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La Suède : l’arbre qui cache la forêt (10 au 22.06)

11 Août

Et beh non, vous ne trouverez pas dans ces quelques lignes, de clichés sur la Suède… Pas notre genre. Avouons juste qu’il fleure bon, ici, une ambiance très IKÉA – simple, mignon et pas toujours bon marché -, que les Suédoises sont jolies et que les Suédois se plaisent à habiter au fond d’obscures et humides forêts… (gnarf, gnarf).

Ici, en lieu et place où la nature règne en maître, les gens s’épanouissent. Nous, nous préférons souvent les espaces légèrement plus éclairés et moins spongieux pour installer notre bivouac (sur une presqu’île de sable fin à la pointe sud de Malmö ou sur une raquette de retournement dans un lotissement en construction, par exemple).

En Suède, la magie opère toujours…

Bref, pour revenir à nos knott (de vilaines petites mouches typiques du coin qui t’arrachent un morceau de peau ni vu ni connu pour te créer une sacrée démangeaison), la redescente de la Scandinavie se fait donc par la côte sud-ouest de la Suède.

Avec une règle d’or en terme de conduite auto : virages à gauche entre 90° et 180° interdits puisque nous laissons à chaque fois sur la route plus de 20 cl de notre précieux liquide de direction. C‘est donc tout naturellement chez Biltema (une sorte de CastoNorauto aux 93 enseignes réparties du nord du Cercle Polaire au Danemark, numéro 1 sur le barbecue électrique, à gaz, à charbon ou à alcool), notre fournisseur officiel en « Power Steering Fluid », que nous nous rendrons régulièrement. En plus des beaux panaches de fumée que nous laissons au pied des côtes, dans les ronds-points et autres croisements, nous ajoutons désormais une belle traînée de liquide légèrement irisé. Bref, tout inspecteur un poil chevronné arriverait à remonter la piste des malfaiteurs. Sur plus de 1000 km (jusqu’à Rostock en Allemagne), nous laisserons ce fil d’Ariane comme un stigmate de notre passage.

Après avoir tiré le rideau sur les îles Lofoten et le Cap Nord, nous faisons aujourd’hui une croix sur un trip canoë au nord de la Suède, pour un trip… garage en Allemagne ! Ok, ça sonne moins onirique, mais ça, c’est juste à première vue. Il en va ainsi sur un an de voyage. On avance de rebondissements en rebondissements, d’aventures en aventures, dans une succession de choix et de directions, à prendre ou à laisser. Et puis, qu’il est immense le bonheur de se dire que l’avenir, du coup, c’est aujourd’hui. Lunettes de soleil vissées sur le nez, cap au sud !

Fjällbacka vue du ciel (par Yanar Tousse Bébert)

Fjällbacka, Fiskebäckskil, … autant de petits villages de pêcheurs accrochés sur le caillou qui défilent sous nos yeux. Aussi beaux que la complexité de leurs noms.

Sur les hauteurs de Fiskebäckskil, sur le Kungsklyftan, après une petite montée à pied, nous nous laisserons porter par le vent qui souffle depuis la côte. Après être passés sous trois gros blocs de roche coincés dans une faille qui laisse apparaître le seul chemin d’accès possible (un coin qui n’aurait pas déplu à Danny Boyle pour son film 127 heures), on trouve là-haut, de délicats trous d’eau creusés à même la pierre et une végétation typique de ces milieux dits « pauvres ». Décor idéal pour une pause. Le temps peut s’arrêter. Carole rêvasse et tente de mettre en boîte de jolis clichés photographiques numériques Canon Power Shot SX 1 IS made in Japan (notez la précision chirurgicale qui vient casser la poésie de la scène). Sylvain, lui, est ailleurs. Égaré dans les pages du dernier ouvrage de Sylvain Tesson, « Dans les forêts de Sibérie ». Un pur bijou.

Le Kungsklyftan… une balade vertigineuse et cotonneuse

En route, coincés entre l’autoroute E6 et la 163, nous prenons le temps de nous arrêter sur un site unique en Europe, répondant au doux nom de Tanumshede, afin d’imaginer la vie que pouvaient mener les hommes qui peuplaient ces contrées, il y a 2500 ans (Âge du Bronze). De nombreux blocs de granit laissent paraître des « pétroglyphes » – entre nous, tenons-nous en à « gravures rupestres » -. Chasse, pêche, bateaux (type drakkars), scènes de la vie quotidienne et le clou du spectacle, « Les Mariés », l’image d’un homme et d’une femme qui se tiennent la main et s’embrassent.

Là, on comprend un fait surprenant (outre celui que l’Art n’est qu’une redite sans fin, et le trio gagnant -sexe, amour, guerre – un thème éternel qui s’élève toujours en une des tabloïds). Ici, à cette époque, le temps était très clément, le climat méditerranéen, et toute la région était submergée par l’eau. Le chêne était de ce fait, l’espèce végétale dominante. De nos jours, la mer est à plus de 10 km de là et les résineux – bien compacts – ne sont pas prêts à faire de la place aux chênes.

Avec l’Équipe de France, les vikings peuvent dormir tranquilles…

Strömstad, c’est l’endroit idéal pour passer la journée. Ce soir, l’Équipe de France de foot passe à la télé contre les Anglais (ça rime, hipihipiyé), suivie de la Suède contre l’hôte ukrainien, match très attendu avec la star nationale, le grand Zlatan Ibrahimovic, ses cheveux longs huileux et son corps couvert de tatouages. Le genre gladiateur moderne. Pour nous, cet après-midi, c’est lavage à grandes eaux. La piscine municipale, à l’eau de mer, offre toutes les vertus pour un décapage en profondeur. Avec une douche tous les quatre jours, il va sans dire que nous redécouvrons les odeurs oubliées de notre corps. Très fort de vivre sa toilette comme « un pur moment de rock’n’roll » (vous avez vu ce film ? Très sympa).

Göteborg ? Une jolie ville mais trop propre sur elle, avec des gens qui font du foot pour être bien dans leurs corps, qui vont au parc d’attraction parce qu’il faut rigoler au moins 5 minutes par jour, et qui achètent design pour être tendance. Bref, une ville trop polie – dans les deux sens du terme – pour nous.

La fin de notre escapade suédoise approche, nous voilà désormais à Malmö. Ancienne ville industrielle dont les bâtiments, rasés ou ré-aménagés, laissent place à des quartiers résolument tournés vers le 21e siècle. Constructions ultra-modernes et écolos sur plusieurs hectares. Une ville laboratoire pour l’Europe, de ce qui peut se faire de mieux de nos jours en matière d’urbanisme, d’écologie et de cadre de vie. Qui nous a beaucoup beaucoup plu, cela va sans dire. De sa fascinante Turning Torso à ses équipements sportifs taillés sur mesure, on s’y est sentis bien. Un peu comme chez nous, à vrai dire. Le soleil et l’accent du sud en moins.

La fascinante Turning Torso, un bijou architectural made in Malmö

Et puis Malmö a tout intérêt de jouer dans la cour des grands, car depuis la construction du pont-tunnel de l’Øresund (Øresundbron) – plus grand ouvrage européen et merveille architecturale longue de 16 km avec des pylônes atteignant 204 m de haut -, la reliant au Danemark, elle est désormais la porte d’entrée vers la Scanie. Elle sera pour nous la porte de sortie, après nous être doré la pilule sur une micro-plage de sable fin. Et oui, même en Suède, ça existe. C’est notre spot secret mais allez va, on vous le confie. Prenez à droite après le pont de l’Øresund, lorsque vous venez de Copenhague et dirigez-vous vers la pointe de Klagshamn. Mais chut, ce sera notre secret, déjà partagé avec Michel, un baroudeur du Morbihan, lui aussi sur la route depuis trois mois, qui nous conte le Grand Nord, notre rendez-vous manqué. Une belle rencontre au crépuscule, arrosée d’un bon moelleux sur son lit d’aventures. On quitte la Suède avec une conserve de maquereau – de sa confection – bien au frais !

Notre vue sur le bel ouvrage de l’Oresundbron

////  Voilà la page tournée pour la Suède.

Viendront ensuite le Danemark (Copenhague…), l’Allemagne (Die Sächische Sweiz, Berlin…), la République Tchèque (Prague), l’Autriche et la belle Slovénie où nous sommes depuis quelques jours.

Les photos et commentaires seront à retrouver dans l’album-photos « Suède » (mise en ligne dans les prochaines minutes).

Belle fin d’été à vous tous ! A très vite pour nos aventures danoises. ////

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La Norvège, un petit coin de parapluie contre un coin de paradis… (16.05 au 9.06)

31 Juil

La Norvège nous accueille lentement alors que notre ferry se glisse prudemment entre les blocs de granit rose qui parsèment le fjord d’Oslo. Le contraste est déjà saisissant. Maisons en bois peintes de rouge, pontons et barques attenantes. Amundsen, nous voilà, fais chauffer l’igloo, les Frenchies débarquent !

Mais avant tout, petit passage par la douane. Et ouais, ici, t’es pas dans l’Espace Shengen qui autorise la libre circulation des personnes et des marchandises. Le douanier nous le rappelle illico :

–      Vous avez des trucs à déclarer ?

–      Euh non…

Tu parles… En Norvège, on sait que la bouffe est hors de prix, alors on a prévu. Dans Touky se cachent des tonnes de victuailles (de bonnes vieilles spécialités françaises anti-mal du pays, type foie gras, pâtés ou pinard mais aussi pas mal de produits de base – pâtes, semoule, riz, polenta… – qui s’avèrent toujours utiles pour rassasier les grosses faims) et tout plein de trucs achetés à la frontière allemande qu’il nous faudra tester.

Nous traversons Oslo sous un ciel très sombre. La lumière est hallucinante. Digne des quelques minutes qui précèdent l’un de ces gros orages aoûtiens sur la campagne toulousaine. Vous savez, juste avant que le vent se lève. Du coup, ça contraste méchamment avec les panneaux de signalisation orange fluo qui nous barrent de tous côtés la route pour quitter la capitale.

Des retrouvailles fêtées comme il se doit !

Car, oui, pourtant à peine débarqués, on quitte déjà Oslo. Nous allons chercher Nico (frère jumeau de Sylvain) et Lolo, sa chère et tendre, à l’aéroport d’… Oslo ! Oui, mais à vrai dire, au Sandefjord Lufthavn Torp Airport, qui se situe en fait à Sandefjord, soit à 120 km au sud-ouest de la capitale ! Un détail qui veut dire beaucoup, découvert dans le ferry en lisant notre bon vieux GDR. Il faut le savoir : il existe 3 aéroports pour Oslo. Heureusement, nous nous étions laissé un peu de marge sur notre planning !

On récupère donc les louloux, chargés à bloc. Passé le temps des (grosses) accolades, voici venu celui de se payer une bonne tranche de magret séché. Fait maison et tout juste arrivé de Toulouse, siouplé ! Nos convives ont visé juste. J’en connais un qui a sacrément le sourire.

Notre plan d’attaque pour la Norvège ? Tenter un trip de 1500 km à travers les fjords, les montagnes, les forêts et les lacs. Nico et Lolo sont avec nous pour une vingtaine de jours. On va essayer d’en profiter un max.

À leur arrivée, le soleil s’invite sans rien dire à la fête. Ce dernier ne nous quittera pas pendant plus de 20 jours. Une aubaine que l’on saisira, le sourire au vent.

Première soirée dans le port de Stavern. Le paysage nous enchante. Littéralement.

La Norvège, c’est grandes forêts de sapin, lacs, lacs, lacs – dans tous les coins -, fjords escarpés dont les sommets se perchent à plus de 1000 m, eau douce et eau salée qui se mélangent en permanence à la sortie d’une cascade ou d’un torrent. Et dans tout ça, des petits villages (souvent croquignolets à souhait, au passage). C’est à se demander parfois de quoi les gens vivent. Car si la Norvège est, sans aucun doute, l’un des plus beaux pays au monde, c’est certainement aussi l’un des plus chers. Si le pays tire un tiers de son revenu du pétrole et du gaz, les salaires moyens eux, avoisinent les doubles des nôtres. Autant dire qu’ici, toi, Français moyen, t’es pauvre. Quelques exemples ? 1 litre de gazole : 1,85 €, 1 semblant de pain : 5 €, 1 courgette : 3 €, 1 bière : 9 €, la viande… tu oublies !

Après une petite halte dans un Sandefjord habillé aux couleurs nationales, entre folklore bon esprit et rendez-vous familial, nous passons les premiers temps à remonter la côte ouest. S’offrant ci et là quelques belles prises de poissons en mer (cabillaud, maquereau…). Notre leurre – 40 g de couleur jaune répondant au doux nom de Nakunoeil -, fait des ravages. À chaque fois que nous pêchons, la sauteuse est toujours trop petite pour faire cuire tout ce petit monde. C’est vous dire !

Et au milieu, coule un… fjord !

Dans tous nos déplacements ici, on peut se rendre compte de la manne du pétrole. Les Norvégiens déplacent les montagnes, enjambent les lacs, percent le granit, pour faire passer leurs routes. On traverse des tunnels de plusieurs kilomètres taillés bruts dans la roche, pour, toujours, se retrouver au milieu de rien. Et tout à la fois. Un fjord grandiose, une montagne de neige immaculée, une forêt oubliée. Un vrai paradis pour les amateurs de grands espaces naturels que nous sommes.

Ici, les virages sont tellement nombreux qu’il faut bien souvent une journée pour faire 300 kilomètres. On roule à 40, voire 60 km / heure sur les rares doubles voies que l’on croise (on arrêtera là pour les stats), vitesse limite oblige. Cela a tendance à bercer nos deux compères à l’arrière. Plusieurs fois, nous avons pesté de la lenteur des Norvégiens au volant, mais bon, le temps, on l’a, alors prenons-le.

À regarder le paysage, à faire des sudoku (pour Lolo ;-). Mais aussi à réfléchir à ce que mon papi me disait : d’après Einstein, selon lui, « plus on va vite, plus le temps passe vite ».

D’un point de vue animaux, c’est assez bizarre… On pensait voir plein de bêbêtes sauvages et l’on a rien vu. Enfin, des mouettes, du poisson, des limaces, et c’est tout, je crois. On rêvait de voir des élans (moose). Tout le monde nous disait : « Quoi, vous avez pas vu d’élans ? De renards ?… ». « Ben non ! ».

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir été complétemment immergés dans la nature… Mais que nenni, point de moose à l’horizon. Cela restera, au même titre d’ailleurs que le saumon, que l’on ne verra que très rarement sur les étals des grandes surfaces, une légende pour nous.  Tout autant qu’une taquinerie entre nous !

Par-contre, des trolls, on en a vu… Des grands, des gros, des petits, des méchants, des poilus, des mignons-mignons… Par centaines même, étalés au grand jour, en tête de gondole des magasins de souvenirs.

Il suffit de passer le pont… (Voringfossen)

Dans certains coins, nous n’avons pu accéder aux sites naturels que nous avions repéré, en raison des routes fermées à cause des avalanches. On a un train d’avance sur la saison. On laisse donc le Preikestolen (falaise de 600 m se jetant dans la mer) aux touristes de juin – au grand dam de Carole – pour aller un peu plus au nord. Arpenter les glaciers (tant qu’il est encore temps) ou le chemin caillouteux qui mène au pied des Vøringfossen (chutes d’eau de 184 m d’où jaillit un magnifique arc-en-ciel). En haut de la falaise, les bus de touristes s’arrêtent. On les voit. En bas, il n’y a personne. Juste nous. On est trempés, l’eau gronde. On s’approche un peu plus, les rochers deviennent glissants, le souffle de la masse d’eau qui s’abat au-dessus de nos têtes, s’intensifie. On est vraiments seuls ici. Contents, on ne s’entend même plus parler. La pollution sonore est lavée par toute cette eau. Certain qu’à cet instant, Carole en oublie ses soucis de boulot, et moi, je rêve. On voudrait toucher l’eau qui tombe, s’approcher un peu plus, mais bon, devant cette masse d’eau, il nous faut faire demi-tour.

Touky couleur camouflage…

À la vue de la neige que l’on rencontre en chemin, on se dit qu’aller traîner nos guêtres du côté du Galdhoppigen (plus haut sommet de Norvège à 2469 m), ça pourrait être sympa. Là-bas, directement, on verrait si l’ascension est possible. Le lendemain, nous sommes au sommet, à 14h et sans crampons. La petite couche de glace qui recouvre la neige est idéale pour nous porter jusqu’à là-haut. À 360°, un paysage blanc nous entoure. Quelques arrêtes et sommets percent les nombreux glaciers que nous avons sous les pieds.

Un passage en crête sur l’ascension du Galdhopiggen (2469 m)

Dans les Pyrénées, le glacier du Vignemale recule tous les ans. Dans les Alpes, il va bientôt falloir les mettre sous cloche. Ici, on aperçoit déjà les changements, énormes par rapport aux photos du début de siècle que l’on peut voir placées sur les sites. On se dit qu’avec notre foutu véhicule, notre soif de découverte contribue aussi à tous ces changements qui nous entourent. Mais après tout, ici, en mangeant notre pêche, en puisant l’eau des rivières pour boire et en se lavant dans l’eau des torrents, on réduit forcément notre empreinte environnementale par rapport à tout ce qu’il aurait fallu engloutir comme moyens pour jouir de ces services à Toulouse. Bref, on essaie de se consoler comme on peut…

La Norvège, est aussi pour nous, une terre synonyme de retrouvailles.

Improbables tout d’abord, quand, un soir, en rentrant d’Oslo, sur notre parking fétiche (« ze » parking Sognsvann, gratuit et sans limitation de durée, avec le métro à côté, bref le top pour les touristes véhiculés), nous tombons sur une copine que nous n’avions pas revue depuis 4 ans au moins… et qui est aussi en congé sabbatique avec sa cop’s jusqu’à fin juillet. Revoir Flo sur un bout de parking en Norvège ?! On l’aurait jamais crû ! On fait les présentations entre nos habitats respectifs (un gros et pataud, un plus fin et mobile) et l’on se retrouve à trancher la saucisse et à s’en jeter dans le gosier. Deux photos, a/encrées dans le bitume, scelleront ce moment fort de notre voyage. On ne peut que vous inviter à découvrir leur site Internet : http://cafaitletour.over-blog.com. Chapeau les miss !

Il est dans la vie des rencontres improbables…

D’autres retrouvailles tout aussi incroyables. Celles, après le départ de Nico et Lolo, de l’oncle, tante et cousin de Carole, à Drøbak, un petit village balnéaire situé à 40 km de la capitale.

Allez comprendre, la vie parfois… Francis et Brigitte (ma tante et mon oncle paternel) n’habitent qu’à quelques centaines de mètres de mes parents, pourtant  je ne les vois que – trop – rarement et là, à des milliers de kilomètres de mon village natal, nous nous retrouvons, grâce à un heureux hasard de calendrier.

La famille de Sara (que l’on remercie encore pour leur accueil chaleureux), la femme de mon cousin Fabrice (que je n’ai pas revu depuis… 2005, au passage !), native de Norvège donc, nous reçoit autour d’une table délicieuse et délicate, le temps d’une soirée mémorable. Nous échangeons en anglais autour de notre voyage et mettons ainsi un orteil de plus dans ce pays magnifique, où l’on resterait bien volontiers quelques semaines de plus (mais la fuite de Touky nous ordonne à descendre vers le Sud).

Retrouvailles entre cousins (oui, le glacier du Galdhoppigen a laissé des traces sur mon visage…)

Je retrouve ainsi mon cousin, le temps de refaire le monde autour de quelques bières et de taquiner ensemble le poisson « drobakien ». Fabrice n’a pas changé d’un cil depuis nos dernières retrouvailles parisiennes. Nous nous retrouvons, lui dans son exil loin des siens (il vient de quitter Kingston pour venir déménager à La Haye) et nous, dans notre périple sabbatique, autour des mêmes questionnements, des choix de vie à prendre ou à laisser. Il est toujours aisé le temps où l’on boucle ses valises, mais un peu moins celui où l’on passe aux adieux.

Un jour, la beauté sauvera le monde ?

Pour finir, ce que l’on retiendra de cette partie de la Norvège :

–      La nature qui fait naturelle

–      Le calme et la gentillesse des gens

–      Les toits végétalisés partout, partout, partout…

Ce qui nous a étonné :

– Les fruits et légumes – que nous mangerons avec parcimonie au vu des tarifs souvent prohibitifs -, et leurs emballages individuels sous vide et bien brillants.

– Les petites urnes où laisser son dû pour emprunter les routes ou rester sur les parkings en montagne

– Les douches chaudes chronométrées (4 minutes en moyenne) dans les campings

Et ce que l’on mettra au rebut :

– Les hamburgers, les hot dogs, les pizzas, les kebabs, qui doivent contribuer à 😯 % de l’alimentation des Norvégiens. Ici, Nestlé, McDo, Burger King, Heinz, Tabasco, le bacon, le pepper, le sel… règnent en maîtres. Un vrai désastre.  En quittant Oslo, on s’est sentis le cheveu gras et le sang légèrement dextrosé.

– Un devis pour changer la crémaillère de direction de Touky à… 2500 euros ! (1850 pour une pièce qui vaut en France ou en Allemagne, 850 euros max… et 650 euros de main d’œuvre pour 4h de réparation… L’équivalent coûterait, en France, à peine 240 euros).

La suite au prochain post…

////  Voilà pour la Norvège.

Viendront ensuite la Suède, le Danemark (Copenhague…), l’Allemagne (Sächische Sweiz, Berlin…), la République Tchèque (Prague) et l’Autriche où nous sommes pour le moment, à l’ombre des Dolomites et des Alpes.

Les photos et commentaires sont à retrouver dans l’album-photos « Norvège ».

Merci encore pour votre patience (on va essayer de rattraper le retard, promis) et tous vos messages qui nous vont droit au cœur ! ////

Le Danemark : contre vents et marées (11 au 15.05)

19 Juin

« Lande de sable et de dunes qui s’avance au vent vers la mer du Nord, le Danemark et sa terre à bruyère nous dévoile un horizon bleuté ». Waouh… Relisez la phrase d’avant… C’est fort, hein ?! De la poésie signée du grand Sylvain Baudelaine. Pas moins.

La belle Ribe

La jolie ville de Ribe, une cité médiévale par excellence – la plus vieille et la mieux conservée du pays selon notre meilleur ami, comprenez Le Guide du Routard – située sur la côte sud-ouest du Danemark, nous accueille dès notre premier jour. Ici, tout a conservé le charme d’antan. Petites maisons basses de plafond, murs colorés – et toujours penchés -, rues pavées de blocs aux formes systématiquement inégales … Le tout formant une île cernée par les rivières et les champs.

Ribe, c’est pour nous le point de départ d’une formidable traversée en vélo, du continent vers l’Île de Mandø. Une traversée dans la mer sur une route submersible, que l’on peut emprunter qu’à marée basse. Nous découvrons ce bras de terre et de mer, le soir tombé. Un véritable appel du large et de l’aventure !

Un morceau de terre gros comme le point (8 km2) planté dans la Mer des Wadden, à 7 km du continent uniquement accessible à marée basse ou bien en tracteur-bus (vous marrez pas, ça existe bien !) que seulement 50 habitants (et quelques touristes aussi sans doute) se partagent.

Vent 1 – Sylvain 0

Les Gore-Tex bien fermées, le filet de maquereau bien emballé, et c’est parti ! Pas moins de deux heures plus tard – … c’est dire la vitesse ! (selon les calculs de Sylvain, un bon “3,5 km / heure” au moins) avec un vent de face à décorner el Diablo (il n’est pas rare que des rafales nous font dévier de nos trajectoires et nous forcent à mettre le pied à terre… enfin à l’eau, plutôt !) -, nous touchons l’île, après avoir lutté et pédalé dans le sable, les cailloux et la marée descendante. À peine le temps d’avaler le pique-nique entre deux moutons, qu’il nous déjà faut ré-enfourcher nos vélos pour rentrer. Mais là, c’est carrément pas la même histoire… Poussés par des vents – toujours à plus de 100 km / heure -, le retour se fait en un éclair. Fingers in ze noise, je dirais même. Nous qui ne voulions pas être pris dans la marée montante, nous voilà rassurés.

Le soir, après une bonne douche dans Touky (une première !), petite balade dans le vieux centre de Ribe.

Alors que nous regardons un haut poteau en bois arborant les niveaux des grandes crues passées, un papi est en train de faire redescendre son drapeau (national, of course) qui flotte au sommet d’un mât. Occasion pour nous de le questionner sur cette étrange pratique.

Mettre (ou enlever) le drapeau national, l’activité préférée des Scandinaves ?

D’un anglais impeccable (et ça, ça finit par devenir vraiment frustrant !), nous lui tiendrons le crachoir pendant 10 min pour apprendre qu’au Danemark, tous les habitants sortent le drapeau à chaque heureuse occasion (mariage, naissance, fête nationale, la petite qui tombe une dent… – bon, là, OK, on extrapole un peu… -). Par-contre, ce qui est sûr, c’est que la plupart des gens, chez eux, possèdent un grand bâton planté au fond du jardin. La même chose en France, et on vous taxerait volontiers de nationaliste. Et puis au passage, avec le vent qu’il y a ici, ça fout un sacré bordel ces mâts (avec le frottement des câbles)… Mais bon, c’est ainsi. « En quittant ton pays, détourne les yeux de la frontière » dirait Pythagore. Il n’a pas tort le bougre. Il y a sans doute autant de mœurs qu’il n’y a de pays, pas vrai ?

L’homme de Tollund endormi depuis des siècles

Toujours dans la tourmente d’un vent force mille, nous remontons (mais cette fois-ci en camping-car…) vers le Nord pour découvrir la région des lacs autour de Silkeborg. Après être montés au mont Himmelberjet (147 m), à 16 km au sud-est de la ville, sur la rive du lac Julsø, sous un ciel gris et pluvieux, nous décidons de faire un petit tour au Silkeborg Museum, de grosses averses aidant toujours, afin de découvrir l’histoire des hommes qui habitaient  jadis ici. Essentiellement des fermiers qui cultivaient orge et avoine et qui pratiquaient déjà la pêche avec quelques lances-harpons. Le principal intérêt du musée, outre le petit verre d’aquavit offert en bienvenue (l’astuce c’est de se glisser incognito au milieu d’un bus de touristes italiens) ? L’homme de Tollund, pardi ! Rassurez-vous, on ne connaissait pas non plus l’histoire, avant de le lire dans le GDR. En bref, l’homme de Tollund, c’est le corps d’un homme de l’âge du fer ancien, réputé le mieux préservé au monde, découvert dans une tourbière à quelques encâblures de Silkeborg. Un gars d’environ 35-40 ans, retrouvé en position fœtale, au visage tellement paisible que l’on le croirait presque endormi mais qui en fait, a été pendu (il a encore la corde au cou). Impressionnant de se pencher sur cet homme au visage d’enfant, parfaitement conservé et de se dire que le môssieur a vécu quelque… 350 av. JC !

La belle église Sankt Budolfi d’Aalborg

Le soir, on trace encore au Nord. Cap sur Aalborg, une ville un peu étrange, aux contours flous, que Sylvain ne gardera pas dans son cœur. Quant à moi, je suis plus partagée… C’est sûr que je n’ai pas trop aimé son côté moribond (mais un lundi soir, en même temps…), mais j’ai apprécié sa facette de ville étudiante et donc forcément un peu alternative, un peu crade. Vivante, quoi. Je crois que j’avais juste un peu envie de voir autre chose que des maisons de poupée posées au millimètre dans des jardins style Le Nôtre et de croiser des jeunes (des vrais !) dans les rues. Ben ouais, parce que les petits villages pittoresques, c’est super beau mais bon, faut avouer que c’est souvent peuplé de retraités friqués…

Les dunes de Rubjerg Knude

Le Danemark, c’est censé être plat mais en cherchant du côté de la côte Nord-Ouest, on peut apercevoir comme un mirage. Un truc qui dépasse bien du paysage et des forêts alentour : les dunes de Rubjerg Knude. Des dunes de plus de 100 m de haut et qui tombent à pic dans la mer. D’un tel aplomb qu’on a même pas pu les descendre côté mer. Le sable compacté formant curieusement des falaises. Côté continent, ça se grimpe aussi bien que la dune du Pyla en hiver, les touristes en moins. Entre lande et sable, se cache une merveille. Un vieux phare abandonné à moitié ensablé qui se tient là, debout, face au vent et à la mer. Bref, on a beaucoup beaucoup aimé cet endroit à la fois vertigineux et sauvage.

Le maître d’œuvre… à l’ouvrage !

Puis, avant de prendre le ferry à Frederikshavn, soit quitter le Danemark pour retrouver Nico – frère jumeau de Sylvain – et Lolo à l’aéroport (le bon !) d’Oslo, nous partons à la découverte de la pointe de Grenen. Une bande de terre située à l’extrême Nord du Jutland, tout près de la ville de Skagen. Là encore, voilà un site naturel de toute beauté. Ici se rencontrent deux détroits (et donc deux mers) : le Kattegat et la Skagerrak.

Hallucinant de voir les courants s’affronter, de pouvoir mettre un pied de chaque côté des deux mers. D’être totalement cerné par l’eau. Tandis que Sylvain tente de rallier les deux mers en se mettant à l’ouvrage d’un chantier impressionnant, digne de celui du Canal de Panama – selon lui (sic), dois-je préciser -, je me mets à rêvasser. Il en est toujours ainsi des grands espaces naturels. C’est ceux-là mêmes qui vous mettent face à vous-même. Les cheveux au vent, l’esprit vagabondant, comme arrivé « au bout du bout du monde ». Là, je pense à tous les gens que je connais, la famille, les amis, les collègues, bref, les gens que j’aime. J’aimerais souvent les porter dans mon sac-à-dos ou les cacher derrière mes lunettes de soleil, afin qu’ils voient tout ce que l’on a la chance de voir.

Notre joli ferry arrivé au port d’Oslo

En attendant, la croisière s’amuse. Comprenez par cela que nous avons embarqué dans le fameux ferry Stena Line, pour rallier Frederikshavn (Danemark) à Oslo (Norvège). 8h30 de bateau avec une ambiance un peu particulière. Toutes les demi-heures, l’on a pu assister à un défilé de personnes bien arrosées (voire carrément bourrées), qui finiront par dormir dans les escaliers et sur les machines à sous. Le joyeux « melting-potes » allant de la mamie prout-prout au jeune tox’, en passant par un trans’ d’1m95. Une ambiance carrément surréaliste et joyeusement décalée.

——>>> Les photos du Danemark sont désormais dans la galerie !   <<<——

///////  Nous sommes actuellement de nouveau au Danemark, à Copenhague.

On visite la capitale. See you later !

24.06 au soir ///////

No man’s lande dans le Lüneburger Heide (8 au 10.05)

4 Juin

Avant de retrouver le Danemark, notre route passe une nouvelle fois par l’Allemagne de l’Ouest. Son défilé de torchères nous offre un petit coin de paradis : le Parc Naturel du Lüneburger Heide, au sud d’Hambourg. Le temps d’une soirée, comprenez le temps de fêter nos… « un mois de voyage » (!) autour d’une bière Astra à la guest-house locale (superbe Gasthof Heidelust à Wesel) et de goûter aux crêpes de Sylvio Master Chef, nous apprivoisons le terrain et trouvons un bivouac avec une vue imprenable sur le coucher de soleil. Cette petite soirée sympathique s’inscrit comme un moment fort de notre périple. Un peu bizarrement, ce soir-là, on a l’impression de se retrouver. Comme si des fois, enlacer des verres, c’était aussi embrasser des rêves. OK, laissons cette poésie de comptoir aux amoureux du Filochard et autres épris des vers d’un Loïc Lantoine en méga-forme, et reprenons…

Un bel exemple de toit de chaume

Soit, le Lüneburger Heide, c’est un peu Heidi au Pays des Merveilles… Chevaux (pour de vrai), calèches (pour le folklore), maisons au toit de chaume (au charme fou), dunes de sable et bruyère à perte de vue. Le coin tip-top pour faire une rando en vélo (on fera au final une boucle de 25 km) et s’offrir un casse-croûte, perchés dans les arbres (on grimpera jusqu’au sommet du Wilseder Berg – 196 m – pour l’occasion). Un véritable retour en enfance pour Sylvain qui assouvit ici un rêve de gosse. C’est beau de voir un homme avec les yeux qui brillent…

Dans un arbre perché…

Quant à moi, perchée sur… mes deux gambettes, je prends une nouvelle fois la pleine mesure du chemin qu’il nous reste à accomplir. De l’immensité qui s’ouvre à nos pieds.

Avant de franchir la frontière danoise, nous faisons une dernière étape à Flensburg, pour remplir Touky au maximum. Produits alimentaires de base (pâtes, riz, soupes, semoule, polenta…), petites sucreries, tout y passe afin d’éviter le coup de bambou en Scandinavie (où tout est hors de prix). Mais surtout, nous trouvons (enfin !) de quoi équiper un peu plus Touky… Un chargeur allume-cigare (pour booster notre petit netbook) et un adaptateur K7/lecteur MP3 (et oui, Touky roule encore à la K7… Old school, l’engin !) viennent agrandir le cercle des « objets-précieux-qui-agrémentent-sacrément-le-quotidien ». Chouette, alors !

A chacun son plaisir…

Les images dans la rubrique Albums Photos ont été mises à jour !

Bientôt le Danemark avant de partir en Norvège…

Merci pour votre patience !

///////  Tout va bien pour nous, nous sommes actuellement en Norvège 😉  ///////

Bienvenue dans la famille ! (21 au 26.04)

13 Mai

Le Haut-Doubs et le Jura, terre natale d’André (le papa de Sylvain), nous accueillent un peu, beaucoup, passionnément… sous la pluie ! Ce qui faisait dire à André : « Le Sud de la France et son soleil, c’est quand même pas mal ». De Champagnole à Valentigney, en passant par Étray et Pontarlier, nous rechargeons les batteries. Tout autant que nous remplissons nos petits bidoux ! La famille nous gâte de repas tous plus succulents les uns que les autres. Nous faisant généreusement goûter à toutes les spécialités du coin. Tout y passe : pierrade, escargots, tarte à la rhubarbe, gâteau de ménage, cancoillotte, saucisse de Morteau, Macvin, vin d’Arbois… Alors que jamais, ô non jamais, nos estomacs ni nos gosiers ne trépassent !

Un homme heureux…

En ce dimanche 22 avril (non sans rappeler un certain dimanche 21 avril…), synonyme de grand jour pour la France (on se mettra tous devant l’écran à l’heure fatidique), nous sommes à Valentigney, chez Isa et Éric (parrain de Sylvain), où en plus de faire une bonne ripaille (pour changer), nous faisons le plein de bons tuyaux pour Touky. Éric et Isa voyagent en mode camping-car depuis déjà de longues années. Éric fait le tour du propriétaire et nous éclaire sur pas mal de points. Chouette de se sentir épaulés pour dorloter notre petit « engin-maison ». En fin d’aprèm, nous branchons notre ordi et faisons notre premier Skype (un logiciel libre pour téléphoner gratuitement via Internet) avec les parents de Krol. Un grand moment… entre gêne, rigolades et émotion !

Un Touky bichonné en vaut deux

Le soir, les résultats du Premier Tour tombent donc. France 2 annonce à la fois des chiffres porteurs d’un grand espoir, comme des chiffres aux vieux relents de haine, dont on se passerait bien… Bref, la fiesta devant la télé, c’est pas encore pour ce soir.

A 20h, le rideau tombe !

Nous profitons aussi de cette pause en famille pour découvrir quelques sites naturels de toute beauté. Le Saut du Doubs d’abord, une cascade très impressionnante alimentée par un grand lac qui avec le froid de cet hiver a gelé sur plus de 60 cm d’épaisseur (enfin c’est ce que nous a raconté Benjamin (cousin de Sylvain) et Charline… Nous, on attend les photos pour y croire). Peut-être sera-ce l’une des dernières balades sur lac gelé du Haut-Doubs, en attendant la fonte des glaciers et le réchauffement climatique ?

Le Saut du Doubs, ça crache !

On a pu aussi arpenter les chemins moussus du Parc du Val de Consolation (un site naturel situé à Consolation-Maisonnettes, connu par les Franc-Comtois amateurs de rando) et s’extasier devant ses fabuleuses cascades alors bien gorgées d’eau et son cirque impressionnant. Dans cet écrin au milieu de la forêt, l’on se sent tout petit. Ici, la nature a vraiment repris ses droits. Et cela donne à cet endroit déjà assez mystique (une reculée où l’on ferait volontiers une ascèse) une dimension fantastique, quasi surnaturelle.

Consolation, un site coup de cœur !

Nous quittons la famille et Pierrot & Marie-Thérèse (tante de Sylvain), nos « super-hôtes-qu’on-ne-sait-encore-comment-remercier-pour-leur-accueil-si-chaleureux », avec le cœur lourd… et l’estomac bien rempli ! Et aussi une furieuse envie d’en découdre avec le soleil que l’on a pas vu depuis des lustres.

C’est sur les bons conseils de tous que nous partons pour l’Alsace avant de quitter définitivement la France…

Des Alpes au Jura (16 au 20.04)

26 Avr

La Corniche Sublime, une route vertigineuse (Gorges du Verdon)

Histoire de lézarder un peu au soleil (quand il veut bien se montrer), l’on profite des nombreuses falaises que l’on croise au cours de notre remontée des Alpes pour grimper.  Après les mythiques Gorges du Verdon, nous faisons nôtre une falaise dans le Briançonnais.

La roche (du quartzite) est quelque peu déroutante pour nous, nous qui grimpons presque exclusivement sur du calcaire, dans le sud.

Puis vient Chamonix (Chaaaaam’ pour les gens de la haute), où nous arrivons à la tombée de la nuit. Nous apercevons alors, sous la lueur des étoiles et entre des gros nuages noirs, l’Aiguille du Midi et le non moins majestueux Mont-Blanc. Des frissons nous parcourent le corps. Un grand moment. Et une sacrée récompense après une longue journée de route (Briançon, Col du Lautaret, Grenoble, Albertville, Mégève…). L’on se met à rêver, enlacés, au pied de tous ces sommets mythiques dont les noms résonnent en nous, depuis des années. Mais c’est de courte durée. Quelques secondes encore et la nuit engloutit tout. Ce seront les seules images que nous verrons de ces hauts massifs car les perturbations qui arrivent de l’ouest sont déjà sur nous. Le lendemain (et les jours qui suivront), une météo vraiment dégueulasse aura raison de nos envies d’alpinisme. On ne verra plus rien. Si ce n’est Chamonix sous la pluie/neige, lovée dans un épais brouillard.

L’Aiguille du Midi (3842 m) s’endort aux portes de Chamonix

Mais ces images, volées aux ténèbres, resteront toujours gravées en nous. Merci Chamonix. Et puis, les premières fois, on s’en souvient toujours.

Un peu frustrés (et donc pleins d’entrain), nous prenons notre revanche en allant grimper en salle. Cela nous fait un bien fou de nous défouler. D’autant que le soir venant, on s’offre une raclette au resto. Ben quoi, après l’effort… le réconfort !

Nous quittons finalement le massif alpin pour basculer sur celui du Jura, le tout sous un soleil radieux (notamment à l’agréable Thonon-les-Bains, sur les bords du Lac Léman, où nous faisons le plein de chaleur). Une rapide halte à Genève, en Suisse, manière de garer Touky entre les grosses berlines et les ostensibles façades des banques du monde entier. Et de nous faire marrer par la même occasion.

On a connu pire comme vue au réveil… (Col de La Faucille, 1323 m)

Le Col de la Faucille, c’est une porte d’entrée vers la famille. Une halte salvatrice pour un accueil des plus chaleureux.

// La suite au prochain épisode //

On dirait le Sud… (9 au 15.04)

25 Avr

Les cieux sont avec nous… au début !

Sitôt la région toulousaine dans le dos, nous voilà à nous regarder tous les deux dans les yeux (encore un peu embués), avant de regarder droit devant. Une drôle de sensation, une impression de grand vide, nous entoure. Pas le vide dû à l’absence de la famille, des amis (du moins, pas encore), mais plutôt un vide impalpable, comme si l’avenir nous échappait. Alors que l’on tend à l’attraper à pleines mains, à bras le corps, pendant toute cette année de voyage. Oui, la curieuse sensation d’être comme des funambules, à marcher sur un pont au-dessus du vide. Entre deux états, entre deux « être », entre deux destinations, entre le « ici » et l’« ailleurs ».

Bref, c’est fort de se sentir libre. Mais un peu vertigineux aussi.

C’est avec un peu de nostalgie (pour Sylvain, qui travaille dans le Tarn) et beaucoup de fièvre (pour Krol, qui semble accuser le coup du stress et du retard de sommeil des dernières semaines) que nous franchissons la Montagne Noire pour y passer notre première nuit. Perchés à plus de 800 m d’altitude et après avoir essuyé une véritable tempête, le réveil est assez brutal avec à peine un petit degré au thermomètre à 3 heures du matin. Mais nous sommes encore un peu engourdis par cette immense sensation de « je-ne-sais-pas-trop-où-je-vais-mais-j’y-cours-volontiers ».

La nuit suivante, nous adaptons notre technique de couchage en ajoutant une bonne couche de 10 cm sur le duo de base (couette + couverture polaire) de notre petit lit douillet… avec nos bons vieux duvets de montagne (comprenez, des vraies tueries en plume d’oie 😉

C’est le triplé gagnant, qui nous envoie, depuis, chaque nuit, dans les bras de Morphée.

Dès les premiers jours, nous prenons la température du voyage : vent, pluie, grêle, neige… Tout y passe !  Sauf le soleil qui semble toujours un peu nous échapper (ou presque), où que nous passons.

Un clin d’œil de la météo

Notre avancée dans le sud-est de la France prend comme des airs de vacances, les touristes en moins. Nous ne nous rendons pas du tout compte que nous sommes en « congé longue durée ». Plutôt l’impression d’être en week-end prolongé. Bizarre. Même aujourd’hui, après 3 semaines de périple, on a encore du mal à réaliser. Toujours le sentiment que nos vacances vont prendre rapidement fin, que « demain », l’on rentre définitivement à Toulouse. Pour retrouver notre train-train quotidien. Et puis l’exceptionnel perdure. Laissant sur le banc du (proche) souvenir, nos petites routines existentielles, notre « hier » en somme.

Le petit village d’Olargues, les splendides Gorges d’Héric, le cinématographique Cirque de Mourèze, le Lac du Salagou et ses rives lunaires, la douce Camargue, puis les Baux-de-Provence… Les paysages défilent mais ne se ressemblent pas.

Nous commençons à prendre la pleine mesure de ce qui nous attend. Alors que nos Gore-Tex essuient les gouttes, nos yeux s’ébahissent et prennent le rythme du voyage. Grands ouverts sur le monde qui nous entoure, ils n’ont pourtant pas du mal à se fermer, sitôt le repas du soir englouti et quelques pages du Guide du Routard ou d’un bouquin avalées. Le soir, Krol continue à tomber de fatigue (toujours attaquée par de méchants microbes) quand Sylvain s’escrime à préparer le lit, après avoir dégagé le terrain (nos gros sacs font de curieux allers-retours journaliers entre la capucine de Touky et les « bas-étages »).

Ce changement de rythme soudain (entre notre quotidien d’hier et le tempo du voyage) déstabilise quand il ne fatigue pas. Mais il nous fait un bien fou. Et avancer, carte à la main, se demander où dormir, par où passer, essayer de trouver sa route, son chemin, se poser des questions simples… Tout cela participe, pour nous, au fait de se sentir vivant.

Une deuxième vie pour nos bâtons de marche !

Les kilomètres s’additionnent à vitesse grand V et petit à petit, nous prenons nos repères dans Touky. Jour après jour, nous testons, avançons, mettons en marche, réparons, faisons des essais divers et variés, bref nous tentons d’apprivoiser notre nouvel ami. Mastic, colliers de serrage, ruban adhésif… cohabitent avec un frigo bien rempli et des batteries remplies à bloc. L’eau, le gaz… Touky prend vie à mesure que l’on ouvre des vannes et que l’on tait nos doutes.

L’on se met à inventer des dictons : « Un camping-car, c’est comme une maison, c’est jamais fini, il y a toujours quelque chose à faire ». Mais aussi à prendre le pli : pour chaque camping-car croisé sur la route, l’on salue le conducteur d’en face d’un petit signe de la main (m’enfin, ça se fait seulement entre conducteurs en théorie mais Carole ne résiste pas au plaisir de saluer, même assise sur le siège passager). Trop drôle : on a l’impression de faire partie d’une nouvelle famille. Même si l’on essaie de se tenir souvent au plus loin de nos amis les camping-cars et autres aires réservées. Préférant être seuls en pleine nature. Cherchant sans doute inconsciemment à ne faire plus qu’un avec les paysages que l’on croise.

C’est sûr, la cohabitation dans Touky n’est pas toujours sans étincelles… mais des étincelles, il en faut pour allumer et entretenir un feu, non ?

Aussi, chacun(e) commence à prendre ses habitudes, ses repères, alors que le moindre petit objet trouve sa place. Il en va ainsi dans Touky.

Le coup de cœur de ces premiers jours de voyage ?

Assurément, la découverte du Sentier des Ocres à Roussillon (84), dans le parc naturel régional du Lubéron. Un endroit vraiment hallucinant, aux couleurs et aux matières étonnantes.

Le Sentier des Ocres, un site majestueux