaque année, le festival Rock Master, une étape importante de la Coupe du Monde d’Escalade. Manque de pot, nous raterons la compèt’ pro à deux jours près, mais nous profiterons tout de même de quelques animations bien senties. Vraiment chouette de se sentir appartenir à cette petite communauté qui vibre d’un même élan vers un événement qui n’est ni surmédiatisé, ni footisé, ni rugbysé…

Et puis ce qui devait arriver, arrive…

Sur la route...

Sur la route…

Les yeux désormais tournés vers d’autres horizons, la France nous attend, là, derrière cette crête perchée à plus de 2000 m que nous devons franchir. L’esprit encore dans les moments d’hier – « souviens-toi lorsque nous pleurions les yeux face à la mer en Suède, lorsque nous pédalions sous la pluie battante au Danemark… ». Et puis déjà un peu ailleurs aussi, dans les retrouvailles à venir.

Pendant 5 mois, en Europe du Nord, nous avons appris à nous connaître encore plus.

Demain, le voyage sera autre.

Nous troquerons notre véhicule pour un sac bien lourd en Amérique latine.

Mais ironie du sort, Touky, lui, ne veut pas rentrer… Arrivé sur une – sale – aire d’autoroute au nord de Marseille, voilà qu’il ne veut plus redémarrer. Comme pour nous dire « Allez, encore quelques heures, quelques jours… ». Finalement, quelques heures plus tard, après de longues négociations, nous serons de retour auprès de nos amis et de notre famille.

Un (trop) court laps de temps pour dé/refaire nos sacs, et nous voilà repartis vers Lima, au Pérou.

////  Voilà, à quelques semaines de notre retour en France, voilà la partie Europe du Nord (jusqu’à septembre) enfin bouclée… Une page se tourne et bientôt viendront les articles sur l’Amérique du Sud… Merci pour votre patience !

Les photos et commentaires sont à retrouver dans l’album-photos « Italie et (très court) retour en France »

Nous sommes actuellement en Patagonie argentine… ////

Retard du blog… à nous la Patagonie !

20 Jan
Sylvain et Clémence, une jeune Française qui voyage à vélo et en solitaire, notre compagne de route sur plusieurs centaines de km

Sylvain et Clémence, une jeune Française qui voyage à vélo et en solitaire, notre compagne de route sur plusieurs centaines de km

 

Comme tout vrai bon voyageur au long cours qui se respecte, on a franchement du retard sur le blog…

On essaie de mettre en ligne la fin de notre trip en Europe du  Nord dans les prochaines semaines, c’est promis !

Pour ce qui est des nouvelles fraîches, nous sommes actuellement à vélo, en Patagonie chilienne, sur la Carretera Austral,

Objectif : Cap au sud vers Villa O’Higgins !

Tout va bien pour nous, on se régale et on se sent libres sur nos (pas peu fières) montures de bric et de broc !

A tout bientôt, merci pour tous vos messages

 

Sylvain dans la forêt australe

Sylvain dans la forêt australe

Slovénie : Au fil de l’eau (1er au 15.08)

30 Nov

Teuf, teuf, teuf… Touky crache tout ce qu’il a dans les tripes pour affronter cette pente à 20 %… Capot ouvert et pause de 20 minutes obligatoire pour laisser souffler le moteur. Le temps pour nous de signer un pacte de paix avec un char d’assaut (mais pas Dassault) sur la crête frontalière ostro-slovène.

Les Velika Korita Kozjak, un site renversant !

La Slovénie, l’un de nos coups de coeur

La Slovénie, petit pays peu connu et qui ne fait jamais parler de lui, coincé entre l’Italie et la République Tchèque, a été le premier – dans les années 90 – à quitter le navire yougoslave, composé à l’époque de la Croatie, de la Serbie et de la Slovénie. En fait, il nous paraît difficile de parler de notre passage en Slovénie sans évoquer un minimum son passé et son histoire. Comme pour essayer de comprendre la position qu’occupe ce petit pays aujourd’hui en Europe.

Dans les années 90 donc, je me souviens (ndlr : Sylvain) de vacances passées en famille en Yougoslavie. Pendant notre séjour, de nouveaux drapeaux – était-ce des drapeaux ethniques ? – voyaient le jour… Les jeunes, eux, très soucieux, nous répétaient inlassablement « Ils vont nous envoyer à la guerre… ». Quelques mois plus tard, les chefs ethniques, religieux et surtout militaires de Croatie, envoyaient des bombes sur les Slovènes qui avaient, suite à un référendum, décidé de quitter la Yougoslavie.

Puis quelques mois plus tard, de nouveau, ce seront les Serbes qui viendront taper sur les Croates avec tous les massacres et génocides que l’on connaît. Une guerre dans laquelle la France entrera – au travers des forces de l’OTAN – en bombardant la Serbie. D’où l’animosité encore prégnante du peuple serbe envers les Français. Et une Serbie qui ne fait toujours pas partie de l’Europe.

Toute l'eau qui coule ici, est plus que potable...

Toute l’eau qui coule ici, est plus que potable…

La Slovénie et sa partie nord-ouest, où se situe le massif du Triglav, dernier bastion des Alpes, est un concentré de roc, de verdure et de traditions, absent de la plupart des grands guides touristiques (mais jusqu’à quand ?). Ici, on peut arpenter un canyon pendant plusieurs heures, et cela sans aucun aménagement, pour aboutir sur une cascade d’eau gigantesque (La « Slap Boka », toute proche de Bovec). Ou bien marcher jusqu’à la source de la Soča, le long de vires câblées. Le tout, sans flot de touristes à l’horizon.

Dans ce massif jaillit une eau limpide, inondant les rivières de fraîcheur et de… gigantesques truites ! C’est donc naturellement ici le royaume de la pêche à la mouche. D’autant que réglementation oblige, les autres appâts sont interdits. L’eau se crée des chemins entre des blocs de calcaire d’une blanche pureté. Ici, tout n’est que beauté.

Dans ce petit bout de paradis, nous passerons 15 jours, les fesses au frais (dans l’eau glaciale – 7 à 10 °- de la Soča ou des lacs de Bohinj et de Bled), la tête à l’ombre des grands sapins, et nos pensées dans deux bouquins fabuleux. Sur La Route de Jack Kerouac pour Sylvain (ça vaut franchement le détour) et Dans les Forêts de Sibérie de Sylvain Tesson (une plume et une esthétique incroyables) pour Carole.

La Slovénie, un de nos coups de cœur

La Slovénie, un vrai pays montagnard

Nous nous offrirons deux belles randos, l’une vers le Krn (2 245 m), sommet que nous n’atteindrons pas en raison de la météo menaçante, mais où nous trouverons chaleur et réconfort dans un refuge pour déguster la « jota » (soupe à base de choucroute, lard, haricots rouges, patates et cumin – un régal !). Puis l’autre, vers les 7 lacs (« 7 Jezero ») au-dessus du lac de Bohinj. Encore une fois, avec une redescente épique car sous un très gros orage, dans des pentes raides donnant le change à de nombreuses mains courantes et autres ferrailles. Bref, il ne faisait vraiment pas bon de traîner par là…

La rivière Soca se fraye un chemin à l'ouest du Triglav

La rivière Soca se fraye un chemin à l’ouest du Triglav

Les nuits, nous les avons toutes passées dans un sentiment de quiétude et de repos mérité, après de nombreuses heures de marche. Sauf peut-être celle où l’on s’est faits réveiller par un flic bourré à 5h du mat’ qui voulait nous extorquer 50 euros, puis finalement 30 euros (il nous faisait soi-disant un prix, la bonne blague). Une histoire qui commençait mal avec un Sylvain survolté… et mal réveillé de surcroît, couronnant l’accueil dudit flic avec un cinglant « Pouaaaah, mais t’as vu, il puuuuue l’alcool ! » dans l’encoignure de la porte d’entrée du camping-car… Bien engagée l’affaire, tiens ! Mais qui se terminera bien (s’en retournera bredouille le gazier) avec une Carole souriante et arrangeante (c’est beau de jouer la comédie).

Aussi, quelques minutes plus tard, nous mettrons les voiles en haut des montagnes (au sublime col de Soriška Planina) pour terminer notre nuit, nos 50 euros certes toujours en poche mais avec le sentiment d’avoir gagné une partie mais pas la guerre… Un goût amer mêlé de rancœur et de tristesse dans la bouche. Lorsque dans un pays, le dernier rempart censé protéger ses habitants saute, vous avez vraiment l’impression d’être à la merci des loups. Bon, nous étions, ce jour-là, un portefeuille ambulant. Cela se conçoit… Mais comment doit agir la police slovène avec ses propres citoyens ? On n’ose l’imaginer…

La chansonnette slovène, on la poussera jusqu’à Bled (très joli bled, au passage… OK, c’était facile !) bordé d’un lac féerique, tout droit sorti d’un conte. Niché dans les montagnes et habité en son centre par une île sur laquelle se trouve un château, c’est le lieu idéal pour que Krol souffle ses 31 bougies. Une bouteille de rouge plus tard, deux ou trois cols passés et nous plongions vers l’Italie…

Le lac de Bled

Le lac de Bled

 

////  Reste plus que l’Italie pour finir la partie Europe du Nord (jusqu’à septembre)… Ensuite, on attaquera l’Amérique du Sud, le 2e volet de notre périple.

Les photos et commentaires seront à retrouver dans l’album-photos « Slovénie »

Après avoir écumé le Pérou pendant près de 2 mois, nous sommes actuellement en Bolivie. Portez-vous bien et… au plaisir de vous lire ! ////

 

Autriche : L’Osttirol, au cœur du plus grand parc national d’Europe centrale (23 au 31.07)

15 Nov

Avant d’arriver en Autriche, nous savions déjà que nous allions trouver un joli pays. Car, durant l’hiver 2008, nous étions montés à Vienne, sa resplendissante capitale, afin de répondre aux besoins logistiques de Nicolas (le frère jumeau de Sylvain) qui allait descendre le Danube en kayak sur près de 600 km, quelques jours plus tard. Les détails d’une aventure solitaire que vous pouvez d’ailleurs toujours retrouver sur http://nicolasravier.free.fr.

De ce fait, nous traverserons l’Autriche par sa partie ouest que nous ne connaissons pas, l’Osttirol (le « Tyrol de l’Est »). Vertes montagnes, Dolomites acérées, gros sommets alpins, chalets en bois accrochés aux pentes raides… L’Autriche est un écrin de verdure dont les nombreuses vallées laissent aussi apparaître de grandes zones d’activités propres et bien aménagées. Quand, bien encaissées, elles ne recèlent pas des industries de pointe, parfaitement intégrées aux paysages. Il est intéressant de voir comment le manque de place et les conditions hivernales difficiles ont conduit les Autrichiens à vivre proches de leur lieu de travail.

L’Autriche, un écrin de verdure

À la frontière avec la Bavière allemande, qui est, rappelons-le, la région la plus riche d’Europe (siège de BMW, Man, Puma, Adidas, Allianz…), les infrastructures que nous pouvons voir, contrastent de manière importante avec celles de la République Tchèque que nous venons de quitter. C’est certain, il est des fossés encore difficiles à franchir…

Mais la région de Berchtesgaden, dans les Alpes bavaroises donc, offre d’autres curiosités naturelles bien plus intéressantes, comme le superbe lac du Königsee ou le mont Watzmann (2713 m), que nous ne manquerons pas d’observer avant de mettre définitivement le cap vers l’Autriche.

Balade autour du lac Hintersee (Allemagne)

Ici, les villes portent des noms connus mais souvent difficiles à placer sur une carte (vous pouvez toujours essayer avec Garmisch-Partenkirchen, Salzburg ou Innsbruck… Alors, c’est rude, non ?). En tout cas, ce qui est sûr, c’est que pour nous désormais, Salzburg sera synonyme de petit miracle. Ou comment, un colis rempli de lectures pertinentes, d’incroyables gourmandises et de petits mots attentionnés peut vous faire bondir au plafond, avant de vous propulser sur un petit nuage… Now In Poste Restante We Trust.

Mais l’Autriche, nous la vivrons surtout d’en haut, perchés dans les montagnes, en passant notamment par (attention, accrochez-vous !) la Großglockner Hochalpenstraße.

Vue depuis l’Edelweißspitze (2 571 m) sur la Großglockner Hochalpenstraße

On nous vend cette route comme l’une des plus belles et des plus hautes d’Europe. Sur près de 48 km, cette dernière passe à 2500 m d’altitude, puis à 2800 m pour se rendre au pied du glacier du Pasterze avec une vue exceptionnelle sur la plus haute montagne d‘Autriche, le Grossglockner (3798 m). On a bien dit « On nous vend » car le ticket d’entrée de ce petit bijou situé en plein cœur du Hohe Tauern National Park, est tout de même de 32 euros.

C’est toutefois pour nous la grande incertitude de savoir si Touky, notre « super camping-car » pourra monter jusque là-haut. Ce jour-là, nous mettrons 7 heures pour avaler les nombreux lacets avec pause de rigueur tous les ¾ d’heure. Mais assurément, les paysages qui nous entourent en valent la peine. À 2500 m, la combustion devient difficile et nous terminerons les 300 derniers mètres de dénivelé, quasi tout en première. Teuf teuf teuf, glaciers, nous voilà… Ce soir, le soleil  se couchera derrière le Großglockner, nous irradiant pour quelques minutes encore d’un peu de chaleur. Cette nuit sera fraîche, mais bien au chaud dans nos duvets, nous tomberons comme des marmottes… peut-être comme les mêmes marmottes insolentes qui font la réputation du lieu. Celles qui, ni vu ni connu, viennent vous quémander des barres de céréales, type Grany pomme-noisettes, Mars, Snickers et autres barres chocolatées de chez Kraftfood ou Unilever… Bref, même le régime alimentaire de la marmotte se mondialise, dommage…

Au fil de l’eau (autour du Großglockner)

Puis vient le jour où il faut redescendre, une descente qui nous obligera à faire des arrêts tous les 200 m de dénivelé, pour laisser refroidir les freins. Les yeux rivés sur l’altimètre, le nez au vent pour sentir l’odeur des plaquettes, cette redescente restera pour nous un souvenir olfactif. Quelques jours plus tard, comme pour tester les limites de notre engin, nous passerons la frontière slovène sur des pentes à… 20 % !

////  L’Autriche… done ! Viendront ensuite la Slovénie et l’Italie pour finir la partie Europe du Nord (jusqu’à septembre)… On grignote notre retard petit à petit… Désolés !

Les photos et commentaires seront à retrouver dans l’album-photos « Autriche (Osttirol) et Allemagne (autour de Berchtesgaden) »

Actuellement, nous sommes encore pour quelques jours au Pérou, avant de bifurquer vers la Bolivie. Nous en prenons toujours plein les yeux. A très vite ! Portez-vous bien, au plaisir de vous lire ! ////

Prague : la Bohême, la bohème, ça voulait dire « on est heureux »… (18 au 22.07)

22 Oct

On file dans la campagne verdoyante et sinueuse de la République Tchèque, où nous retrouvons des paysages familiers. Douces collines et petits villages aux maisons tordues et mal foutues s’égrènent ici sur des kilomètres. Une sorte de Mini-Gers en plus biscornu, en somme. Les champs de houblon y sont très nombreux. Les Tchèques étant à la fois de gros consommateurs et de gros producteurs de bière. Pour celles et ceux qui n’ont jamais vu ces champs, cela est assez curieux. On peut voir de grandes étendues poinçonnées de poteaux téléphoniques en bois, liés entre eux par des câbles sur lesquels grimpe la liane de houblon… à plus de 5 m de haut !

Prague, une capitale qui swingue

20 heures arrive et l’on remercie une fois de plus Dieu GPS, qui nous fait poser Touky sur un parking (ndlr le long d’un parc à pisse de chien, mais chut, passons, car tout cela n’est pas très glamour) au centre de Prague. Ni une ni deux, on chevauche nos vélos pour se lancer à l’assaut de la capitale. Une ville éminemment historique, à l’architecture plus que luxuriante. Cette jungle moderne rassasie d’ailleurs bien volontiers les amateurs du genre. Dans ces rues noires de monde – essentiellement des touristes en quête de restos bon marché -, on croise une partie du monde venue ici se délester de ses roubles et/ou euros, pour se remplir la panse et boire à plus soif.

Les Pragois nous l’ont dit. Ici, les Russes achètent en masse. Appartements, immeubles voire bâtiments historiques, tout y passe. Cristal de Swarovski, diamant…, la machine « Gazprom » de Poutine a vu naître des nouveaux riches, des billets plein la poche, alors que 90 % du pays vit coupé du monde. De cette masse de touristes-là, venus par milliers, nous avons hâte d’en sortir. Rien de tel alors que d’arpenter les rues et notamment le Pražský hrad (Château de Prague) en début de soirée, pendant que les gens se bâfrent. Et se laisser presque enfermer par les gardes dans ses immenses cours intérieures, au pied de la magnifique Katedrála svatého Víta (Cathédrale Saint-Guy de Prague), véritable joyau pour l’occasion.

Les eaux de la Vlltava avec le quartier du château (Hradcany) en arrière-plan

Prague est une jolie capitale. Les dix ponts qui enjambent la Vltava luidonnent un air grandiose. Mais pour nous, elle sera aussi synonyme de tourisme en masse (début d’été oblige), et l’on aura du mal à l’apprécier parfois, engoncés entre d’affreuses boutiques de souvenirs où l’on peut acheter son tee-shirt du Barça (ridicule) comme s’offrir une vieillerie franchement dégueulasse en faux cristal de Swarovski, et des rabateurs aux (faux) sourires ultrabright. Bref, le charme n’a pas toujours eu lieu. Pourtant Prague a beaucoup d’atouts, riche notamment de merveilles architecturales plus que séduisantes. D’ailleurs, l’influence d’Alfons Mucha, magicien de l’Art Nouveau/Déco, a soufflé sur toute la ville pour la paraître de vitraux, toiles, sculptures, composés de drapés, fleurs et jolies créatures. Mais Prague a aussi un petit quelque chose de bizarre. Une sorte de lieu qui campe un peu sur sa grandeur d’antan. Où quelque chose de grand se serait passé. Mais dont le charme, suranné, aurait fané. La ville concède pourtant une sorte d’aura un peu mystique (l’empreinte du soviétisme d’antan sur le capitalisme exacerbé d’aujourd’hui ?). Comme les écrits de Franz Kafka, originaire de là. Un endroit où beaucoup de choses ont été testées – l’architecture cubiste, par exemple, alors unique au monde avec ses bâtiments-massue aux arêtes vives, toutes de béton.

Un pilier d’angle propre à l’architecture des maisons cubistes – 21.07 –

Bref, au début du XXe siècle, ça devait être un beau bordel d’idées nouvelles. En ce jour, nous en étions, malgré tout, encore spectateurs. Avec la profonde impression d’avoir touché au plus à l’est  de l’Europe de tout notre voyage. Tandis que cette nuit-là, quelqu’un essayait de rentrer par force dans notre joli Touky, mais en vain… Ouf !

////  Après la République Tchèque, vous pourrez nous lire en Autriche, Slovénie et Italie pour la partie Europe du Nord (juillet à septembre)… On grignote notre retard petit à petit… Désolés !

Les photos sont à retrouver dans l’album-photos « République Tchèque : Prague »

Après un passage-éclair par Toulouse, – le temps de défaire et… refaire les sacs ! -, nous sommes actuellement en Amérique du Sud. Au Pérou depuis la fin septembre à découvrir les montagnes (Huaraz, Cordillera Blanca…), la capitale Lima et désormais le désert costal. A très vite ! Portez-vous bien, au plaisir de vous lire ! ////

L’Allemagne, ça vous gagne ! (2 au 18.07)

5 Oct

Le ferry s’approche de la terre ferme, les nuages s’écartent et le soleil fend le ciel de ses rayons pour réchauffer la côte. Premières images de Rostock. Une plage immense pleine de vacanciers venus tremper les pieds dans la Mer du Nord. Mais ne nous trompons pas, ici l’eau ne dépasse pas les 15°C, cela sélectionne donc quelque peu le… public !

Première image de Rostock (Allemagne)

En arrivant sur Rostock, c’est aussi le fameux « Made in Germany » que nous découvrons. Un système bien huilé où chacun à son poste met en musique une énergie positive dans son travail. Résultat pour nous : Prise de rendez-vous à 17h dans le premier garage du coin, situé à Warnemünde, dans une zone d’activité au pied de l’usine de production Caterpillar, pour changer la crémaillère de direction de notre Touky. La nuit, nous la passerons à dormir dans l’enceinte-même du garage. À 4h du matin, nous sommes réveillés par le bruit d’un camion. Un livreur dépose au pied de notre sapin une boîte en carton, un cadeau de 2 m de long. La direction assistée qui sera posée quelques heures plus tard.

En moins de 24h, les jeux sont faits ! Nous aurons échangé de nombreux sourires, discuté dans une sorte de franco-germano-english improbable (Très chère Académie française, merci de rajouter des listings de vocabulaire ès mécanique générale en langue vivante 🙂 et laissé quelques billets bien sûr, pour retrouver un Touky en pleine forme. Nous nous allègerons également d’une bonne bouteille de vin d’Arbois (made in Jura) pour remercier l’équipe du garage, des gens formidablement attentionnés. Bref, on a aimé ce moment. Le genre d’instant précieux où tout devient facile. Car il faut l’avouer, de toute évidence, notre bahut avait rendu l’âme sur le parking du garage (quel timing !). Impossible d’aller plus loin.

Dans cette partie du nord de l’Allemagne, nous avons aussi aimé les bateaux type « baraques à friture » où se cuisinent des fritures de poissons en tous genres et des petits pains au poisson cru (presque mariné). Mais pas seulement. Ces nouilles importées des Philippines et préparées devant nous avec soin… hum, quel délice ! Pourquoi des Philippines ? Parce que Rostock est un grand port dans lequel transite, tous les jours, un bateau de croisière comptant entre 3000 à 4000 passagers, pour 1000 hommes d’équipage. Avec à 999 pour 1000 des Philippins, sauf le… capitaine.

A chaque jour son nouveau ferry

Mais il n’y a pas que la technique et la bouffe pour faire de l’Allemagne la belle Allemagne, il y a aussi l’Histoire, la culture, celle dans le vent et celle à contre-courant. Pour sentir tout cela, rien de tel que de mettre le cap dans sa capitale. Berlin ou la véritable pépinière de l’underground européen.

Ville rayée de la carte en 1945 par les bombardements américains à l’ouest, et russes à l’est, Berlin s’est reconstruite en 30 ans, prenant dans les années 60 deux directions opposées. L’une dictée par Washington, et l’autre par Moscou. Il faudra attendre la déclaration de Mikhaïl Gorbatchev en 1989, qui, poussé par les manifestations ouvrières de Leipzig, puis de l’ensemble du pays, va annoncer : « The wall must fall down ».

Je revois encore à l’âge de 10 ans les larmes de joie dans les yeux de mes parents devant leur petit écran. Aujourd’hui, plus de 20 ans ont passé sur ces événements, et en tant que simples visiteurs, nous sommes tentés de chercher les traces de ce passé.

Berlin in progress

Aujourd’hui, d’un côté, se trouve le Sony Center de la Postdamer Platz, icône technologique d’une société industrielle et progressiste, et de l’autre, la Karl Marx Allee et ses bâtiments massifs en béton incrustés de fresques en céramique relatant l’utopie communiste. C’est ça Berlin pour nous, un territoire étonnant qui marche droit devant, vers un bel avenir, mais qui garde toujours un œil derrière. Enfin, c’est ce qu’il nous semble… En tout cas, pour nous, c’est l’une des raisons pour lesquelles on aime tout particulièrement cette capitale à visage humain.

Mais Berlin est aussi une ville où il fait bon vivre, au brassage ethnique important et où jeunes et moins jeunes semblent avancer ensemble pour réfléchir et créer. Tout se plaît à Berlin, même les renards et les sangliers qui peuplent les gigantesques parcs du centre-ville.

Lors d’une soirée pluvieuse (bon, oui, il y en a…), nous avons pu ressentir ce bel esprit, sur le vernissage d’une expo de l’artiste américain Shepard Fairey (mieux connu sous le pseudo Obey). Assurément, Berlin vit, bouillonne même, cultivant une effervescence culturelle de chaque instant. Bon, là encore, c’est seulement notre sentiment. Certes, Berlin n’a pas la froide beauté de ces grandes villes scandinaves, au territoire quasi-immaculé, mais elle semble tellement plus vivante. Bref, sans doute qu’à trop voir défiler des images (trop ?) léchées, toutes droit sorties de catalogues Ikéa, on en arrive à se pâmer devant un vieux photomaton d’époque, collé à un réverbère haletant une faible lumière en pointillés, stické de tous côtés par des artistes inspirés.

L’Intimes Kino, un mur d’expression libre

Toutefois, depuis notre dernière visite dans la capitale, en 2008, nous avons pu constater que l’underground se délite un peu.

Certains diront, à l’image d’un Tacheles (un squatt mythique mais en réalité, mainstream depuis des années) qui se transforme en hôtel grand luxe. D’autres pointeront du doigt la réfection des centaines de mètres de peinture de la East Side Gallery (mur de Berlin conservé à titre posthume le long de la Spree) par les mêmes artistes désignés 20 ans plus tôt, pour un résultat plutôt plat et un peu mochouille.

Nous, on rêve de voir le mur de la East Side Gallery, libre, pour les artistes d’aujourd’hui. Et toutes les grandes villes du monde accueillir en leur sein des territoires de création, libres et ouverts. Alternatifs (attention, ce mot est souvent dénaturé aujourd’hui) et underground, oui.

Autre expérience plaisante in Berlin : se faire couper les tifs. En quelques secondes, Sylvain comprend que la coiffeuse ne l’installera pas la tête penchée en arrière pour le shampooing, comme d’habitude par chez nous, il n’a plus qu’une solution, plonger la tête en avant dans le lavabo situé en face de lui et laisser couler l’eau. Comme quoi, il ne faut pas grand-chose pour faire sourire.

Même attendrissement devant tous ces distributeurs à bonbons, bagues en plastiques et petits cadeaux pour enfants, vestiges à leur manière de l’Allemagne de l’Est, que l’on croise dans les rues, accrochés aux murs des immeubles. Ça fait penser aux tirettes des fêtes foraines, pour lesquelles on a tous craqué un jour et laissé glisser la petite pièce dans la fente.

Dans les rues de l’ancien Berlin-Est…

Avant de partir, une amie qui avait séjourné plusieurs années sur Berlin, nous avait conté la beauté de sa campagne environnante, riche de lacs et de canaux. Effectivement, nous avons ou pénétrer cette nature en canoë, dans la région de Lübbenau. Un coup de pagaie pour écarter les lentilles et les nénuphars, un deuxième pour remuer la vase et le dernier pour avancer.

Balade au petit matin…

Ce coin de verdure est réputé pour ses gros cornichons à déguster sous toutes les formes. Il existe même une IGP – indication géographique protégée -, c’est vous dire. Pour notre part, on a testé, fait les frais de trois jolis bocaux mais on n’a pas bien compris le process’ de fabrication. Le sable craque sous la dent à chaque croc et l’odeur de l’eau marécageuse couvre celle du vinaigre. Après plusieurs tentatives grimaçantes (et avant d’y laisser une couronne !), on a préféré se délester de nos beaux cornichons et mettre les voiles plus au sud, vers Dresde (comprenez Dresden).

Nous disions précédemment que Berlin avait été rasée de la carte en 1945. Dresde, alors ville influente, s’est elle aussi retrouvée réduite à un tas de cendres et de pierres. Aujourd’hui, les travaux de reconstruction s’achèvent seulement et les monuments fabuleux de jadis, sont de nouveau sur pied. Tout le centre-ville porte les traces du passé. Reconstruit pierre après pierre, ce dernier est un mélange hétéroclite (mais fidèle au Dresde d’hier) de blocs noirs, beiges clairs ou plus sombres. En plus d’avoir soigné la forme, ici, on est attachés au fond. Ce soir-là, dans les rues, la fête semble de partout. Une fièvre festive et contagieuse qui nous donne la pêche. Nous voilà plus que séduits par cette petite ville estudiantine !

Festival de théâtre de rue dans Dresde

Puis de Dresde, nous mettons le cap encore un peu plus à l’est. Une région nommée die Sächsische Schweiz, comprenez « La Suisse Saxonne ». Un nom rêveur qui a dû sortir de l’imaginaire collectif car ce que nous allons voir, à notre grande surprise, ne nous semble, en rien, ressembler à la Suisse.

Terrain de jeu pour amateurs de nature, la Sächsische Sweiz nous retiendra plus d’une semaine. Un des grands moments du voyage : nous sommes totalement tombés amoureux du lieu. Une formation géologique unique en Europe, formée de pitons gréseux, que l’on arpente en traversant des forêts humides, presque primitives, tels des explorateurs. Avec une carte du massif en poche, nous partons à l’assaut de ces bastions de roc dressés vers le ciel et nous franchissons, émerveillés, gorges et ruisseaux moussus, paradis des animaux cavernicoles.

De là-haut, nous avons marché sans mot dire, juste écouté les bruits que la nature nous offrait. Et versé plusieurs larmes, pour lui dire merci. Dans ce labyrinthe, nous avons croisé les plus beaux animaux. Des dizaines d’écureuils qui jouaient à cache-cache, puis, personne, que nous. Une pause dans la vie. Une pause loin des villes. Où nous nous sommes pris au jeu de lever la tête au ciel pour ouvrir la bouche et goûter la pluie qui tombe.

Non loin du site du Bastei, des formation rocheuses formées par l’eau il y a un million d’années

Avant de quitter l’Allemagne, nous vous avions promis d’apporter des éléments de réflexion quant au fait que le Nord de l’Europe roule à vélo alors que l’Europe du Sud a bien du mal à faire 20 mètres sans sa voiture. Et bien, nous n’avons pas trouvé de réponse (malgré une étude sociologique poussée, cela va de soi). Peut-être simplement, parce que chez nous, les vélos ne quittent pas les salles de bain, et que l’on attend avec impatience, la démocratisation du vélo électrique. La bonne blague !

L’Allemagne, nous l’avons laissée derrière nous, en se faisant flasher à 40 km/heure et en passant la frontière tchèque – et les anciens bureaux de douane, très moches par ailleurs -. À croire que chaque fois que l’homme dresse une frontière physique, il faut qu’elle soit laide, comme pour en dissuader le passage…

////  Après l’Allemagne, il nous restera la République Tchèque (Prague), l’Autriche, la Slovénie et l’Italie pour la partie Europe du Nord (juillet à septembre)… Nous essayons de rattraper le retard tant bien que mal… Désolés !

Les photos et commentaires seront à retrouver dans l’album-photos « Allemagne : De Berlin à la Sächsische Schweiz » (attention, suite à un petit bug, l’ordre des photos est décroissant donc commencer par le bas de la page, merci)

Après un passage-éclair par Toulouse, – le temps de défaire et… refaire les sacs ! -, nous avons désormais attaqué la 2e phase de notre voyage : l’Amérique du Sud. Nous sommes au Pérou depuis la fin septembre. Actuellement dans les montagnes, du côté de Huaraz. Nous posterons un message sur Lima et ces belles montagnes de la Cordillera Blanca dans les prochains jours. Portez-vous bien ! Et encore merci pour tous vos messages, quel plaisir de vous lire ! ////

Dans la Cordillère Blanche, vue sur le Huascaran, le plus haut sommet du Pérou (6768 m)

Danemark : Autant en emporte le vent… (22.06 au 2.07)

7 Sep

Magnifique pont-tunnel de l’Oresund, tu nous renvois vers le Danemark, via Copenhague, en cette après-midi du 22.06. Et nous rattache ainsi au continent. Copenhague… Ce nom, à  l’aura des grandes capitales européennes, résonne en nous. Pourtant la ville compte seulement 1,8 million d’âmes. Belle, pluvieuse, cosmopolite, humide, décontractée, mouillée, flanquée sur son bord de côté, Copenhague mélange et concentre les styles : marin ténébreux, jeunesse insouciante et trash à l’anglaise.

Le pont-tunnel de l’Oresund, un ouvrage gigantesque de 7,8 km

Pour aller à la rencontre de son centre et de ses habitants, nous larguons les amarres le long d’une piste cyclable, à 3 km environ de l’office de tourisme (petite astuce de Toukystes : les O.T., situés dans le cœur historique des villes, sont souvent d’excellents repères pour juger des distances et du périmètre de visite alentour). Ce bord d’avenue (enfin de grosse artère plutôt, mais ça, on le découvrira plus tard) sera notre nouveau spot pour la semaine à venir. Un endroit qui s’avèrera vraiment pas terrible, au niveau sonore élevé (dû au trafic important, of course) rendant le sommeil difficile, surtout entre minuit et… 8 heures du matin ! Et de surcroît, pas très abrité pour nos besoins les plus anodins, et ça, c’est de toute importance. Sur la route, ce qui vous semblait primaire auparavant, se révèle souvent être aujourd’hui à la base d’une journée plus ou moins bien commencée.

Pour le quart de finale de l’Euro 2012, la Carlsberg est de rigueur ! (Ofelia Beach)

Mais bref, passons sur ces détails pour vous conter comment la bière a fait la richesse de toute une famille, qui à son tour, a su redistribuer ses gains pour donner des lettres de noblesse à sa ville. En effet, la «Carlsberg », à classer dans le chapitre des bières bon marché, type Heineken et Kronenbourg -, fondée par Jacob Christian Jacobsen en 1801 autour de bières de froment de fermentation haute, est aujourd’hui la quatrième brasserie au monde. Amatrice d’art (peinture, sculpture, architecture…), cette famille a marqué Copenhague à jamais, notamment par les constructions qu’elle y a entrepris. La Glyptotek, un musée situé en plein cœur de la ville (un signe sans aucun doute de sa place essentielle dans la cité ?) et créé par le fils de Jacob Christian Jacobsen, en est peut-être le meilleur exemple. Autour d’une somptueuse coupole jardin d’hiver, se dresse l’une des plus grandes collections d’œuvres d’art antique, français et danois du XIXe siècle…

Copenhague se couche avec ses habits de lumière…

Copenhague forme un curieux mélange. Ici, une église dont la tour tourne comme une vrille noire et dorée, façon gâteau au chocolat. Là, un bâtiment dont la flèche file droit vers le ciel. En y regardant de plus près, ce sont en fait trois dragons en pierre qui s’entrelacent. Plus loin, une bibliothèque, tel un cube noir poli. Et au milieu de tout cela, coulent…  d’innombrables pistes cyclables ! Qui semblent irriguer la ville, à la manière de vaisseaux sanguins. Sur l’une d’entre elles, vous avez même un capteur à vélos, qui, lorsque vous passez en fin de journée,  vous indique que 15 000 cyclistes sont passés avant vous. Ça laisse pantois, hein ?!

Les Danois ont tout compris, le vélo, c’est bien, ça fait pas de bruit, ça prend pas de place, ça pollue pas la ville et en plus, le vélo, ça rend beau. Cela nous pose tout de même une question : «pourquoi dans ces pays où le temps est maussade 300 jours par an, les gens ont tous, de 5 à 99 ans, les fesses sur un vélo, sans chichi, sans complexe ?» Et bien, on n’a pas trop la réponse, mais on y travaille… Promis, au prochain post, on tâchera d’apporter des éléments de réponse.

Un compteur à… vélos (!) aux résultats à faire pâlir d’envie les constructeurs auto !

Bien entendu, comme toutes les personnes qui passent à Copenhague, nous sommes allés voir l’attraction locale. Non, pas le parc d’attraction Tivoli situé en plein centre, dont les cris des jeunes filles retentissent dans toute la ville, à chaque fois que les manèges lâchent leurs grappes d’amateurs de sensations fortes, dans le vide. Mais la véritable attraction… Le quartier de Christiania.

Petit topo : dans les années 70, de jeunes gens investissent les anciennes casernes militaires pour y faire naître une ville libre, à contre-courant. Des hectares de friche, bâtiments, fortifications à la Vauban, sont investies pour faire naître ce lieu de création, de réflexion et de farniente. Aujourd’hui, il semble que de cette idylle, les couleurs ont un peu passé et les quelques fleurs , un peu fané. Christiania affiche désormais les tarifs des consos dans les bars qu’elle occupe, tout comme les vendeurs de shit et de marijuana, qui s’affichent ici au grand jour.

Une démo d’habitat à la cool à Christiania

Les sales gueules de «Pusher Street» ternissent le tableau, mais sur les contre-allées et autres arrières-fortifications, se cachent tout de même quelques pépites. Suffit de s’écarter des sentiers battus (ce que nous avons fait à vélo) pour s’enfoncer dans ce territoire touffu et mystérieux. Et ainsi partir à la découverte d’un autre Christiania (un poil) plus authentique. Un espace libre où les habitants vivent – souvent dans des maisons en bois -, cultivent leurs potagers ou montent des chapiteaux pour organiser des festivals culturels. Bref, un lieu de vie, qui semble encore un peu loin des stickers et autres sobriquets estampillés du logo de Christiania (trois points jaunes sur un fond rouge) qui se vendent quotidiennement sur la Pusher Street, pour répondre aux ardeurs consommatrices du flot incessant de touristes. Quoique, pas sûr…

Et puis, comme tout visiteur, nous avons ensuite quitté Christiania pour fouler le sol danois et donc ainsi rentrer en Europe. C’est en tout cas ce qu’un grand totem nous a indiqué lorsque l’on a quitté le quartier… Bon, nous, on trouve ça plutôt triste de se déclarer à la fois «ville libre» et d’inscrire ainsi son territoire sur la cartographie mondiale, qui, on le sait, est uniquement bâtie sur un trio infernal : frontière-VISA-papiers. Certes, ici, le totem a remplacé la douane et le poste-frontière. Mais jusqu’à quand ? Bon, OK, on est sans doute trop idéalistes… Et les symboles ont souvent la vie longue.

Pénétrer Christiania, c’est quitter l’Europe pour un « monde libre »

De Copenhague, nous retiendrons aussi une chose. La ville a été pour nous, notre première destination de surf… à vélo ! Un soir, alors que nous pédalions sous des trombes d’eau, nous réalisons que nous passons dans une énorme flaque, un caniveau avec au moins 20 cm d’eau. Les deux voitures qui nous doubleront à cet instant, se poseront beaucoup moins de questions. Les deux gerbes d’eau (hum, le beau jus de route) qu’elles nous projetteront, seront bien plus grandes que nous. Un pur bonheur pour un pur moment de rock’n’roll, quelques secondes de magie… Et la commune sensation d’être Kelly Slater surfant les tubes d’Hawaï.

On n’aurait jamais crû surfer au Danemark…

Nous quittons Copenhague, un peu rincés, après une semaine de pluie intense, pour flâner sur la côte est. Après un petit détour sur les Stevns Klint, nous partons le long des Møns Klint, des falaises («klint») de craie dressées en herse à la pointe est de l’île de Møn. Somptueuses falaises («klint») de craie se jetant dans la mer. De temps en temps, dans la falaise, des inclusions de silex noir viennent donner le change à cet univers immaculé. Le lieu est propice aux songes… Sommes-nous en Europe ou sur une quelconque île du Pacifique ? Tous les soirs, les orages sont heureusement là pour nous remettre les pieds sur terre.

Le site des Mons Klint et ses grands escaliers en bois (2000 marches montées et descendues !)

Pour faire naître cet édifice, nous apprenons que les derniers glaciers de l’ère glaciaire (il y a de ça près de 20 000 ans) ont poussé ces amas crayeux du fond des océans pour les faire remonter à la surface. Une moraine comme une meringue, en quelque sorte !

Dernières images du Danemark et de sa campagne verdoyante, les églises blanches et les maisons en bois de l’île. Comme pour nous dire au revoir – et surtout à la prochaine ! -, nous embarquons sur un ferry sous le soleil, mais sans vent. Le Danemark est derrière nous, l’Allemagne, toute proche.

Nous retiendrons 3 choses de la Scandinavie :

–          Le vent n’est pas pénible, il modifie seulement nos sens

–          La pluie rend la nature plus belle et prépare l’arrivée du soleil

–          La neige tapisse les paysages de ses vêtements blancs, qu’elle effeuille aux premières chaleurs pour laisser paraître le plus beau.

A Copenhague, on a découvert les sculptures de sable

 

////  Après le Danemark, il y a eu l’Allemagne (Die Sächische Sweiz, Berlin…), la République Tchèque (Prague), l’Autriche, la belle Slovénie et l’Italie.

Les photos et commentaires sont à retrouver dans l’album-photos « Danemark : côté est »

A très vite pour la suite de nos aventures. ////

La Suède : l’arbre qui cache la forêt (10 au 22.06)

11 Août

Et beh non, vous ne trouverez pas dans ces quelques lignes, de clichés sur la Suède… Pas notre genre. Avouons juste qu’il fleure bon, ici, une ambiance très IKÉA – simple, mignon et pas toujours bon marché -, que les Suédoises sont jolies et que les Suédois se plaisent à habiter au fond d’obscures et humides forêts… (gnarf, gnarf).

Ici, en lieu et place où la nature règne en maître, les gens s’épanouissent. Nous, nous préférons souvent les espaces légèrement plus éclairés et moins spongieux pour installer notre bivouac (sur une presqu’île de sable fin à la pointe sud de Malmö ou sur une raquette de retournement dans un lotissement en construction, par exemple).

En Suède, la magie opère toujours…

Bref, pour revenir à nos knott (de vilaines petites mouches typiques du coin qui t’arrachent un morceau de peau ni vu ni connu pour te créer une sacrée démangeaison), la redescente de la Scandinavie se fait donc par la côte sud-ouest de la Suède.

Avec une règle d’or en terme de conduite auto : virages à gauche entre 90° et 180° interdits puisque nous laissons à chaque fois sur la route plus de 20 cl de notre précieux liquide de direction. C‘est donc tout naturellement chez Biltema (une sorte de CastoNorauto aux 93 enseignes réparties du nord du Cercle Polaire au Danemark, numéro 1 sur le barbecue électrique, à gaz, à charbon ou à alcool), notre fournisseur officiel en « Power Steering Fluid », que nous nous rendrons régulièrement. En plus des beaux panaches de fumée que nous laissons au pied des côtes, dans les ronds-points et autres croisements, nous ajoutons désormais une belle traînée de liquide légèrement irisé. Bref, tout inspecteur un poil chevronné arriverait à remonter la piste des malfaiteurs. Sur plus de 1000 km (jusqu’à Rostock en Allemagne), nous laisserons ce fil d’Ariane comme un stigmate de notre passage.

Après avoir tiré le rideau sur les îles Lofoten et le Cap Nord, nous faisons aujourd’hui une croix sur un trip canoë au nord de la Suède, pour un trip… garage en Allemagne ! Ok, ça sonne moins onirique, mais ça, c’est juste à première vue. Il en va ainsi sur un an de voyage. On avance de rebondissements en rebondissements, d’aventures en aventures, dans une succession de choix et de directions, à prendre ou à laisser. Et puis, qu’il est immense le bonheur de se dire que l’avenir, du coup, c’est aujourd’hui. Lunettes de soleil vissées sur le nez, cap au sud !

Fjällbacka vue du ciel (par Yanar Tousse Bébert)

Fjällbacka, Fiskebäckskil, … autant de petits villages de pêcheurs accrochés sur le caillou qui défilent sous nos yeux. Aussi beaux que la complexité de leurs noms.

Sur les hauteurs de Fiskebäckskil, sur le Kungsklyftan, après une petite montée à pied, nous nous laisserons porter par le vent qui souffle depuis la côte. Après être passés sous trois gros blocs de roche coincés dans une faille qui laisse apparaître le seul chemin d’accès possible (un coin qui n’aurait pas déplu à Danny Boyle pour son film 127 heures), on trouve là-haut, de délicats trous d’eau creusés à même la pierre et une végétation typique de ces milieux dits « pauvres ». Décor idéal pour une pause. Le temps peut s’arrêter. Carole rêvasse et tente de mettre en boîte de jolis clichés photographiques numériques Canon Power Shot SX 1 IS made in Japan (notez la précision chirurgicale qui vient casser la poésie de la scène). Sylvain, lui, est ailleurs. Égaré dans les pages du dernier ouvrage de Sylvain Tesson, « Dans les forêts de Sibérie ». Un pur bijou.

Le Kungsklyftan… une balade vertigineuse et cotonneuse

En route, coincés entre l’autoroute E6 et la 163, nous prenons le temps de nous arrêter sur un site unique en Europe, répondant au doux nom de Tanumshede, afin d’imaginer la vie que pouvaient mener les hommes qui peuplaient ces contrées, il y a 2500 ans (Âge du Bronze). De nombreux blocs de granit laissent paraître des « pétroglyphes » – entre nous, tenons-nous en à « gravures rupestres » -. Chasse, pêche, bateaux (type drakkars), scènes de la vie quotidienne et le clou du spectacle, « Les Mariés », l’image d’un homme et d’une femme qui se tiennent la main et s’embrassent.

Là, on comprend un fait surprenant (outre celui que l’Art n’est qu’une redite sans fin, et le trio gagnant -sexe, amour, guerre – un thème éternel qui s’élève toujours en une des tabloïds). Ici, à cette époque, le temps était très clément, le climat méditerranéen, et toute la région était submergée par l’eau. Le chêne était de ce fait, l’espèce végétale dominante. De nos jours, la mer est à plus de 10 km de là et les résineux – bien compacts – ne sont pas prêts à faire de la place aux chênes.

Avec l’Équipe de France, les vikings peuvent dormir tranquilles…

Strömstad, c’est l’endroit idéal pour passer la journée. Ce soir, l’Équipe de France de foot passe à la télé contre les Anglais (ça rime, hipihipiyé), suivie de la Suède contre l’hôte ukrainien, match très attendu avec la star nationale, le grand Zlatan Ibrahimovic, ses cheveux longs huileux et son corps couvert de tatouages. Le genre gladiateur moderne. Pour nous, cet après-midi, c’est lavage à grandes eaux. La piscine municipale, à l’eau de mer, offre toutes les vertus pour un décapage en profondeur. Avec une douche tous les quatre jours, il va sans dire que nous redécouvrons les odeurs oubliées de notre corps. Très fort de vivre sa toilette comme « un pur moment de rock’n’roll » (vous avez vu ce film ? Très sympa).

Göteborg ? Une jolie ville mais trop propre sur elle, avec des gens qui font du foot pour être bien dans leurs corps, qui vont au parc d’attraction parce qu’il faut rigoler au moins 5 minutes par jour, et qui achètent design pour être tendance. Bref, une ville trop polie – dans les deux sens du terme – pour nous.

La fin de notre escapade suédoise approche, nous voilà désormais à Malmö. Ancienne ville industrielle dont les bâtiments, rasés ou ré-aménagés, laissent place à des quartiers résolument tournés vers le 21e siècle. Constructions ultra-modernes et écolos sur plusieurs hectares. Une ville laboratoire pour l’Europe, de ce qui peut se faire de mieux de nos jours en matière d’urbanisme, d’écologie et de cadre de vie. Qui nous a beaucoup beaucoup plu, cela va sans dire. De sa fascinante Turning Torso à ses équipements sportifs taillés sur mesure, on s’y est sentis bien. Un peu comme chez nous, à vrai dire. Le soleil et l’accent du sud en moins.

La fascinante Turning Torso, un bijou architectural made in Malmö

Et puis Malmö a tout intérêt de jouer dans la cour des grands, car depuis la construction du pont-tunnel de l’Øresund (Øresundbron) – plus grand ouvrage européen et merveille architecturale longue de 16 km avec des pylônes atteignant 204 m de haut -, la reliant au Danemark, elle est désormais la porte d’entrée vers la Scanie. Elle sera pour nous la porte de sortie, après nous être doré la pilule sur une micro-plage de sable fin. Et oui, même en Suède, ça existe. C’est notre spot secret mais allez va, on vous le confie. Prenez à droite après le pont de l’Øresund, lorsque vous venez de Copenhague et dirigez-vous vers la pointe de Klagshamn. Mais chut, ce sera notre secret, déjà partagé avec Michel, un baroudeur du Morbihan, lui aussi sur la route depuis trois mois, qui nous conte le Grand Nord, notre rendez-vous manqué. Une belle rencontre au crépuscule, arrosée d’un bon moelleux sur son lit d’aventures. On quitte la Suède avec une conserve de maquereau – de sa confection – bien au frais !

Notre vue sur le bel ouvrage de l’Oresundbron

////  Voilà la page tournée pour la Suède.

Viendront ensuite le Danemark (Copenhague…), l’Allemagne (Die Sächische Sweiz, Berlin…), la République Tchèque (Prague), l’Autriche et la belle Slovénie où nous sommes depuis quelques jours.

Les photos et commentaires seront à retrouver dans l’album-photos « Suède » (mise en ligne dans les prochaines minutes).

Belle fin d’été à vous tous ! A très vite pour nos aventures danoises. ////

La Norvège, un petit coin de parapluie contre un coin de paradis… (16.05 au 9.06)

31 Juil

La Norvège nous accueille lentement alors que notre ferry se glisse prudemment entre les blocs de granit rose qui parsèment le fjord d’Oslo. Le contraste est déjà saisissant. Maisons en bois peintes de rouge, pontons et barques attenantes. Amundsen, nous voilà, fais chauffer l’igloo, les Frenchies débarquent !

Mais avant tout, petit passage par la douane. Et ouais, ici, t’es pas dans l’Espace Shengen qui autorise la libre circulation des personnes et des marchandises. Le douanier nous le rappelle illico :

–      Vous avez des trucs à déclarer ?

–      Euh non…

Tu parles… En Norvège, on sait que la bouffe est hors de prix, alors on a prévu. Dans Touky se cachent des tonnes de victuailles (de bonnes vieilles spécialités françaises anti-mal du pays, type foie gras, pâtés ou pinard mais aussi pas mal de produits de base – pâtes, semoule, riz, polenta… – qui s’avèrent toujours utiles pour rassasier les grosses faims) et tout plein de trucs achetés à la frontière allemande qu’il nous faudra tester.

Nous traversons Oslo sous un ciel très sombre. La lumière est hallucinante. Digne des quelques minutes qui précèdent l’un de ces gros orages aoûtiens sur la campagne toulousaine. Vous savez, juste avant que le vent se lève. Du coup, ça contraste méchamment avec les panneaux de signalisation orange fluo qui nous barrent de tous côtés la route pour quitter la capitale.

Des retrouvailles fêtées comme il se doit !

Car, oui, pourtant à peine débarqués, on quitte déjà Oslo. Nous allons chercher Nico (frère jumeau de Sylvain) et Lolo, sa chère et tendre, à l’aéroport d’… Oslo ! Oui, mais à vrai dire, au Sandefjord Lufthavn Torp Airport, qui se situe en fait à Sandefjord, soit à 120 km au sud-ouest de la capitale ! Un détail qui veut dire beaucoup, découvert dans le ferry en lisant notre bon vieux GDR. Il faut le savoir : il existe 3 aéroports pour Oslo. Heureusement, nous nous étions laissé un peu de marge sur notre planning !

On récupère donc les louloux, chargés à bloc. Passé le temps des (grosses) accolades, voici venu celui de se payer une bonne tranche de magret séché. Fait maison et tout juste arrivé de Toulouse, siouplé ! Nos convives ont visé juste. J’en connais un qui a sacrément le sourire.

Notre plan d’attaque pour la Norvège ? Tenter un trip de 1500 km à travers les fjords, les montagnes, les forêts et les lacs. Nico et Lolo sont avec nous pour une vingtaine de jours. On va essayer d’en profiter un max.

À leur arrivée, le soleil s’invite sans rien dire à la fête. Ce dernier ne nous quittera pas pendant plus de 20 jours. Une aubaine que l’on saisira, le sourire au vent.

Première soirée dans le port de Stavern. Le paysage nous enchante. Littéralement.

La Norvège, c’est grandes forêts de sapin, lacs, lacs, lacs – dans tous les coins -, fjords escarpés dont les sommets se perchent à plus de 1000 m, eau douce et eau salée qui se mélangent en permanence à la sortie d’une cascade ou d’un torrent. Et dans tout ça, des petits villages (souvent croquignolets à souhait, au passage). C’est à se demander parfois de quoi les gens vivent. Car si la Norvège est, sans aucun doute, l’un des plus beaux pays au monde, c’est certainement aussi l’un des plus chers. Si le pays tire un tiers de son revenu du pétrole et du gaz, les salaires moyens eux, avoisinent les doubles des nôtres. Autant dire qu’ici, toi, Français moyen, t’es pauvre. Quelques exemples ? 1 litre de gazole : 1,85 €, 1 semblant de pain : 5 €, 1 courgette : 3 €, 1 bière : 9 €, la viande… tu oublies !

Après une petite halte dans un Sandefjord habillé aux couleurs nationales, entre folklore bon esprit et rendez-vous familial, nous passons les premiers temps à remonter la côte ouest. S’offrant ci et là quelques belles prises de poissons en mer (cabillaud, maquereau…). Notre leurre – 40 g de couleur jaune répondant au doux nom de Nakunoeil -, fait des ravages. À chaque fois que nous pêchons, la sauteuse est toujours trop petite pour faire cuire tout ce petit monde. C’est vous dire !

Et au milieu, coule un… fjord !

Dans tous nos déplacements ici, on peut se rendre compte de la manne du pétrole. Les Norvégiens déplacent les montagnes, enjambent les lacs, percent le granit, pour faire passer leurs routes. On traverse des tunnels de plusieurs kilomètres taillés bruts dans la roche, pour, toujours, se retrouver au milieu de rien. Et tout à la fois. Un fjord grandiose, une montagne de neige immaculée, une forêt oubliée. Un vrai paradis pour les amateurs de grands espaces naturels que nous sommes.

Ici, les virages sont tellement nombreux qu’il faut bien souvent une journée pour faire 300 kilomètres. On roule à 40, voire 60 km / heure sur les rares doubles voies que l’on croise (on arrêtera là pour les stats), vitesse limite oblige. Cela a tendance à bercer nos deux compères à l’arrière. Plusieurs fois, nous avons pesté de la lenteur des Norvégiens au volant, mais bon, le temps, on l’a, alors prenons-le.

À regarder le paysage, à faire des sudoku (pour Lolo ;-). Mais aussi à réfléchir à ce que mon papi me disait : d’après Einstein, selon lui, « plus on va vite, plus le temps passe vite ».

D’un point de vue animaux, c’est assez bizarre… On pensait voir plein de bêbêtes sauvages et l’on a rien vu. Enfin, des mouettes, du poisson, des limaces, et c’est tout, je crois. On rêvait de voir des élans (moose). Tout le monde nous disait : « Quoi, vous avez pas vu d’élans ? De renards ?… ». « Ben non ! ».

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir été complétemment immergés dans la nature… Mais que nenni, point de moose à l’horizon. Cela restera, au même titre d’ailleurs que le saumon, que l’on ne verra que très rarement sur les étals des grandes surfaces, une légende pour nous.  Tout autant qu’une taquinerie entre nous !

Par-contre, des trolls, on en a vu… Des grands, des gros, des petits, des méchants, des poilus, des mignons-mignons… Par centaines même, étalés au grand jour, en tête de gondole des magasins de souvenirs.

Il suffit de passer le pont… (Voringfossen)

Dans certains coins, nous n’avons pu accéder aux sites naturels que nous avions repéré, en raison des routes fermées à cause des avalanches. On a un train d’avance sur la saison. On laisse donc le Preikestolen (falaise de 600 m se jetant dans la mer) aux touristes de juin – au grand dam de Carole – pour aller un peu plus au nord. Arpenter les glaciers (tant qu’il est encore temps) ou le chemin caillouteux qui mène au pied des Vøringfossen (chutes d’eau de 184 m d’où jaillit un magnifique arc-en-ciel). En haut de la falaise, les bus de touristes s’arrêtent. On les voit. En bas, il n’y a personne. Juste nous. On est trempés, l’eau gronde. On s’approche un peu plus, les rochers deviennent glissants, le souffle de la masse d’eau qui s’abat au-dessus de nos têtes, s’intensifie. On est vraiments seuls ici. Contents, on ne s’entend même plus parler. La pollution sonore est lavée par toute cette eau. Certain qu’à cet instant, Carole en oublie ses soucis de boulot, et moi, je rêve. On voudrait toucher l’eau qui tombe, s’approcher un peu plus, mais bon, devant cette masse d’eau, il nous faut faire demi-tour.

Touky couleur camouflage…

À la vue de la neige que l’on rencontre en chemin, on se dit qu’aller traîner nos guêtres du côté du Galdhoppigen (plus haut sommet de Norvège à 2469 m), ça pourrait être sympa. Là-bas, directement, on verrait si l’ascension est possible. Le lendemain, nous sommes au sommet, à 14h et sans crampons. La petite couche de glace qui recouvre la neige est idéale pour nous porter jusqu’à là-haut. À 360°, un paysage blanc nous entoure. Quelques arrêtes et sommets percent les nombreux glaciers que nous avons sous les pieds.

Un passage en crête sur l’ascension du Galdhopiggen (2469 m)

Dans les Pyrénées, le glacier du Vignemale recule tous les ans. Dans les Alpes, il va bientôt falloir les mettre sous cloche. Ici, on aperçoit déjà les changements, énormes par rapport aux photos du début de siècle que l’on peut voir placées sur les sites. On se dit qu’avec notre foutu véhicule, notre soif de découverte contribue aussi à tous ces changements qui nous entourent. Mais après tout, ici, en mangeant notre pêche, en puisant l’eau des rivières pour boire et en se lavant dans l’eau des torrents, on réduit forcément notre empreinte environnementale par rapport à tout ce qu’il aurait fallu engloutir comme moyens pour jouir de ces services à Toulouse. Bref, on essaie de se consoler comme on peut…

La Norvège, est aussi pour nous, une terre synonyme de retrouvailles.

Improbables tout d’abord, quand, un soir, en rentrant d’Oslo, sur notre parking fétiche (« ze » parking Sognsvann, gratuit et sans limitation de durée, avec le métro à côté, bref le top pour les touristes véhiculés), nous tombons sur une copine que nous n’avions pas revue depuis 4 ans au moins… et qui est aussi en congé sabbatique avec sa cop’s jusqu’à fin juillet. Revoir Flo sur un bout de parking en Norvège ?! On l’aurait jamais crû ! On fait les présentations entre nos habitats respectifs (un gros et pataud, un plus fin et mobile) et l’on se retrouve à trancher la saucisse et à s’en jeter dans le gosier. Deux photos, a/encrées dans le bitume, scelleront ce moment fort de notre voyage. On ne peut que vous inviter à découvrir leur site Internet : http://cafaitletour.over-blog.com. Chapeau les miss !

Il est dans la vie des rencontres improbables…

D’autres retrouvailles tout aussi incroyables. Celles, après le départ de Nico et Lolo, de l’oncle, tante et cousin de Carole, à Drøbak, un petit village balnéaire situé à 40 km de la capitale.

Allez comprendre, la vie parfois… Francis et Brigitte (ma tante et mon oncle paternel) n’habitent qu’à quelques centaines de mètres de mes parents, pourtant  je ne les vois que – trop – rarement et là, à des milliers de kilomètres de mon village natal, nous nous retrouvons, grâce à un heureux hasard de calendrier.

La famille de Sara (que l’on remercie encore pour leur accueil chaleureux), la femme de mon cousin Fabrice (que je n’ai pas revu depuis… 2005, au passage !), native de Norvège donc, nous reçoit autour d’une table délicieuse et délicate, le temps d’une soirée mémorable. Nous échangeons en anglais autour de notre voyage et mettons ainsi un orteil de plus dans ce pays magnifique, où l’on resterait bien volontiers quelques semaines de plus (mais la fuite de Touky nous ordonne à descendre vers le Sud).

Retrouvailles entre cousins (oui, le glacier du Galdhoppigen a laissé des traces sur mon visage…)

Je retrouve ainsi mon cousin, le temps de refaire le monde autour de quelques bières et de taquiner ensemble le poisson « drobakien ». Fabrice n’a pas changé d’un cil depuis nos dernières retrouvailles parisiennes. Nous nous retrouvons, lui dans son exil loin des siens (il vient de quitter Kingston pour venir déménager à La Haye) et nous, dans notre périple sabbatique, autour des mêmes questionnements, des choix de vie à prendre ou à laisser. Il est toujours aisé le temps où l’on boucle ses valises, mais un peu moins celui où l’on passe aux adieux.

Un jour, la beauté sauvera le monde ?

Pour finir, ce que l’on retiendra de cette partie de la Norvège :

–      La nature qui fait naturelle

–      Le calme et la gentillesse des gens

–      Les toits végétalisés partout, partout, partout…

Ce qui nous a étonné :

– Les fruits et légumes – que nous mangerons avec parcimonie au vu des tarifs souvent prohibitifs -, et leurs emballages individuels sous vide et bien brillants.

– Les petites urnes où laisser son dû pour emprunter les routes ou rester sur les parkings en montagne

– Les douches chaudes chronométrées (4 minutes en moyenne) dans les campings

Et ce que l’on mettra au rebut :

– Les hamburgers, les hot dogs, les pizzas, les kebabs, qui doivent contribuer à 😯 % de l’alimentation des Norvégiens. Ici, Nestlé, McDo, Burger King, Heinz, Tabasco, le bacon, le pepper, le sel… règnent en maîtres. Un vrai désastre.  En quittant Oslo, on s’est sentis le cheveu gras et le sang légèrement dextrosé.

– Un devis pour changer la crémaillère de direction de Touky à… 2500 euros ! (1850 pour une pièce qui vaut en France ou en Allemagne, 850 euros max… et 650 euros de main d’œuvre pour 4h de réparation… L’équivalent coûterait, en France, à peine 240 euros).

La suite au prochain post…

////  Voilà pour la Norvège.

Viendront ensuite la Suède, le Danemark (Copenhague…), l’Allemagne (Sächische Sweiz, Berlin…), la République Tchèque (Prague) et l’Autriche où nous sommes pour le moment, à l’ombre des Dolomites et des Alpes.

Les photos et commentaires sont à retrouver dans l’album-photos « Norvège ».

Merci encore pour votre patience (on va essayer de rattraper le retard, promis) et tous vos messages qui nous vont droit au cœur ! ////

Le Danemark : contre vents et marées (11 au 15.05)

19 Juin

« Lande de sable et de dunes qui s’avance au vent vers la mer du Nord, le Danemark et sa terre à bruyère nous dévoile un horizon bleuté ». Waouh… Relisez la phrase d’avant… C’est fort, hein ?! De la poésie signée du grand Sylvain Baudelaine. Pas moins.

La belle Ribe

La jolie ville de Ribe, une cité médiévale par excellence – la plus vieille et la mieux conservée du pays selon notre meilleur ami, comprenez Le Guide du Routard – située sur la côte sud-ouest du Danemark, nous accueille dès notre premier jour. Ici, tout a conservé le charme d’antan. Petites maisons basses de plafond, murs colorés – et toujours penchés -, rues pavées de blocs aux formes systématiquement inégales … Le tout formant une île cernée par les rivières et les champs.

Ribe, c’est pour nous le point de départ d’une formidable traversée en vélo, du continent vers l’Île de Mandø. Une traversée dans la mer sur une route submersible, que l’on peut emprunter qu’à marée basse. Nous découvrons ce bras de terre et de mer, le soir tombé. Un véritable appel du large et de l’aventure !

Un morceau de terre gros comme le point (8 km2) planté dans la Mer des Wadden, à 7 km du continent uniquement accessible à marée basse ou bien en tracteur-bus (vous marrez pas, ça existe bien !) que seulement 50 habitants (et quelques touristes aussi sans doute) se partagent.

Vent 1 – Sylvain 0

Les Gore-Tex bien fermées, le filet de maquereau bien emballé, et c’est parti ! Pas moins de deux heures plus tard – … c’est dire la vitesse ! (selon les calculs de Sylvain, un bon “3,5 km / heure” au moins) avec un vent de face à décorner el Diablo (il n’est pas rare que des rafales nous font dévier de nos trajectoires et nous forcent à mettre le pied à terre… enfin à l’eau, plutôt !) -, nous touchons l’île, après avoir lutté et pédalé dans le sable, les cailloux et la marée descendante. À peine le temps d’avaler le pique-nique entre deux moutons, qu’il nous déjà faut ré-enfourcher nos vélos pour rentrer. Mais là, c’est carrément pas la même histoire… Poussés par des vents – toujours à plus de 100 km / heure -, le retour se fait en un éclair. Fingers in ze noise, je dirais même. Nous qui ne voulions pas être pris dans la marée montante, nous voilà rassurés.

Le soir, après une bonne douche dans Touky (une première !), petite balade dans le vieux centre de Ribe.

Alors que nous regardons un haut poteau en bois arborant les niveaux des grandes crues passées, un papi est en train de faire redescendre son drapeau (national, of course) qui flotte au sommet d’un mât. Occasion pour nous de le questionner sur cette étrange pratique.

Mettre (ou enlever) le drapeau national, l’activité préférée des Scandinaves ?

D’un anglais impeccable (et ça, ça finit par devenir vraiment frustrant !), nous lui tiendrons le crachoir pendant 10 min pour apprendre qu’au Danemark, tous les habitants sortent le drapeau à chaque heureuse occasion (mariage, naissance, fête nationale, la petite qui tombe une dent… – bon, là, OK, on extrapole un peu… -). Par-contre, ce qui est sûr, c’est que la plupart des gens, chez eux, possèdent un grand bâton planté au fond du jardin. La même chose en France, et on vous taxerait volontiers de nationaliste. Et puis au passage, avec le vent qu’il y a ici, ça fout un sacré bordel ces mâts (avec le frottement des câbles)… Mais bon, c’est ainsi. « En quittant ton pays, détourne les yeux de la frontière » dirait Pythagore. Il n’a pas tort le bougre. Il y a sans doute autant de mœurs qu’il n’y a de pays, pas vrai ?

L’homme de Tollund endormi depuis des siècles

Toujours dans la tourmente d’un vent force mille, nous remontons (mais cette fois-ci en camping-car…) vers le Nord pour découvrir la région des lacs autour de Silkeborg. Après être montés au mont Himmelberjet (147 m), à 16 km au sud-est de la ville, sur la rive du lac Julsø, sous un ciel gris et pluvieux, nous décidons de faire un petit tour au Silkeborg Museum, de grosses averses aidant toujours, afin de découvrir l’histoire des hommes qui habitaient  jadis ici. Essentiellement des fermiers qui cultivaient orge et avoine et qui pratiquaient déjà la pêche avec quelques lances-harpons. Le principal intérêt du musée, outre le petit verre d’aquavit offert en bienvenue (l’astuce c’est de se glisser incognito au milieu d’un bus de touristes italiens) ? L’homme de Tollund, pardi ! Rassurez-vous, on ne connaissait pas non plus l’histoire, avant de le lire dans le GDR. En bref, l’homme de Tollund, c’est le corps d’un homme de l’âge du fer ancien, réputé le mieux préservé au monde, découvert dans une tourbière à quelques encâblures de Silkeborg. Un gars d’environ 35-40 ans, retrouvé en position fœtale, au visage tellement paisible que l’on le croirait presque endormi mais qui en fait, a été pendu (il a encore la corde au cou). Impressionnant de se pencher sur cet homme au visage d’enfant, parfaitement conservé et de se dire que le môssieur a vécu quelque… 350 av. JC !

La belle église Sankt Budolfi d’Aalborg

Le soir, on trace encore au Nord. Cap sur Aalborg, une ville un peu étrange, aux contours flous, que Sylvain ne gardera pas dans son cœur. Quant à moi, je suis plus partagée… C’est sûr que je n’ai pas trop aimé son côté moribond (mais un lundi soir, en même temps…), mais j’ai apprécié sa facette de ville étudiante et donc forcément un peu alternative, un peu crade. Vivante, quoi. Je crois que j’avais juste un peu envie de voir autre chose que des maisons de poupée posées au millimètre dans des jardins style Le Nôtre et de croiser des jeunes (des vrais !) dans les rues. Ben ouais, parce que les petits villages pittoresques, c’est super beau mais bon, faut avouer que c’est souvent peuplé de retraités friqués…

Les dunes de Rubjerg Knude

Le Danemark, c’est censé être plat mais en cherchant du côté de la côte Nord-Ouest, on peut apercevoir comme un mirage. Un truc qui dépasse bien du paysage et des forêts alentour : les dunes de Rubjerg Knude. Des dunes de plus de 100 m de haut et qui tombent à pic dans la mer. D’un tel aplomb qu’on a même pas pu les descendre côté mer. Le sable compacté formant curieusement des falaises. Côté continent, ça se grimpe aussi bien que la dune du Pyla en hiver, les touristes en moins. Entre lande et sable, se cache une merveille. Un vieux phare abandonné à moitié ensablé qui se tient là, debout, face au vent et à la mer. Bref, on a beaucoup beaucoup aimé cet endroit à la fois vertigineux et sauvage.

Le maître d’œuvre… à l’ouvrage !

Puis, avant de prendre le ferry à Frederikshavn, soit quitter le Danemark pour retrouver Nico – frère jumeau de Sylvain – et Lolo à l’aéroport (le bon !) d’Oslo, nous partons à la découverte de la pointe de Grenen. Une bande de terre située à l’extrême Nord du Jutland, tout près de la ville de Skagen. Là encore, voilà un site naturel de toute beauté. Ici se rencontrent deux détroits (et donc deux mers) : le Kattegat et la Skagerrak.

Hallucinant de voir les courants s’affronter, de pouvoir mettre un pied de chaque côté des deux mers. D’être totalement cerné par l’eau. Tandis que Sylvain tente de rallier les deux mers en se mettant à l’ouvrage d’un chantier impressionnant, digne de celui du Canal de Panama – selon lui (sic), dois-je préciser -, je me mets à rêvasser. Il en est toujours ainsi des grands espaces naturels. C’est ceux-là mêmes qui vous mettent face à vous-même. Les cheveux au vent, l’esprit vagabondant, comme arrivé « au bout du bout du monde ». Là, je pense à tous les gens que je connais, la famille, les amis, les collègues, bref, les gens que j’aime. J’aimerais souvent les porter dans mon sac-à-dos ou les cacher derrière mes lunettes de soleil, afin qu’ils voient tout ce que l’on a la chance de voir.

Notre joli ferry arrivé au port d’Oslo

En attendant, la croisière s’amuse. Comprenez par cela que nous avons embarqué dans le fameux ferry Stena Line, pour rallier Frederikshavn (Danemark) à Oslo (Norvège). 8h30 de bateau avec une ambiance un peu particulière. Toutes les demi-heures, l’on a pu assister à un défilé de personnes bien arrosées (voire carrément bourrées), qui finiront par dormir dans les escaliers et sur les machines à sous. Le joyeux « melting-potes » allant de la mamie prout-prout au jeune tox’, en passant par un trans’ d’1m95. Une ambiance carrément surréaliste et joyeusement décalée.

——>>> Les photos du Danemark sont désormais dans la galerie !   <<<——

///////  Nous sommes actuellement de nouveau au Danemark, à Copenhague.

On visite la capitale. See you later !

24.06 au soir ///////

No man’s lande dans le Lüneburger Heide (8 au 10.05)

4 Juin

Avant de retrouver le Danemark, notre route passe une nouvelle fois par l’Allemagne de l’Ouest. Son défilé de torchères nous offre un petit coin de paradis : le Parc Naturel du Lüneburger Heide, au sud d’Hambourg. Le temps d’une soirée, comprenez le temps de fêter nos… « un mois de voyage » (!) autour d’une bière Astra à la guest-house locale (superbe Gasthof Heidelust à Wesel) et de goûter aux crêpes de Sylvio Master Chef, nous apprivoisons le terrain et trouvons un bivouac avec une vue imprenable sur le coucher de soleil. Cette petite soirée sympathique s’inscrit comme un moment fort de notre périple. Un peu bizarrement, ce soir-là, on a l’impression de se retrouver. Comme si des fois, enlacer des verres, c’était aussi embrasser des rêves. OK, laissons cette poésie de comptoir aux amoureux du Filochard et autres épris des vers d’un Loïc Lantoine en méga-forme, et reprenons…

Un bel exemple de toit de chaume

Soit, le Lüneburger Heide, c’est un peu Heidi au Pays des Merveilles… Chevaux (pour de vrai), calèches (pour le folklore), maisons au toit de chaume (au charme fou), dunes de sable et bruyère à perte de vue. Le coin tip-top pour faire une rando en vélo (on fera au final une boucle de 25 km) et s’offrir un casse-croûte, perchés dans les arbres (on grimpera jusqu’au sommet du Wilseder Berg – 196 m – pour l’occasion). Un véritable retour en enfance pour Sylvain qui assouvit ici un rêve de gosse. C’est beau de voir un homme avec les yeux qui brillent…

Dans un arbre perché…

Quant à moi, perchée sur… mes deux gambettes, je prends une nouvelle fois la pleine mesure du chemin qu’il nous reste à accomplir. De l’immensité qui s’ouvre à nos pieds.

Avant de franchir la frontière danoise, nous faisons une dernière étape à Flensburg, pour remplir Touky au maximum. Produits alimentaires de base (pâtes, riz, soupes, semoule, polenta…), petites sucreries, tout y passe afin d’éviter le coup de bambou en Scandinavie (où tout est hors de prix). Mais surtout, nous trouvons (enfin !) de quoi équiper un peu plus Touky… Un chargeur allume-cigare (pour booster notre petit netbook) et un adaptateur K7/lecteur MP3 (et oui, Touky roule encore à la K7… Old school, l’engin !) viennent agrandir le cercle des « objets-précieux-qui-agrémentent-sacrément-le-quotidien ». Chouette, alors !

A chacun son plaisir…

Les images dans la rubrique Albums Photos ont été mises à jour !

Bientôt le Danemark avant de partir en Norvège…

Merci pour votre patience !

///////  Tout va bien pour nous, nous sommes actuellement en Norvège 😉  ///////

Bienvenue dans la famille ! (21 au 26.04)

13 Mai

Le Haut-Doubs et le Jura, terre natale d’André (le papa de Sylvain), nous accueillent un peu, beaucoup, passionnément… sous la pluie ! Ce qui faisait dire à André : « Le Sud de la France et son soleil, c’est quand même pas mal ». De Champagnole à Valentigney, en passant par Étray et Pontarlier, nous rechargeons les batteries. Tout autant que nous remplissons nos petits bidoux ! La famille nous gâte de repas tous plus succulents les uns que les autres. Nous faisant généreusement goûter à toutes les spécialités du coin. Tout y passe : pierrade, escargots, tarte à la rhubarbe, gâteau de ménage, cancoillotte, saucisse de Morteau, Macvin, vin d’Arbois… Alors que jamais, ô non jamais, nos estomacs ni nos gosiers ne trépassent !

Un homme heureux…

En ce dimanche 22 avril (non sans rappeler un certain dimanche 21 avril…), synonyme de grand jour pour la France (on se mettra tous devant l’écran à l’heure fatidique), nous sommes à Valentigney, chez Isa et Éric (parrain de Sylvain), où en plus de faire une bonne ripaille (pour changer), nous faisons le plein de bons tuyaux pour Touky. Éric et Isa voyagent en mode camping-car depuis déjà de longues années. Éric fait le tour du propriétaire et nous éclaire sur pas mal de points. Chouette de se sentir épaulés pour dorloter notre petit « engin-maison ». En fin d’aprèm, nous branchons notre ordi et faisons notre premier Skype (un logiciel libre pour téléphoner gratuitement via Internet) avec les parents de Krol. Un grand moment… entre gêne, rigolades et émotion !

Un Touky bichonné en vaut deux

Le soir, les résultats du Premier Tour tombent donc. France 2 annonce à la fois des chiffres porteurs d’un grand espoir, comme des chiffres aux vieux relents de haine, dont on se passerait bien… Bref, la fiesta devant la télé, c’est pas encore pour ce soir.

A 20h, le rideau tombe !

Nous profitons aussi de cette pause en famille pour découvrir quelques sites naturels de toute beauté. Le Saut du Doubs d’abord, une cascade très impressionnante alimentée par un grand lac qui avec le froid de cet hiver a gelé sur plus de 60 cm d’épaisseur (enfin c’est ce que nous a raconté Benjamin (cousin de Sylvain) et Charline… Nous, on attend les photos pour y croire). Peut-être sera-ce l’une des dernières balades sur lac gelé du Haut-Doubs, en attendant la fonte des glaciers et le réchauffement climatique ?

Le Saut du Doubs, ça crache !

On a pu aussi arpenter les chemins moussus du Parc du Val de Consolation (un site naturel situé à Consolation-Maisonnettes, connu par les Franc-Comtois amateurs de rando) et s’extasier devant ses fabuleuses cascades alors bien gorgées d’eau et son cirque impressionnant. Dans cet écrin au milieu de la forêt, l’on se sent tout petit. Ici, la nature a vraiment repris ses droits. Et cela donne à cet endroit déjà assez mystique (une reculée où l’on ferait volontiers une ascèse) une dimension fantastique, quasi surnaturelle.

Consolation, un site coup de cœur !

Nous quittons la famille et Pierrot & Marie-Thérèse (tante de Sylvain), nos « super-hôtes-qu’on-ne-sait-encore-comment-remercier-pour-leur-accueil-si-chaleureux », avec le cœur lourd… et l’estomac bien rempli ! Et aussi une furieuse envie d’en découdre avec le soleil que l’on a pas vu depuis des lustres.

C’est sur les bons conseils de tous que nous partons pour l’Alsace avant de quitter définitivement la France…

Des Alpes au Jura (16 au 20.04)

26 Avr

La Corniche Sublime, une route vertigineuse (Gorges du Verdon)

Histoire de lézarder un peu au soleil (quand il veut bien se montrer), l’on profite des nombreuses falaises que l’on croise au cours de notre remontée des Alpes pour grimper.  Après les mythiques Gorges du Verdon, nous faisons nôtre une falaise dans le Briançonnais.

La roche (du quartzite) est quelque peu déroutante pour nous, nous qui grimpons presque exclusivement sur du calcaire, dans le sud.

Puis vient Chamonix (Chaaaaam’ pour les gens de la haute), où nous arrivons à la tombée de la nuit. Nous apercevons alors, sous la lueur des étoiles et entre des gros nuages noirs, l’Aiguille du Midi et le non moins majestueux Mont-Blanc. Des frissons nous parcourent le corps. Un grand moment. Et une sacrée récompense après une longue journée de route (Briançon, Col du Lautaret, Grenoble, Albertville, Mégève…). L’on se met à rêver, enlacés, au pied de tous ces sommets mythiques dont les noms résonnent en nous, depuis des années. Mais c’est de courte durée. Quelques secondes encore et la nuit engloutit tout. Ce seront les seules images que nous verrons de ces hauts massifs car les perturbations qui arrivent de l’ouest sont déjà sur nous. Le lendemain (et les jours qui suivront), une météo vraiment dégueulasse aura raison de nos envies d’alpinisme. On ne verra plus rien. Si ce n’est Chamonix sous la pluie/neige, lovée dans un épais brouillard.

L’Aiguille du Midi (3842 m) s’endort aux portes de Chamonix

Mais ces images, volées aux ténèbres, resteront toujours gravées en nous. Merci Chamonix. Et puis, les premières fois, on s’en souvient toujours.

Un peu frustrés (et donc pleins d’entrain), nous prenons notre revanche en allant grimper en salle. Cela nous fait un bien fou de nous défouler. D’autant que le soir venant, on s’offre une raclette au resto. Ben quoi, après l’effort… le réconfort !

Nous quittons finalement le massif alpin pour basculer sur celui du Jura, le tout sous un soleil radieux (notamment à l’agréable Thonon-les-Bains, sur les bords du Lac Léman, où nous faisons le plein de chaleur). Une rapide halte à Genève, en Suisse, manière de garer Touky entre les grosses berlines et les ostensibles façades des banques du monde entier. Et de nous faire marrer par la même occasion.

On a connu pire comme vue au réveil… (Col de La Faucille, 1323 m)

Le Col de la Faucille, c’est une porte d’entrée vers la famille. Une halte salvatrice pour un accueil des plus chaleureux.

// La suite au prochain épisode //

On dirait le Sud… (9 au 15.04)

25 Avr

Les cieux sont avec nous… au début !

Sitôt la région toulousaine dans le dos, nous voilà à nous regarder tous les deux dans les yeux (encore un peu embués), avant de regarder droit devant. Une drôle de sensation, une impression de grand vide, nous entoure. Pas le vide dû à l’absence de la famille, des amis (du moins, pas encore), mais plutôt un vide impalpable, comme si l’avenir nous échappait. Alors que l’on tend à l’attraper à pleines mains, à bras le corps, pendant toute cette année de voyage. Oui, la curieuse sensation d’être comme des funambules, à marcher sur un pont au-dessus du vide. Entre deux états, entre deux « être », entre deux destinations, entre le « ici » et l’« ailleurs ».

Bref, c’est fort de se sentir libre. Mais un peu vertigineux aussi.

C’est avec un peu de nostalgie (pour Sylvain, qui travaille dans le Tarn) et beaucoup de fièvre (pour Krol, qui semble accuser le coup du stress et du retard de sommeil des dernières semaines) que nous franchissons la Montagne Noire pour y passer notre première nuit. Perchés à plus de 800 m d’altitude et après avoir essuyé une véritable tempête, le réveil est assez brutal avec à peine un petit degré au thermomètre à 3 heures du matin. Mais nous sommes encore un peu engourdis par cette immense sensation de « je-ne-sais-pas-trop-où-je-vais-mais-j’y-cours-volontiers ».

La nuit suivante, nous adaptons notre technique de couchage en ajoutant une bonne couche de 10 cm sur le duo de base (couette + couverture polaire) de notre petit lit douillet… avec nos bons vieux duvets de montagne (comprenez, des vraies tueries en plume d’oie 😉

C’est le triplé gagnant, qui nous envoie, depuis, chaque nuit, dans les bras de Morphée.

Dès les premiers jours, nous prenons la température du voyage : vent, pluie, grêle, neige… Tout y passe !  Sauf le soleil qui semble toujours un peu nous échapper (ou presque), où que nous passons.

Un clin d’œil de la météo

Notre avancée dans le sud-est de la France prend comme des airs de vacances, les touristes en moins. Nous ne nous rendons pas du tout compte que nous sommes en « congé longue durée ». Plutôt l’impression d’être en week-end prolongé. Bizarre. Même aujourd’hui, après 3 semaines de périple, on a encore du mal à réaliser. Toujours le sentiment que nos vacances vont prendre rapidement fin, que « demain », l’on rentre définitivement à Toulouse. Pour retrouver notre train-train quotidien. Et puis l’exceptionnel perdure. Laissant sur le banc du (proche) souvenir, nos petites routines existentielles, notre « hier » en somme.

Le petit village d’Olargues, les splendides Gorges d’Héric, le cinématographique Cirque de Mourèze, le Lac du Salagou et ses rives lunaires, la douce Camargue, puis les Baux-de-Provence… Les paysages défilent mais ne se ressemblent pas.

Nous commençons à prendre la pleine mesure de ce qui nous attend. Alors que nos Gore-Tex essuient les gouttes, nos yeux s’ébahissent et prennent le rythme du voyage. Grands ouverts sur le monde qui nous entoure, ils n’ont pourtant pas du mal à se fermer, sitôt le repas du soir englouti et quelques pages du Guide du Routard ou d’un bouquin avalées. Le soir, Krol continue à tomber de fatigue (toujours attaquée par de méchants microbes) quand Sylvain s’escrime à préparer le lit, après avoir dégagé le terrain (nos gros sacs font de curieux allers-retours journaliers entre la capucine de Touky et les « bas-étages »).

Ce changement de rythme soudain (entre notre quotidien d’hier et le tempo du voyage) déstabilise quand il ne fatigue pas. Mais il nous fait un bien fou. Et avancer, carte à la main, se demander où dormir, par où passer, essayer de trouver sa route, son chemin, se poser des questions simples… Tout cela participe, pour nous, au fait de se sentir vivant.

Une deuxième vie pour nos bâtons de marche !

Les kilomètres s’additionnent à vitesse grand V et petit à petit, nous prenons nos repères dans Touky. Jour après jour, nous testons, avançons, mettons en marche, réparons, faisons des essais divers et variés, bref nous tentons d’apprivoiser notre nouvel ami. Mastic, colliers de serrage, ruban adhésif… cohabitent avec un frigo bien rempli et des batteries remplies à bloc. L’eau, le gaz… Touky prend vie à mesure que l’on ouvre des vannes et que l’on tait nos doutes.

L’on se met à inventer des dictons : « Un camping-car, c’est comme une maison, c’est jamais fini, il y a toujours quelque chose à faire ». Mais aussi à prendre le pli : pour chaque camping-car croisé sur la route, l’on salue le conducteur d’en face d’un petit signe de la main (m’enfin, ça se fait seulement entre conducteurs en théorie mais Carole ne résiste pas au plaisir de saluer, même assise sur le siège passager). Trop drôle : on a l’impression de faire partie d’une nouvelle famille. Même si l’on essaie de se tenir souvent au plus loin de nos amis les camping-cars et autres aires réservées. Préférant être seuls en pleine nature. Cherchant sans doute inconsciemment à ne faire plus qu’un avec les paysages que l’on croise.

C’est sûr, la cohabitation dans Touky n’est pas toujours sans étincelles… mais des étincelles, il en faut pour allumer et entretenir un feu, non ?

Aussi, chacun(e) commence à prendre ses habitudes, ses repères, alors que le moindre petit objet trouve sa place. Il en va ainsi dans Touky.

Le coup de cœur de ces premiers jours de voyage ?

Assurément, la découverte du Sentier des Ocres à Roussillon (84), dans le parc naturel régional du Lubéron. Un endroit vraiment hallucinant, aux couleurs et aux matières étonnantes.

Le Sentier des Ocres, un site majestueux

9.04.2012… Le jour J !

24 Avr

Photo souvenir du départ

Ça y est… Nous y sommes… Lundi 9 avril 2012… Le jour J. Celui que l’on attend depuis des jours, des semaines, des mois, celui que l’on craint. Celui que l’on rêve aussi. En silence.

La famille est là. Nous faisons un copieux repas. Les questions fusent au même rythme que les sourires. On fait visiter le camping-car, baptisé Touky. Il est notre nouvel ami, notre nouvelle maison.

Puis vient l’instant fatidique. Les sacs sont prêts, Touky est chargé (à bloc !). Reste plus qu’à…

Les sourires se crispent. Les corps s’empoignent, les bises se font et se défont, les gorges se nouent. Voici venu le temps du départ.

Bienvenue chez nous

24 Avr

Allez, viens, on s'emmène !

« Faites comme chez vous, en n’oubliant pas que vous êtes chez nous »,

c’est ce que nous a dit, un jour, un ami marocain.

Bien dit, non ?!

Ici, sur notre petit blog de voyage,

on vous propose de marcher dans nos pas et de suivre nos yeux émerveillés.

… Alors, on s’emmène ?

Comme le dit si bien La Rue Kétanou (un groupe de chanson française) :

Allez viens, on s’emmène
On prendra cette ruelle qui ricoche sur la Seine
Allez viens, on s’emmène
On prendra la même ruelle pour aller voir la tour Eiffel décoller
Allez viens, on s’emmène
Mélanger tous les pays pour s’aimer dans toutes les langues

S’il te plaît, laisse-moi tomber
amoureux dans l’escalier sans me faire mal
Mais allez viens, on s’emmène
Rattraper le bout du monde, il vient juste de passer

Allez viens, on s’emmène
S’il y a deux roses au paradis, on ira cueillir des bouquets

S’il te plaît laisse-moi tomber
amoureux dans l’escalier sans me faire mal
Mais allez viens !
S’il te plaît laisse-moi tomber
amoureux du bord de la Terre
où que tu sois
Mais allez viens

S’il en faut deux pour être heureux, il en faut peu pour être deux
Et puis je n’serais jamais deux sans toi.

La même chose en musique ? Pour écouter, c’est par ici –> La Rue Kétanou : On s’emmène